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Joie, de Clara MAGNANI

Publié le par Alice

Joie, de Clara MAGNANI

Gigi était un cinéaste italien reconnu, âgé et vivant une grande histoire d'amour, un "mature love" avec Clara, une journaliste. Pourtant volage, il devient amoureux fou à leur seconde rencontre.
Il écrit leur histoire, une histoire qu'elle aurait poursuivi ensuite, mais il est mort avant d'avoir pu lui faire lire.
Cette histoire pourrait être celle dont on rêve tous, sans entraves (malgré leurs statuts d'homme et femme mariés), avec la liberté d'aimer follement, comme pour la dernière fois.
Giangiacomo est fantasque, c'est un artiste aux multiples vies, aux centaines d'anecdotes qui fascinent la journaliste.
A son tour, elle rédigera ce roman inachevé/inachevable, nuançant l'exaltation de son cher disparu, par pudeur sûrement, puisque le destinataire ce sera Elvira, la fille de Gigi qui le lira.
C'est une belle histoire avec les nuages d'un passé familial tragique (l'oeuvre inachevée? celle qui hante la carrière du cinéaste?)
L'écriture est douce et épurée, comme cette énergie que l'on met à aimer une dernière fois.

 

" Comment vous faire sentir cette plénitude dont je ne me rappelle pas avoir eu conscience à votre âge? Les histoire d'amour, on en parle au début et à la fin. Mais on ne raconte jamais le milieu. C'est pourtant très beau cette poésie du milieu. Ce sentiment de plein. Tout est là. Tout va bien.
Ne rien attendre, ne rien espérer. Etre dans le présent et le savourer. Accepter que ça se termine."
 
 
 
 

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Teen spirit, de Virginie DESPENTES

Publié le par Alice

Teen spirit, de Virginie DESPENTES

Teen spirit, c'est Vernon Subutex, mais aussi Apocalypse bébé.
Un "raté" sensible, un asocial qui se pense agoraphobe, un mauvais amant et un copain peu fiable.
Pourtant lorsqu'Alice, une ancienne copine de lycée le contacte pour lui annoncer qu'il est père.. depuis 15 ans, ce sont des années de réalité, de vie qui le rattrapent.

Bruno m'amuse et pourtant il n'est pas si drôle. Touchant plus sûrement.
Despentes est grossière, comme toujours, mais si juste...
Un roman léger où la révolte contre la société se heurte sans cesse à cette rédemption acquise grâce à la fraicheur des sentiments.
Des phrases qui te restent en tête, parce qu'il n'y a définitivement qu'elle qui écrit ainsi.

 


"Le peu qu'on ait qui vaille vraiment, s'en réjouir vite et pas se tromper."


"Mais c'est vrai qu'on était fiers d'elle, qu'elle fasse son parcours de petite dure. Qu'elle aille apprendre chez la police, à mentir, se défiler, toujours se méfier de l'autorité, mépriser le silence et fixer le sol, ravalant sa rage. Qu'elle sache qu'on peut être enfermé, écarté, injustement puni, à n'importe quel moment, par n'importe quel connard."

Publié dans Roman

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Mortels trafics, de Pierre Poucharetpol

Publié le par Alice

Mortels trafics, de Pierre Poucharetpol

Je crois que définitivement, les qualités réalistes très certainement requises pour devenir lauréat du Prix du Quai des Orfèvres, ne sont pas le gage de plaisir à la lecture.
L'histoire peine à se construire, la narration est mal ficelée, les personnages nombreux et assez "survolés". L'écriture est assez quelconque.
Voilà, Pierre Poucharet est certainement un très bon flic mais un écrivain moyen.

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Laetitia, d'Ivan Jablonka

Publié le par Alice

Laetitia, d'Ivan Jablonka

Les faits divers sordides, je les fuis. Leur traque dans la presse spécialisée me répugne et pourtant.... le point de départ de Laëtitia, c'est ce meurtre abominable.
Une très jeune femme, jumelle, à peine sortie de l'enfance (et quelle enfance : violences conjugales, maltraitances, placement en foyer et famille d'accueil) qui se fait sauvagement assassiner, découper et dont on retrouvera le corps dans un lac.
Le meurtrier, un paumé mille fois entré et sorti de prison, complètement ravagé par une enfance traumatique et un abus d'alcool, de drogues.

Pour raconter cela, Ivan Jablonka. Un homme (avec toute l'humanité que peut contenir ce nom commun) tour à tour historien, écrivain, sociologue. 

Ce livre c'est un hommage à Laetitia, à cette forme de fatalité qui a fauché sa vie, comme si le mauvais départ de son enfance avait d'emblée marqué sa vie sous le signe de la tragédie.
Très médiatisée, sa disparition a aussi levé des faits odieux (le viol et la relation malsaine du père de la famille d'accueil), des accusations politiques - présidentielles - pathétiques contre la justice, les magistrats...

Tout est pathétique. Tout est sordide et tragique. Mais la force de cet essai, c'est d'alterner le présent, l'enquête ultra documentée, analytique et le récit chronologique, dévoilant une France oubliée, celle de tout en bas, dont on ne parle pas ou qu'on exhume dans les faits-divers des quotidiens régionaux. C'est cette triste France, celle des jeunes pour qui la résilience est parfois lointaine, celle qui lutte pour survivre alors que l'hostilité du monde se manifeste parfois même sous leur toit, dans le berceau du nouveau-né qu'ils sont encore quelquefois.

J'ai beaucoup cauchemardé à la lecture de ce livre, mais à l'empathie se mêle une profonde réflexion sociétale passionnante.

"La jeunesse périurbaine, celle des cars de ramassage et des CAP, n'a pas d'emblème. C'est une jeunesse silencieuse qui ne fait pas parler d'elle, qui bosse tôt et dur, alimentant les secteurs de l'artisanat et les services à la personne dans les campagnes et petites villes où elle est née."

"Les crimes sont l'écume sanglante des jours, le pain quotidien du sadisme, les potins féroces, le passe-temps des ignares et des commères, qui se repaissent du malheur des gens et aiment épier leur intimité crapoteuse.
Le fait divers est mystificateur ; il monte en épingle l'exceptionnel, valorise d'insignifiants drames privés. Il veut faire croire à son statut, mais littéralement il n'est rien ; ou, s'il est quelque chose, c'est sous la forme d'un leurre, un trucage, un peu comme le catch dans le domaine sportif.
[...]
Le fait divers ne serait-il pas de droite? Sous-produit de l'audimat, il effraie les braves gens, les conforte dans la peur, le sentiment d'insécurité, la hantise des figures urbaines interlopes, la croyance qu'il y a un tueur en série à chaque coin de rue. Si le crime est à nos portes, il faut davantage de policiers, davantage de répression, davantage de prisons."

Publié dans Document

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Dans la peau d'un migrant, d'Arthur FRAYER LALEIX

Publié le par Alice

Dans la peau d'un migrant, d'Arthur FRAYER LALEIX

J'avais déjà lu du même auteur Dans la peau d'un maton.
Suivant le même procédé journalistique, Arthur FRAYER se met dans la peau du personnage qu'il a choisi d'étudier, le migrant, pour comprendre, analyser les motivations, les dangers auxquels s'exposent les clandestins. Du Pakistan à la Turquie, en passant par la Bulgarie où, faisant fi des accords passés avec l'Europe les policiers l'embarquent dans leur coffre pour le ramener en Turquie au lieu de le " Dubliner"... Une enquête qui se termine à Calais.
Au récit "en immersion" du journaliste se mêlent des rencontres avec des officiels, ou des bénévoles.
C'est intéressant, même si l'auteur finalement, ouvre des portes (déjà) ouvertes.

Publié dans Document

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Dans le jardin de l'ogre, de Leïla SLIMANI

Publié le par Alice

Dans le jardin de l'ogre, de Leïla SLIMANI

Avec la même écriture froide et analytique que Chanson douce, Leïla Slimani prend de la distance avec son personnage, Adèle, pour mieux l'observer, elle et son obsession pour les conquêtes et l'excitation sexuelle qui précède, et dans laquelle elle s'engouffre vainement, sans cesse.
Un cas psychiatrique? c'est une addiction morbide dont Adèle est victime, au mépris de sa vie familiale.
Un roman que j'ai lu d'une traite, fascinée, dégoûtée par ces corps qui en perdent leur sensualité, ces corps utilisés.
 

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