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Quand j'ai parlé de ma rage de lire

Publié le par Alice

Il y a quelques semaines, j'ai été contactée par une journaliste de France Culture qui souhaitait m'interviewer pour une émission ayant pour thème "La rage de lire".

Au hasard d'une recherche sur Google, Judith a trouvé un post de blog dans lequel je racontais que, par amour des livres, j'avais, un jour (multiplié par trente), dans mon adolescence, volé chaque semaine un roman.

C'est un point de départ bien sûr, une anecdote dans ma vie de lectrice. Un moment que j'avais enfoui dans un coin de ma mémoire, que je ne racontais pas et dont je me vantais encore moins. Sans argent, sans bibliothèque, j'avais juste trouvé "un moyen" pour assouvir cette nécessité de dévorer des pages.

L'interview est en ligne dans cette belle émission qu'est Les pieds sur terre.

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En totale compassion avec les personnages d'Au commencement du septième jour de Luc LANG

Publié le par Alice

En totale compassion avec les personnages d'Au commencement du septième jour de Luc LANG

J'ai lu ce roman en apnée. Bouleversée, captivée, passionnée par la vie de Thomas, depuis le jour qui a brisé net son destin jusqu'à celui 538 pages plus loin, qui l'a peut-être sauvé.

Comme tous les vendredis soirs Thomas et ses deux enfants attendent chez eux, à Paris, Camille, sa femme qui travaille au Havre. Leur relation est tendue ces derniers temps ; ils sont submergés par leurs boulots.

Quand soudain tout bascule : un coup de fil de la gendarmerie et Thomas apprend que Camille est dans un état grave, elle a eu un accident de voiture. Mais que faisait-elle sur une route de campagne en pleine nuit ? et pourquoi roulait-elle si vite? Avec qui semblait-elle être au téléphone?

Thomas erre, boit, gère l'incompréhension, la peur et la tristesse des enfants. Lui-même cherche les causes, tente de désigner des responsables, faute de pouvoir agir sur les conséquences de cet accident : le coma, la paralysie...

Et puis le travail qui ne lui laisse pas de répit, des responsabilités importantes qui lui échappent, faute d'être 100% dévoué à sa clientèle. Des secrets de famille qui sortent de l'oubli, et lui, Thomas, que les autres ont toujours voulu épargner.

Le second livre s'ouvre et Thomas part se ressourcer dans les Pyrénées, chez son frère, éleveur de brebis, qui a préféré reprendre l'exploitation familiale. Confrontation avec les éléments mais aussi avec ses souvenirs, la perte du père, la fuite de sa soeur vers l'Afrique, le silence obstiné de Jean, son frère.

Les enfants, quant à eux, semblent se fondre dans le paysage, dans les tâches "agricoles" et la proximité de la nature, des animaux. Thomas qui s'en est éloigné depuis si longtemps découvre, perplexe,ces citadins épanouis.

Et enfin le troisième livre. En Afrique, Thomas renoue avec sa soeur Pauline, médecin. Il découvre les odeurs, les bruits, la moiteur et la corruption de l'Afrique. Il découvre aussi le risque, la vie que l'on peut perdre en séjournant en prison, ou en se trouvant au coeur d'un conflit politique. Il panse ses plaies.

Ce roman est terriblement beau et juste : l'écriture est parfaite, les descriptions vivantes, que l'on soit en pleine montagne ou dans un 4x4 en Afrique, j'ai adoré rencontrer Thomas. Sa façon de vivre sa paternité m'a bouleversée, émue. Je l'ai trouvé attachant et épatant.

J'aurais voulu ne pas les quitter, j'aurais voulu que le roman dure plus longtemps, je voudrais un second tome, j'ai voulu croire en la capacité de Thomas de continuer à vivre, malgré...

C'est un roman d'une belle humanité, d'une sensibilité parfaite et d'une écriture magnifique. L'auteur joue avec le temps, étire les instants et d'une pirouette nous laisse vide d'explication, plein d'incompréhension, comme pour nous protéger, nous lecteurs, de la douleur de "notre" héros, Thomas. Tout l'art du dit et du non-dit...

Bref, vous l'aurez compris, c'était une lecture géniale.

 

 

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L'émouvant Petit pays de Gaël FAYE

Publié le par Alice

L'émouvant Petit pays de Gaël FAYE

Petit Pays, c'est le genre de roman que tu ne peux que lire d'une traite.

Progressivement et subtilement, Gabriel quitte l'enfance à mesure que son pays, le Burundi, sombre dans le chaos politique, suivant de peu les atrocités commises au Rwanda et les guerres ethniques ; A la naïveté succède l'atrocité des massacres.

Gabriel est un enfant né d'un mariage "mixte", une mère tutsie rwandaise  et un père français, vivent dans une impasse. Leurs voisins sont majoritairement des personnes aisées, et les copains avec lesquels grandit le narrateur, sont préservés de la misère, du contexte économico-politique. La vie est douce pour eux en Afrique. Le père refuse de quitter les privilèges de blancs, tandis que la mère aurait désiré trouvé la paix, une vraie paix et ne pas se sentir réfugiée malgré elle, mal acceptée, dans le Burundi voisin.

Progresivement le malaise s'installe, les repères avec lesquels Gaby a été élevé s'effondrent : ses parents se séparent, les domestiques se déchirent, comme le pays se divise suite aux élections présidentielles, et ensuite au coup d'état.

 

Le narrateur sort de l'enfance sans préavis, comme extirpé, son monde vacille et c'est en France qu'on le trouve exilé, à la fin et au début du roman.

 

Petit pays c'est une très belle et touchante histoire, de celles qu'on a envie de relire, même si on a quitté les dernières pages des larmes plein les yeux...

 

 

 

 

"La souffrance est un joker dans le jeu de la discussion, elle couche tous les autres arguments sur son passage. En un sens, elle est injuste."

 

"Je vis depuis des années dans un pays en pays, où chaque ville possède tant de bibliothèques que plus personne ne les remarque. Un pays comme une impasse, où les bruits de la guerre et la fureur du monde nous parviennent de loin."

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Mon premier Henning MANKELL, Daisy Sisters

Publié le par Alice

Mon premier Henning MANKELL, Daisy Sisters

Suède, été 41. Elna croyant trouver la liberté, reviendra enceinte de ce périple amical. A l'époque on mourait d'avorter, et même le viol n'excusait pas le statut de mère célibataire.

16 ans plus tard, ce sera Elna, sa fille, qui partira à la quête de sa propre vie. Mais échappe-t-on à sa condition de femme, à cette espèce de fatalité? et qu'en est-il de la liberté individuelle face au pouvoir d'une société patriarcale où la maternité agit comme une entrave aux amibitions personnelles?

Les hommes dans ce roman semblent les seuls autorisés à avoir les moyens de leurs ambitions, bien loin de l'idée que les femmes se font de la vie.

 

Un très beau roman sur la condition des femmes de milieux ouvriers, sur les rêves de jeunesse qui se confrontent à la violence de la réalité et des relations hommes /femmes.

 

" Rien ne s'est déroulé selon ses prévisions. Mais est-ce fatalement un mal? Elle a vingt ans, elle attend son deuxième enfant, elle est mariée à un homme qui ne boit pas, qui aime son fils  et qui est heureux de devenir père à nouveau. Voudrait-elle changer de vie ? Contre quoi ? Avoir un travail stressat à l'usine Algot? Aspirer  frénétiquement à s'en sortir ? Se trouver dans une voiture qui tourne autour d'une place vide ? Elle ne sait pas. Elle est mariée, elle a un enfant, bientôt deux. Elle ne peut pas revenir en arrière. Sa vie est ce qu'elle est.

Et pourtant.

Au fond d'elle, un sentiment la ronge, résiste, refuse de renoncer;"

Publié dans Roman

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J'étais braqueur de banques, de M. Dja-daouadji

Publié le par Alice

J'étais braqueur de banques, de M. Dja-daouadji

Les banlieues et le parcours presque obligé de la délinquance comme moyen efficace d'obtenir de l'argent facile. Du larcin au braquage de banque, des 10 ans de taule à la rédemption, du sentiment de puissance à la maladie qu'est l'alcoolisme.
À travers ce témoignage d'un parcours sûrement plus commun qu'on ne ne le pense, c'est un homme cassé que l'on découvre...
 

Quand on lit ce genre d'ouvrage, on ne s'attend pas à trouver de la grande littérature, mais outre une forme de curiosité, on se doute bien que l'utilité est surtout pour celui qui rédige.

Mohamed Dja-daouadji raconte à postériori son parcours d'enfant sans souci à celui de l'adolescent heurté par le divorce de ses parents, et l'image du père idéal brisée. Pauvreté, famille nombreuse, déscolarisation et déterminisme géographique orienteront comme fatalement ses ambitions d'adulte.

C'est l'histoire d'un gars qui est né au mauvais endroit et qui s'est laissé porter par l'issue la plus grisante. Ce type, ce sont les larmes de sa mère qui lui donneront la volonté de s'en sortir : de la spirale des casses à celle de l'alcool.

Son histoire n'est pourtant pas terminée, il utilise sûrement autant l'écriture pour se convaincre que pour nous convaincre que cette vie là est derrière lui. Reste à trouver une autre voie, une reconnaissance que la considération d'un flic lui a déjà partiellement apportée.

 

Merci Babelio pour la découverte

Publié dans Document

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