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Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte, de T. JONQUET

Publié le par Alice

Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte, de T. JONQUET

Gros coup de cœur pour ce roman atypique : Tout se passe au coeur de la ville de Certigny (93) : une jeune prof diplômée fera ses armes auprès de jeunes quasi illettrés, un élève brillant mais frappé récemment d'un handicap se tournera vers l'Islam radical, et deux hommes de justice (flic et proc) chercheront les moyens d'endiguer les trafics en tous genres.

Au cœur de cette ville, les cités exclues sont en proie à trois gros délinquants qui se partagent les réseaux de drogue, de prostitution et de vol. Les possibilités pour les jeunes de s'extraire de cette spirale de l'échec sont minimes, malgré la volonté de ces jeunes enseignants qui y mettent toute l'énergie de leur début de carrière.

Il est beaucoup question de religion : Anna, la prof est juive et il ne fait pas bon de le dire quand on enseigne à Certigny, l'antisémitisme a dangereusement bonne presse.


Des personnages se croisent, avec des idéaux et des révoltes. On s'indigne et on se met dans la tête de ces gamins qui, finalement, ne verront jamais le bout du tunnel et que la révolte armée appelle à grands cris.


Très réaliste, au coeur de l'actualité (antisémitisme, influence salafiste, décapitations punitives), ce roman est inquiétant de véracité, de noirceur (et de pessimisme). On y reconnait les discours des politiques dont le "karcher" n'a pas fait ses preuves, celui des chefs d'établissement qui semblent oublier que les ados sont aussi des humains avec un possible avenir, même si improbable.

Pourtant il fait réfléchir et permet d'évoquer une réalité que les médias nous balancent par à-coups comme des faits sensationnels.

A lire. Vraiment.

 

Publié dans Polar

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Leurs vies éclatantes, de Grégoire POLET

Publié le par Alice

Leurs vies éclatantes, de Grégoire POLET

Un roman choral très parisien, très bobo/intello où les personnages sont des professeurs de fac de jeunes écrivains ou musiciens.

On parle beaucoup de talents, timides, salvateurs, d'ambition de fin ou de début de carrière.

Le roman s'empêtre quelquefois dans des narrations alors que le rythme du récit est plutôt vif, avec peu de descriptions et de longues séries d'actions, commes des instantanés de vie, à la manière de clichés photographiques. Cette irrégularité est dérangeante, j'ai eu un mal de chien à me concentrer sur les personnages (trop nombreux, trop ennuyeux). Leur nombre en a fait perdre leur intérêt.

 

Publié dans Roman

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Americanah, de Chimamanda Ngozi ADICHIE

Publié le par Alice

Americanah, de Chimamanda Ngozi ADICHIE

Gros coup de coeur pour ce roman, Americanah qui pose des mots sur ce que j'entends dans mon quotidien de blanche, ou plutôt "rose" me plais-je à dire, entourée de noirs ou "marrons".

Si vous saviez les heures passées à discuter de manière formelle ou non sur la couleur de peau, sur la manière dont ils se sentent perçus dans notre petite ville du Nord, où les Vikings sont plus courants que ceux venant de n'importe quelle autre région.

Depuis 15 ans que j'enseigne à des groupes composés à 90 % de jeunes venant de Mayotte, Guadeloupe, Martinique, Réunion, Guyane, je crois avoir complètement dédramatisé et sorti de l'ombre des discussions pourtant tabous sur la couleur de peau, la religion, la culture.

Chaque année, je cherche à comprendre l'importance du cheveu, de sa texture, de son implantation qui identifie clairement l'origine géographique ou le métissage. Combien de nuances (chabin, métisse, mulâtre, coulis...) ? Ce que d'ailleurs le roman met clairement en valeur puisque la scène dans le salon de coiffure apparait en filigrane durant les 500 pages.

Se sent-on stigmatisé comme noir en France? A l'image du personnage (Ifemelu) qui prend conscience de sa couleur de peau quand elle quitte l'Afrique pour l'Amérique et s'aperçoit que le regard posé sur elle est avant tout le regard de la différence de peau, et donc de culture, et donc d'éducation, et donc de niveau social.

Moi, en tant que "rose", normande de Normandie, j'ai envie de croire qu'on ne les regarde pas différemment, comme moi (qui, au quotidien, suis plus entourée de "marrons" que de roses"). Mais non, la réalité est autre. Etrangement et tristement autre : comme l'héroïne du roman en fait elle-même l'expérience, ouvrez 10 magazines de presse féminine, combien vous verrez de pages avec des mannequins, des publicités mettant en valeur une femme noire de peau? une dizaine au grand maximum, sur des centaines de pages.

Comment, dans ce cas, blâmer ou s'étonner quand je demandais à une jeune femme, ce qu'elle entendait par "dossier noir" dans son ordinateur quand elle m'avouait qu'elle était cinéphile. Ce à quoi, avec beaucoup de spontanéité, celle-ci me répondit : " Ben, madame, ce sont des films avec des noirs comme acteurs".

Peut-on s'identifier facilement à un pays, à une culture quand les médias choisissent de pas montrer des personnes qui nous ressemblent?

Je n'évoquerais pas la question de l'accent natal (lue dans le livre) que l'on est obligé de perdre au risque de se faire passer pour un illétré? ou une personne incapable de s'intégrer? Chaque année, mes stagiaires ne peuvent parler créole dans le bus sans entendre "qu'ils retournent dans leur pays s'ils ne savent pas parler français!", que devraient-ils répondre, eux qui se savent français depuis des générations et ne se sont jamais sentis autres?

Americanah au-delà d'être un roman d'amour, mais aussi un roman sur l'identité, est un roman qui fait vraiment réfléchir sur la place du "noir" dans la société. Certainement très naïvement, j'imaginais l'Amérique plus tolérante et accueillante, moins discriminante que la France. Finalement non, c'est un leurre.

Je suis désolée de les voir preque s'excuser quand on évoque la période de l'esclavage, de la colonisation et me disent "Les Blancs" en me regardant. Je ne me sens pas coupable du poids de ma couleur de peau, tout comme je souhaiterais que ce poids ne soit ni teinté de noir, de blanc, de rose ou de marron.

Cette lecture ne m'a pas laissé indemne, je parle d'ailleurs assez mal de ce roman à proprement parler tant il résonne en moi de mille manières. Il me touche en tant qu'être humain, en tant que citoyenne.

Je vous invite simplement à ne louper sa lecture sous aucun prétexte.

Publié dans Roman

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Les plaisanteries de l'incroyable Mulla Nasrudin, d'Idries SHAH

Publié le par Alice

Les plaisanteries de l'incroyable Mulla Nasrudin, d'Idries SHAH

Idris Shah est un poète indien, de tradition soufiste né en 1920. Je découvre cet auteur et ce genre de livre qui se compose d'une série de petits poèmes, aphorismes, assez légers et amusants mais qui peuvent se lire sur plusieurs degrés.

 

Nassrudin, le personnage, est un prétexte, il n'a pas d'identité fixe et est au service de la démonstration : tantôt un paysan, tantôt médecin, idiot, mendiant, l'important est le message qu'il véhicule. C'est un personnage qui traverse les époques et les pays.

 

Les histoires s'inspirent de la vie quotidienne et mettent en lumière des traits humains et des situations. La chute est souvent pleine de bon sens et attendue. Ce que l'on garde en tête, une fois le livre fermé, c'est d'envisager quelquefois la vie sous un autre angle, de déplacer un peu notre point vue pour voir vivre les choses, la vie différemment.

 

Le livre se lit comme un paquet de pop-corn que l'on mangerait distraitement mais avec plaisir : on chipe quelques maximes, quelques histoires et on ne peut s'empêcher d'y revenir, tourner une autre page, encore et encore.

 

Nasrudin entra dans la maison de thé, déclamant:

"La lune est plus utile que le soleil.

- Et pourquoi donc, Mulla?

- Parce que  c'est surtout quand il fait nuit que nous avons besoin de lumière."

Les plaisanteries de l'incroyable Mulla Nasrudin, d'Idries SHAH

Publié dans Sciences humaines

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Code 93, d'Olivier NOREK

Publié le par Alice

Code 93, d'Olivier NOREK
 
L'auteur, Olivier Norek est policier et ce roman est vraiment ancré dans la réalité : celle du SDPJ (Service Départemental de la Police Judiciaire) du 93. Un "géant" est retrouvé émasculé, un malfrat carbonisé sur une chaise en plastique intacte, un autre vidé de son sang.
 
Victor Coste avec son équipe bien hérogène, enquête, délinquants, flics et notables se trouvent mêlés. Le lecteur se trouve plongé au coeur de l'univers policier, un petit monde où chacun se connait, avec ses travers, ses ambitions et aussi corruption.
 
Bien sûr c'est parfois un peu rude, l'auteur ne s'embarasse pas pour décrire des scènes de crime, de torture, mais d'autres fois c'est drôle, c'est bien écrit et cela me plairait qu'il y ait une suite !

Publié dans Polar

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L'affaire des coupeurs de têtes, de Moussa KONATE

Publié le par Alice

L'affaire des coupeurs de têtes, de Moussa KONATE

Des mendiants sans tête sont retrouvés sans vie au petit matin, dans la ville de Kita.

La panique gagne les habitants de ce village devenu brutalement ville : Notables, religieux incarnent la tradition et l'explication mystique. Habib (originaire de Kita) et Sosso, enquêteurs venus de Bamako vont épauler les enquêteurs locaux pour mener l'enquête, en jonglant entre les peurs irrationnelles, la colère des jeunes qui méprisent la police, les nuances ethniques Malinkés/Bambaras.

 

Un roman policier bourré d'exotisme, de tradition, où les codes littéraires fançais (ou américains) en vigueur semblent bien loin. Des personnages attachants et intéressants, une belle découverte !

 

Publié dans Polar

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Jusqu'à la folie, de J. Kellerman

Publié le par Alice

Jusqu'à la folie, de J. Kellerman

Quatrième de couverture

Dans une rue sombre de Manhattan, très tard dans la nuit, une jeune femme est agressée par un homme armé d un couteau. Jonah, un étudiant en médecine surmené, vole à son secours et tue accidentellement l'agresseur. Pendant que les médias font de lui un héros, le procureur s interroge sur son geste héroïque. La victime, quant à elle, veut retrouver son sauveur et tient à lui montrer sa reconnaissance. Les événements s enchaînent, et Jonah est entraîné dans une spirale terrifiante. S'il est vrai qu'aucune mauvaise action ne demeure impunie, le châtiment de Jonah ne fait que commencer...

 

J'avais pourtant aimé Les visages, mais ce nouveau roman de Jesse Kellerman m'a vraiment déçue. L'intrigue n'est pas haletante, les ficelles grossières : celles qui construisent le récit et celles qui dénouent l'histoire. 

En fait j'ai lu ce livre comme j'aurais regardé un téléfilm assez médiocre sur M6, une après-midi d'ennui. Sauf que là je suis restée les fesses sur mon canapé un bon paquet d'heures pour en venir à bout (et que là je n'ai plus le temps de m'ennuyer depuis des mois-voire des années).

Jonah le héros m'a agacée tellement je l'ai trouvé peu perspicace et surtout assez passif. Mais peut-être, l'explication ultime comme le précise la quatrième de couverture, résiderait dans le fait que son manque de réactivité s'expliquerait par son extrême fatigue?

Bref, cessons de lui trouver mille excuses. Ce livre n'est pas une pépite. Je remercie toutefois Sandrine d'avoir fait voyager ce livre, parce que j'apprécie toujours ces démarches généreuses de partage.

Publié dans Polar

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Long week-end, de Joyce MAYNARD

Publié le par Alice

Long week-end, de Joyce MAYNARD

Quatrième de couverture

Cette année 1987, une chaleur caniculaire s'abat sur la côte Est pendant le long week-end de Labor Day. Henry a treize ans, vit avec sa mère, ne supporte pas la nouvelle épouse de son père, aimerait s'améliorer au base-ball et commence à être obsédé par les filles. Jusque-là, rien que de très ordinaire, sauf que sa mère, elle, ne l'est pas. Encore jeune et jolie, Adele vit pratiquement retirée du monde et ne sort qu'en de rares circonstances. La rentrée des classes qui approche la contraint à conduire son fils acheter vêtements et fournitures au centre commercial. Et là, planté devant le présentoir des magazines où il essaye de feuilleter Playboy, Henry se heurte à Frank, ou plutôt Frank s'impose à Henry : Frank, un taulard évadé, condamné pour meurtre…

 

Une jolie découverte: un roman où il est question d'aimer. Aimer en dépit des préjugés. Aimer sans juger. Aimer mais jalouser. Aimer pour la première ou la seconde fois. Aimer et désirer.

Ce sont des amours exclusives, des histoires aussi tragiques où en quelques secondes tout bascule, il suffit finalement que l'un aime "mal" pour que l'histoire se transforme en tragédie.

Un livre tout en langueur, comme ce week-end de canicule où il est aussi question de désirs, d'émois et de renaissance.

 

Publié dans Roman

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Cinquante nuances de Grey, d'E.L. JAMES

Publié le par Alice

Cinquante nuances de Grey, d'E.L. JAMES

J'ai cédé, attirée par le grand déballage médiatique (encore le matin où j'ai écrit ce billet, sur France Inter) autour de ce roman qui connaît un grand succès mondial.

Sa particularité? Etre un "porno mum", soit un roman porno pour les Mamans. Étonnante appellation que je trouve, au passage, carrément nulle. Comme s'il fallait des livres spéciaux pour les Mamans.

Bref, si on doit parler des talents littéraires de ce livre, de sa prose, faut dire que c'est un peu le néant de la littérature. Mais évidemment, je n'ai pas lu Cinquante nuances de Grey en espérant y dénicher un chef d'oeuvre littéraire. En fait, j'étais curieuse. Et comme les critiques pleuvent contre ce roman, je m'attendais à quelque chose d'atroce.

Or, c'est LEGER, voire aérien tellement c'est répétitif, mais aussi divertissant comme un roman d'amour (et de sexe) sans prétention : un Danielle STEEL avec du cul, voilà ce qu'est pour moi ce livre.

Les personnages sont caricaturaux : je me suis cent fois (autant de fois que c'est écrit) demandée pourquoi Anastasia éprouve tant de frustration à l'idée de ne pouvoir toucher les cheveux (voire le torse) de Grey. Sa déesse intérieure qu'elle évoque toutes les trois lignes est tout aussi agaçante. Sa naïveté est exaspérante à de multiples reprises puisqu'elle découvre l'amour, les hommes, voire la séduction (alors qu'elle semble être loin d'être moche).

Les scènes pornographiques sont explicites, là aucun problème, pas vraiment érotiques mais cela l'histoire d'amour très moderne finalement. Un conte de fées sado-maso-porno !

Ce roman m'a amusée, divertie quelques heures mais pas émoustillée (c'est pourtant l'effet un peu cherché semble-t-il !).

Une lecture qui aurait été idéale sous la cocotiers d'une plage lointaine pour ne penser et réfléchir à rien.

Publié dans Roman

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Bye Bye Blondie, de Virginie DESPENTES

Publié le par Alice

Bye Bye Blondie, de Virginie DESPENTES

Gloria/Blondie est de ces personnages que l'on n'oublie pas. Auto-destructrice autant que destructrice, issue d'une famille modeste, elle rencontre, à 15 ans, lors de "son séjour" en HP, celui qui deviendra l'homme de sa vie. Lui, fils de famille aisée, sera contraint de la quitter.
Ils vont se retrouver, vingt ans plus tard, elle toujours aussi paumée, et lui vedette de télé.


L'histoire recommencera, Blondie, inchangée, comme "un cerf-volant sans le fil et ça fait super peur".
 

Une histoire brute et émouvante, à l'image des héros.

Sans concession pour ses personnages, Virginie Despentes a une manière efficace d'écrire, un tendresse brute pour Gloria, ex-punk . 

J'aime beaucoup cette auteure qui décrit l'époque comme personne, qui a un regard ironique et amusé sur cette époque, ces loosers qui n'ont pas pris le tournant de la conformité, comme tant d'autres, à la sortie de la crise d'adolescence.

 

Publié dans Roman

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