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10 articles avec grand prix des lectrices elle 2015

Mon expérience de jurée au Grand Prix des lectrices ELLE

Publié le par Alice

Si vous aimez lire passionnément, je vous conseille vivement d'envoyer votre candidature pour être jurée de ce Prix littéraire.

Je m'étais lancée sans trop y croire vraiment en mars 2014, rédigeant une critique et citant les derniers livres lus. Et puis, la lettre officielle : être sélectionnée avec les 100 autres jurées pour cette grande aventure.

J'étais jurée de septembre. J'étais chargée de noter et commenter 7 livres en 8 semaines, afin que les jurées des autres mois reçoivent les 3 "meilleurs" de la sélection de mon jury.

Chaque mois donc, durant 8 mois, j'ai reçu 3 livres, un roman, un document, un policier que les autres jurés avaient jugés meilleurs que les 4 autres.

J'ai lu beaucoup d'auteurs, de livres aux maisons d'édition que je n'aurais pas découvertes seule. J'ai échangé des centaines de lignes sur le groupe Facebook qui avait été créé pour l'occasion, lu des dizaines de lignes sur le blog Elle. Il m'est arrivé une fois de ne pas pouvoir terminer la lecture d'un livre tant je m'ennuyais, alors que d'autres ont beaucoup aimé le document (La fille derrière le rideau de douche de Robert Graysmith)

C'était une expérience réellement extraordinaire, une chance folle. J'ai "travaillé" pour argumenter mes avis qu'ils soient positifs ou négatifs, car nos impressions de lectrices sont souvent tellement différentes : défendre un roman qui nous a transportées, évoquer la déception de la chute de tel autre, sans dénigrer l'avis de nos co-jurées. Quel exercice de réflexion et d'écriture !

Et puis il y a eu cette énorme déception de n'avoir pu me rendre à la cérémonie de remise des prix, rencontrer les auteurs lauréats, les jurés avec lesquels nous avions tant échangé durant des mois, et prendre conscience que cette expérience inouïe est terminée... et qu'il me faudra attendre trois ans avant de tenter à nouveau ma chance !

Il me reste les souvenirs de papier avec ces livres précieusement rangés dans ma bibliothèque, cet exemplaire de Elle me citant (ainsi que d'autres jurées de septembre) à propos d'un roman qui m'avait transportée, Prières pour celles qui furent volées de Jennifer Clément.

Les vainqueurs de cette édition du Grand Prix littéraire Elle ne sont peut-être pas ceux que j'aurais choisis mais c'est toujours fatteur de les voir aujourd'hui en tête de gondole dans les librairies, portant le bandeau "Prix des lectrices Elle", un prix auquel moi aussi j'ai contribué !

 

Voici donc les lauréats :

Mon expérience de jurée au Grand Prix des lectrices ELLE

Et voici mon classement :

 

CATEGORIE ROMAN

Prières pour celles qui furent volées, de Jennifer Clément (Flammarion)

Les douze tribus d'Hattie, d'Ayana Mathis (Gallmeister)

Une constellation de phénomènes vitaux, d'Anthony Marra (JC Lattès)

L'homme de la montagne, de Joyce Maynard (Philippe Rey)

L'exception, d'Audur Ava Olafsdottir (Zulma)

Constellation, d'Adrien Bosc (Stock)

Les Grands, de Sylvain Prudhomme (L'Arbalète/Gallimard)

Flora de Gail Godwin (Joëlle Losfeld) 

 

CATEGORIE DOCUMENT

Mon année Salinger, de Joanna Smith Rakoff (Albin Michel)

Molière à la campagne, d'Emmanuelle Delacomptée (JC Lattès)

L'institutrice d'Izieu, de Dominique Missika (Seuil)

La robe de Hannah, de Pascale Hugues (Les Arènes)

L'oural en plein coeur, d'Astrid Wendlandt (Albin Michel)

Derrière la grille, de Maude Julien (Stock)

Les inoubliables, de Jean-Marc Parisis (Flammarion)

Dans cette catégorie, seuls trois ouvrages m'ont semblé assez intéressants pour obtenir une note supérieure à la moyenne. 

 

CATEGORIE POLICIER

Vongozero, de Yana Vagner (Mirobole Editions)

L'oubli, d'Emma Healey (Sonatine Editions)

Le village, de Dan Smith (Cherche Midi)

Angor, de Franck Thilliez (Fleuve Noir)

Fenêtre sur crime, de Linwood Barclay (Belfond)

La faute, de Paula Daly (Cherche Midi)

Kobra, de Deon Meyer (Seuil)

Une sélection très hétéroclite : des thrillers, des romans à suspens plus psychologique, chaque mois la surprise était totale et les auteurs, des valeurs sûres.

 

 

Je vais publier dans les jours prochains mes critiques que j'avais rédigées pour envoyer à Elle, et les identifier dans la catégorie "Grand prix des lectrices Elle" pour vous permettre de les retrouver plus facilement.

 

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Les douze tribus d'Hattie, d'Ayana MATHIS

Publié le par Alice

Les douze tribus d'Hattie, d'Ayana MATHIS

Le livre s'ouvre en 1925 alors qu'Hattie voit ses jumeaux, nourrissons, mourir d'une pneumonie. L'héroïne, vulnérable, 17 ans, tout juste mariée, a quitté le Sud suite au meurtre de son père pour le Nord au climat hostile mais où l'égalité raciale règne.

De cette tragédie, découleront (sans doute) celles des enfants du couple Hattie/August.

 

J'ai aimé la construction peu ordinaire de la saga où chaque enfant, héros de chapitre, devenu adulte ou pas, nous est présenté par le biais d'une année et de son prénom.

 

De tragédies en parcours dramatiques, on se demande dans quelle mesure la perte du couple de jumeaux a brisé et annihilé les gestes et la douceur maternels d'Hattie. Happée par les maternités successives, mûe par le mépris avec lequel elle considère son époux, père de famille incapable (mais amant auquel elle ne résiste pas), Hattie demeure une héroïne insaisissable et pourtant il n'est question que d'elle dans le roman.

 

Chaque histoire présentée sous entend la manière dont les relations à la mère ont façonné la vie du personnage. Chaque chapitre, chaque enfant, porte une part d'elle : c'est le roman de la maternité d'Hattie.

 

Je me suis laissée totalement emporter par l'histoire de cette famille. Le contexte politico/historique de la ségrégation, mais aussi des inégalités sociales et raciales constituent une solide toile de fond au récit, ce qui accentue la vulnérablité et la précarité des situations de chacun.

Les douze tribus d'Hattie est un roman redoutablement écrit qui se démarque avec brio des autres romans du genre de la saga.

 

Extrait: "Hattie savait que ses enfants ne se considéraient pas comme quelqu'un de gentil, et peut-être ne l'était-elle pas, mais quand ils étaient petits, il n'y avait pas beaucoup de temps pour les sentiments. (...) Ils ne comprenaient pas que tout l'amour qu'elle avait en elle était accaparé par la nécessité de les nourrir, de les habiller et des préparer à affronter le monde . Le monde n'aurait pas d'amour à leur offrir, le monde ne serait pas gentil."

 

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L'oubli et Fenêtre sur crime, deux polars à lire

Publié le par Alice

L'oubli et Fenêtre sur crime, deux polars à lire

Fenêtre sur crime de Linwood BARCLAY, Editions Belfond Noir

Dans le genre “policier”, Fenêtre sur crime est assez atypique puisque finalement dès le début nous savons qui est le meurtrier et quel est le mobile du crime commis dans cet appartement new-yorkais.

 

Thomas Kilbride, le frère du narrateur, schizophrène agoraphobe qui passe sa vie sur un logiciel type Google map pense devoir apprendre les cartes et villes du monde afin d'aider la CIA lorsqu'un grand bouleversement informatique les aura détruites. C'est donc par le plus grand des hasards qu'il verra un cliché de crime se jouer sur l'écran de son ordinateur.

Pensant converser avec Bill Clinton, sa maladie psychiatrique n'aidera en rien les protagonistes du roman qui ne sauront où se situe la réalité.

Le narrateur, Ray Kilbride, sera donc le héros qui devra dénouer les noeuds de l'intrigue et tenter de savoir si une femme a été assassinée, et pourquoi. A cela s'ajoute la mort de son père dans des circonstances étranges.

Fenêtre sur crime est un roman dense, à l'énigme mouvante, plutôt aux trois énigmes : qui est la femme assassinée sur le bord de la fenêtre? Mettra-t-elle en péril une carrière politique? le père de Thomas et Ray est-il mort accidentellement? Qu'est-il arivé de traumatique à Thomas?

Jusqu'à la dernière page, les rebondissements sont présents, la lecture est très plaisante mais pas haletante ni passionnante. L'intrigue est peu réaliste voire farfelue, ce qui à mon goût fait perdre en intérêt à la lecture puisque le lecteur n'a pas tellement le loisir d'élaborer des scenarii ni d'émettre des hypothèses; les personnages devancent nos questions (et nos réponses!).

C'est dommage car le développement du thème de la maladie psychiatrique n'est pas caricatural, Thomas est un personnage à part entière qui est touchant; faire de lui un “héros bis” est une idée intéressante et permet souvent d'envisager un autre point de vue, pas toujours incohérent.

Finalement, ce que je regrette, c'est que le roman laisse peu de place à la réflexion, c'est une lecture légère est sympathique qui ne m'a pas tenue éveillée des soirées entières.

Ce roman a été lu dans le cadre de ma sélection au Grand Prix du jury des lectrices Elle.

 

L'oubli d'Emma HEALEY, Editions Sonatine.

Maud est une personne âgée qui perd totalement la mémoire (et la tête). Elle vit seule, entourée d'aides et sa fille présente au quotidien. 

Deux obsessions rythment ses pertes de mémoire: l'une récente, concerne l'absence de nouvelles de son amie Elisabeth avec qui elle a partagé sa vieillesse et son veuvage, et l'autre plus ancienne, la disparition de sa soeur Sukey 50 ans plus tôt. Personne ne l'écoute quand elle tente d'alerter son entourage et la police.

L'intrigue qui prend réellement place est celle de la mémoire plus ancienne, à l'image de la maladie d'Alzheimer qui préserve les souvenirs plus lointains. Progressivement, on s'aperçoit que la disparition de sa soeur a modifié la personnalité de Maud en faisant d'elle une jeune femme se réfugiant dans ses souvenirs, ses petits "trésors" secrets censés être des preuves de vie de Sukey.

Les ravages d'Alzheimer sont formidablement décrits pour le malade et pour les proches. Maud est un personnage très attachant, et la progression de sa maladie génère un sentiment d'angoisse mêlé à une forte empathie.

L'oubli est un roman policier totalement atypique, c'est un OVNI qu'il faut vraiment lire.

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Molière à la campagne, d'Emmanuelle DELACOMPTEE

Publié le par Alice

Molière à la campagne, d'Emmanuelle DELACOMPTEE

D'anecdote en anecdote, Emmanuelle DELACOMPTEE retrace une année scolaire en tant qu'élève stagiaire à l'IUFM et enseignante en lettres modernes. L'absurdité de l'Education Nationale est mise en lumière, cette machine où chaque enseignant est un numéro, envoyé au gré des hasards et tirages au sort à l'autre bout de la France, du département, sans tenir compte des places disponibles et des désirs individuels.

Et puis cette formation, si peu en lien avec les réalités du terrain, où on enseigne l'interactivité en laissant les stagiaires s'endormir sur leurs tables, où le contenu de la formation semble si loin des préoccupations de ces jeunes enseignants “lâchés” sans armes en salle de classe.

Bien sûr, il y a ces collèges ou lycées où tout va, où les programmes sont respectés; mais ceux-ci sont l'exception.

 

Le livre dévoile aussi ce qui se passe entre les murs d'une classe d'un collège "de campagne" où les élèves ont tout de ce qui caractérise les jeunes des banlieues: prénoms américains, langage “imagé”, rapport à l'autorité, attitude caricaturale de certains parents. Les textes enseignés sont bien loin des centres d'intérêt et du vocabulaire quotidiens des jeunes : c'est ce que dévoile Molière à la campagne.

Il s'agit d'un document criant de vérité pour qui connaît l'enseignement, peut-être un peu destiné aux initiés qui pouvaient encore douter de l'incohérence du système éducatif (comme cet épisode où les profs de BTS remettent en cause le travail des profs de collège qui eux-mêmes remettent en cause le travail des professeurs des écoles).

Le document met aussi en lumière le niveau de français consternant de ces jeunes qui peinent à comprendre des énoncés, à formuler des phrases et à s'exprimer sans violence; ces conseils de classe où l'orientation pose problème où les choix ne peuvent être que de dépit, y compris pour un redoublement qui est proposé comme un espoir mais évidemment incompris comme tel.

On se pose la question de l'orientation professionnelle subie, de l'avenir de ces jeunes qui sont condamnés à l'échec. Et pourtant... il suffirait... que quoi? Qu'on remette à plat le contenu de ce qui est enseigné avec ce qu'il est nécessaire et plaisant de savoir ?

 

Molière à la campagne pose les anecdotes comme des clichés sur ce qu'est la vie d'un jeune prof, sans poser de véritable question, sans proposer de solutions. Au-delà du témoignage, il aurait été intéressant de savoir comment on garde l'énergie d'enseigner Molière et Voltaire à des jeunes qui peinent à comprendre l'intérêt de la grammaire, des rimes et narrateurs omniscients.

"Ça fait des semaines que je m'épuise, et ils ne savent toujours pas conjuguer les verbes être et avoir au présent! On dirait des poules devant un train! ça m'empêche de dormir! Et pourtant, j'ai quand même envie de les aider, je réessaye tous les jours, j'arrive pas à les lâcher! Mais pour qu'ils m'écoutent, je ne sais plus quoi inventer, j'ai plus d'idées!"

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Imagine le reste, Hervé Commère

Publié le par Alice

Imagine le reste, Hervé Commère

D'emblée le titre m'a laissée dubitative, aussi tentée que je le serais face à un roman de Musso. D'ailleurs mon impression s'est confirmée avec des premiers chapitres qui trainent en longueur: la présentation des personnages est lente.

Puis, heureusement, le récit, les récits prennent place confortablement avec la surprise agréable pour le lecteur, d'être sans cesse baladé entre ce que les personnages laissent croire et ce qu'ils veulent vraiment .

Progressivement, j'ai le sentiment de me retrouver au coeur d'un film de Claude Lelouch : l'auteur a une infinie tendresse pour ses personnages qui ne sont jamais vraiment ce qu'ils ont l'air d'être, que l'on excuse parce qu'ils ont “souffert pour être ainsi”. Ce roman c'est celui des hasard et des coïncidences, celui de ceux qui sont nés invariablement sous une bonne étoile et ceux, qui, malgré toute leur bonne conscience et leurs intentions louables ne vivront qu'une suite d'évènements malheureux.

Les personnages se croisent pour une heure, un regard ou une vie. Je me souviendrai de ce qu'ils constituent, ensemble mais leur individualité ne me laissera pas un souvenir impérissable.

C'est un roman trop positif pour être qualifié de “policier”: Imagine le restec'est une histoire de sentiments, de personnages qui parviennent progressivement à une forme d'honnêteté avec eux-mêmes, avec ce qu'ils ont cherché à fuir ou à quitter. C'est aussi bien un roman d'apprentissage que de fins de vie, un tourbillon d'humanité comme le sont souvent les films de Lelouch.

Le roman se lit relativement vite et facilement, c'est léger et sympathique, bourré de bons sentiments, comme un livre de poche qu'on aurait choisi dans une gare, la veille d'un long trajet en train en partance pour les vacances.

 

" Tout cela valsait dans sa tête en embrayant à nouveau, première, seconde, troisième, et les rugissements des pistons, on ne sait rien, une phrase ou un regard peuvent modifier le cours d'une vie, Cimard pensait à ce qu'il savait de cette histoire si compliquée et à la fois tellement simple, dans laquelle chacun des personnages a un jour ou l'autre imaginé le reste, et s'est trompé. Il songeait aux illusions, celles dont on se berce, que l'on choisit de croire et suivre, celles que l'on se refuse, aussi, parfois, sans que l'on puisse jamais s'en vouloir, le tout étant de continuer, de vivre encore et d'essayer, de regarder, de s'écouter, de parfois se laisser aller."

"[...] Il revoyait ces deux amoureux transis à distance, Fred et Karl Avanzato qui avaient construit leurs vies dans le souvenir de cette femme, il roulait dans le soleil en voyant en face les illusions qui nous entourent et les chemins que l'on se trace, il suffit d'un sentiment pour faire ou défaire une vie, quelques instants déterminants dont découlera le reste, quelques paroles, un regard, ou même un simple rêve qu'on prend pour la réalité, un faux reflet, juste un mirage."

 

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L'exception, d'Audur Ava Olafsdottir

Publié le par Alice

L'exception, d'Audur Ava Olafsdottir

Maria apprend le soir du réveillon que son mari Floki, la quitte pour son collègue, prénommé Floki lui aussi. Un homme donc.

Tout une atmosphère est créée par le biais de l'immersion dans le froid polaire islandais, à l'image des sentiments et de la révélation qui se sont abattus sur sa vie.

Tout est signe, tout est symbolique. Rien n'est anodin et chaque mot résonne juste. La voisine naine conseillère conjugale, nègre pour un auteur de polars, qui s'invente une vie trouve autant sa place que l'époux qui a quitté le domicile.

 

Les jumeaux de Maria, une fille et un garçon sont les doubles miniatures de leurs parents : la fille étant le sosie de sa mère et le garçon à qui Maria fait couper les boucles blondes pour qu'il devienne plus masculin. Il y a aussi cet autre enfant qu'elle va chercher si loin afin de lui offrir une nouvelle vie, à l'image de celle qu'elle va se construire seule, avec ses trois enfants désormais, une fois que les pages du roman seront fermées.

Il y a aussi tous les indices comme des pistes qu'elle n'a pas voulu voir, elle pourtant femme parfaite, toutes ces fois où l'Homme a menti, a fui, des dizaines de fois, pour d'autres bras.

 

Pour Maria la rencontre avec la vérité se fait aussi par le biais de l'entrevue avec son père qu'elle découvre, de sa mère qu'elle apprend aussi à connaitre.

Les personnages de ce roman sont tous des êtres en devenir.

 

J'ai vraiment aimé l'atmosphère créée par ces nuits sans jour où la pensée tourne en boucle et où ce que l'on pensait figé se détricote, où l'expression des sentiments est gelée par la froideur du climat ; Maria, sans cris, sans colère admet la décision de son époux. Maria, sa foi en la vie et ses sentiments inébranlables...

 

"Le sapin de Noel dans le salon est comme l’emblème d'une fête de famille réussie."

"Tu avais peut-être intérêt à changer de place, c'est une bonne méthode de dormir une nuit sur deux du côté gauche et l'autre du côté droit, de manière à occuper tout le lit. Comme je le dis à mes patients qui ont été abandonnés, dans la vie on a toujours le choix."

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L'homme de la montagne de Joyce MAYNARD

Publié le par Alice

L'homme de la montagne de Joyce MAYNARD

Quatrième de couverture : Eté 1979, Californie du Nord. Rachel, treize ans, et sa soeur Patty, onze ans, se préparent à passer leurs vacances à vagabonder dans la montagne comme d'habitude. Echappant à la surveillance d'une mère aimante mais neurasthénique depuis son divorce, et d'un père amoureux de toutes les femmes, le flamboyant inspecteur de police Torricelli, elles se cachent dans les arrière-cours pour regarder la télé par la fenêtre des voisins, inventent blagues et jeux à n'en plus finir, rêvant de l'inattendu qui pimenterait leur existence. Et l'inattendu arrive. Cauchemardesque, une succession de meurtres de jeunes femmes, tuées dans la montagne selon un même mode opératoire : la chasse à l'Etrangleur du crépuscule commence, menée par l'inspecteur Torricelli. Trente ans plus tard, Rachel, devenue une célèbre romancière, raconte cette quête épuisante. Après quinze meurtres, le tueur de la montagne a disparu. Un jour, pourtant, les deux soeurs s'étaient trouvées face à lui. Fantasme de gamines hystériques, avaient déclaré les autorités. Depuis lors, Rachel s'est donné pour mission de retrouver cet homme. Et le dénouement, le lecteur le vivra en direct, de surprises en retournements. Joyce Maynard a écrit une belle et lyrique histoire d'amours rythmée par les tubes des années soixante-dix : celui qui règne entre le père et ses filles, celui qui unit à jamais les deux soeurs.

 

Rachel est une adolescente qui se languit de voir son corps changer. Eprise de liberté et d'aventure, livrée à elle-même avec sa soeur si différente et si complémentaire, leur imagination font d'elles des héroïnes que l'on suit avec bonheur.

Cet été, celui où un tueur en série s'en prend aux jeunes femmes qui s'aventurent dans la montagne adossée à la maison des adolescentes, c'est celui au cours duquel leur rapport aux hommes va changer.

Il s'agit du regard qu'elles portent sur leur père, séduisant inspecteur faisant honneur à la réputation de ses origines italiennes, mais aussi du regard porté sur les relations sentimentales, et sexuelles entre les hommes et les femmes, par le biais des viols commis sur les jeunes femmes . Il s'agit aussi du “petit ami” de Rachel sans consistance, qui se complait à lui tripoter les seins sans existence.

C'est un beau roman, plein de pudeur, de douceur et d'intelligence sur un passage de la vie, sur l'énergie des histoires qu'on se raconte quand on a un 15 ans. Joyce Maynard a su raconter avec brio ces rêves, cette inconscience que l'on a quand on a peur de rien, de personne et qu'on se croit immortelle.

C'est la nostalgie de cette liberté qu'évoque le roman, cette fougue faite de gravité car, à cet âge, tout est important, et tout prend une dimension dramatique, les ideaux auxquels ont croit comme les renoncements qui s'imposent.

 

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Une constellation de phénomènes vitaux, d'Anthony MARRA

Publié le par Alice

Une constellation de phénomènes vitaux, d'Anthony MARRA

(Attention, ceci est un ouvrage à mettre entre entre vos mains de toute urgence).

L'histoire se passe sur 10 ans, en Tchétchénie, de 1994 à 2004 - si vous suivez un peu les informations géopolitiques, il s'agit des deux guerres successives de Tchétchénie - avec l'histoire d'hommes et femmes d'un même village, qui croisent la destinée de Sonja, une femme chirurgien revenue dans son pays natal pour retrouver sa soeur, après avoir effectué ses années de médecine en Angleterre.

Le choc entre la civilisation moderne et ce pays en guerre, dangereux, sans eau, sans electricité, où manger est un luxe, est violent (y compris pour moi, lectrice, qui en a pris conscience en lisant ce roman).

C'est donc une histoire qui secoue. Qui brutalise, aussi durement que le furent ces années noires de conflit où tortures, délations aussi courantes qu'arbitraires, détruisirent les familles.

L'écriture est poétique, légère et imagée, malgré le choc des situations.

J'ai aimé tous les personnages, leur psychologie, les rêves, idéaux et souhaits qui motivent leur survie et leur co-existence. Leur vie est profondément imprégnée de souffrance, l'insouciance n'a pas sa place et pourtant, oui, les personnages sont nos contemporains, et pas si loin.

Le chaos est partout, y compris dans cet hôpital en ruine mais toujours ouvert, où les jambes sont coupées plus efficacement que les naissances sont données, il y a cette femme qui a décidé de vivre et de poursuivre son travail de résilience en dessinant sur les fenêtres occultées le paysage qu'elle voyait, avant. Avant que la guerre ôte la vie.

C'est un chirurgien qui a décidé de soigner les corps, faute de pouvoir réparer les âmes ; qui a d'ailleurs choisi de nier l'humain derrière chaque membre à soigner.

Il y a une humanité vraiment bouleversante en chaque personnage, on peut choisir de les trouver tous beaux, ou profondément faux, ou même étrangers à la souffrance de l'autre. Et pourtant Havaa est cette enfant qui personnalise l'espoir et la vie dans ces destinées poursuivies par la mort. C'est l'enfant à protéger, l'enfant qui doit vivre.

J'ai aimé aussi la délicatesse de l'auteur qui choisit de nous raconter l'histoire de chacun, une fois que l'on aura fermé les pages de ce livre, comme un ultime espoir.

 

Je n'ai pas fait un résumé très efficace de ce roman, de peur d'en dire trop. Alors je vous livre la quatrième de couverture qui achèvera peut-être de vous convaincre :

Dans un village enneigé de Tchétchénie, Havaa, une fillette de huit ans, regarde, cachée dans les bois, les soldats russes emmener en pleine nuit son père, accusé d’aider les rebelles. De l’autre côte de la rue, Akhmed, son voisin et ami de sa famille, observe lui aussi la scène, craignant le pire pour l’enfant quand les soldats mettent le feu à la maison. Mais quand il trouve Havaa tapie dans la forêt avec une étrange valise bleue, il prend une décision qui va bouleverser leur vie. Il va chercher refuge dans un hôpital abandonné où il ne reste qu’une femme pour soigner les blessés, Sonja Rabina.
Pour Sonja, chirurgienne russe talentueuse et implacable, l’arrivée d’Akhmed et de Havaa est une mauvaise surprise. Exténuée, débordée de travail, elle n’a aucune envie de s’ajouter ce risque et cette charge. Car elle a une bonne raison de se montrer prudente : accueillir ces réfugiés pourrait compromettre le retour de sa sœur disparue. Pourtant, au cours de cinq jours extraordinaires, le monde de Sonja va basculer et révéler l’entrelacs de connexions qui lie le passé de ces trois compagnons improbables et décidera de leur destin.À la fois récit d’un sacrifice et exploration du pouvoir de l’amour en temps de guerre, Une constellation de phénomènes vitaux est surtout une œuvre portée par le souffle profond de la compassion, vers ce qui doit être et ce qui demeure".

 

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Vongozero, de Yana Vagner

Publié le par Alice

Vongozero, de Yana Vagner

Quatrième de couverture

« Ce qui me sautait aux yeux à présent, c était l absence de gens dans la rue. »
La survie d une femme, entre récit post-apocalyptique et thriller psychologique.

Anna vit avec son mari Sergueï et leur fils Micha dans une belle maison isolée près de Moscou. Un virus inconnu a commencé à décimer la population. Dans Moscou en quarantaine, la plupart des habitants sont morts et les survivants porteurs de la maladie ou pillards risquent de déferler sur les alentours. Anna et les siens décident de s enfuir vers le nord, pour atteindre un refuge de chasse sur un lac à la frontière finlandaise : Vongozero. Bientôt vont s agréger à leur petit groupe des voisins, un couple d amis, l ex-femme de Sergueï, un médecin... Le voyage sera long, le froid glacial, chaque village traversé source d angoisse, l approvisionnement en carburant une préoccupation constante.

Tensions nées d une situation extrême, perte de repères, jalousie, promiscuité, peur... Plongée dans un exode moderne au coeur d une Russie dévastée, Anna décrit avec une grande justesse les rapports entre ces onze personnes réunies par la néces
sité.

 

Comme j'ai aimé l'atmosphère de ce roman où seul compte le moment présent : de cette “maison de poupée” confortable au 4x4 confortable, les protagonistes se confrontent pourtant à la réalité violente, angoissante de la Russie décimée.

Peu importe qui ils étaient avant. Seule compte l'issue, censée les sauver du virus meurtrier.

 

Malgré le fait que les péripéties qui peuvent subvenir à une douzaine de personnes traversant la Russie enfermées dans des voitures adaptées ne sont pas innombrables, le suspens est là. On dévore les pages, ressentant leur aveuglement face à ces paysages enneigés et glacés, l'asphyxie de cette promiscuité non désirée et l'horreur du carnage des pillages et de la maladie.

 

L'histoire se situe dans une époque contemporaine : on imagine la difficulté d'abandonner le confort et les habitudes, la peur de la contamination par un virus qui personne ne parvient à endiguer.

C'est le monde qui se referme sur lui-même et s'ouvre donc vers un nouveau à recréer, celui vers lequel s'acheminent les personnages.

Les angoisses individuelles se taisent face à l'enjeu : on aurait presque envie qu'il y ait une suite. On s'attache aux personnages, à la complexité des sentiments et émotions qui les relient les uns aux autres.

C'est assez peu réaliste, ce n'est pas de l'anticipation mais ça fonctionne, et vraiment bien.

 

 

 

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Kobra de Deon MEYER

Publié le par Alice

Kobra de Deon MEYER

Quatrième de couverture

Paul Anthony Morris, mystérieux client britannique de la guest-house d'un domaine viticole de Fransshoek, a disparu, et ses trois gardes ont été tués. Seul indice : des douilles de cartouches gravées d'une tête de cobra. Dès le début de son enquête, Benny Griessel se heurte à la réticence du consulat et de sa hiérarchie. Au Cap, le jeune Tyrone Kleinbooi dérobe sous l'œil d'une caméra de surveillance le sac d'une touriste dans la marina du port. Alors qu'ils s'apprêtent à l'interroger, les agents de sécurité sont abattus méthodiquement par un tueur cagoulé qui laisse sur place des douilles gravées d'une tête de cobra. Tyrone réussit à s'échapper en emportant son butin, mais quand, peu après, sa sœur Nadia est kidnappée, Benny le soupçonne d'être en possession d'un élément crucial. Le tueur semble être un professionnel surnommé Kobra, mais pour qui travaillerait-il ? Et Paul Anthony Morris se révèle être un brillant mathématicien, inventeur d'un logiciel permettant de repérer, dans les transactions financières mondiales, le parcours de l'argent sale issu du crime organisé et du terrorisme. Qui a commandité son enlèvement?

 

Kobra est un policier qui se lit avec plaisir, même si les premières pages m'ont laissée d'emblée sceptique.

J'ai aimé l'immersion en Afrique du Sud, en cela le roman est riche d'une culture autre, le glossaire en fin d'ouvrage contribue d'ailleurs à immerger le lecteur dans une atmosphère et une culture par le biais des subtilités liées au langage, à la couleur de peau, aux quartiers où la ségrégation règne encore.

Quant à l'intrigue, pas un moment de répit ! Beaucoup de rebondissements, une résolution brillamment menée.

Toutefois, je regrette vraiment que l'analyse psychologique des personnages soit vraiment bancale et peu crédible. Un semblant de suspens quant à la panne sexuelle du « super héros » m'a d'emblée complètement déstabilisée ; je me demande encore quel intérêt pour l'intrigue ? Montrer maladroitement qu'il a, malgré tout, des failles? Peut-être aurait-il fallu que je sois plus attachée au personnage principal en ayant lu d'autres romans dont il est le héros ? Le côté « James Bond » (d'où ma référence au super héros) m'a laissée perplexe et dubitative.

Cela m'a semblé tellement paradoxal avec l'ancrage bien réel et bien réaliste dans l'Afrique du Sud moderne!

 

Une lecture agréable mais qui se laisse trop vite oublier.

 

 

 

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