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4 articles avec roman graphique

Un thé pour Yumiko, de Fumio OBATA

Publié le par Alice

Un thé pour Yumiko, de Fumio OBATA
Un thé pour Yumiko, de Fumio OBATA

Résumé éditeur

Quand elle apprend la mort de son père, Yumiko, jeune graphiste londonienne, doit partir au Japon pour assister à la traditionnelle cérémonie des obsèques. Le voyage au pays de ses origines, jusque dans la ville où elle est née et a grandi, se révèle une succession d'émotions contradictoires et bouleversantes. Qui est-elle devenue loin de chez elle ?

 

Cette histoire est celle des immigrés qui ont fait leur vie dans un autre pays, pays dans lequel ils se sentent bien, "chez eux". Le retour au pays provoque alors un choc culturel et émotionnel qui bouleverse et interroge profondément Yumiko sur son identité.

Qui est-elle à présent?

Ce questionnement trouve sa source même dans le schéma familial dont est issue l'héroïne : un père attaché aux traditions, ne comprenant pas son envie d'étudier ailleurs, à l'étranger et  qui envisage de la marier avec un ami de la famille, et une mère intellectuelle, bien libérée du joug moral des conventions.

La dualité qui se joue en Yumiko est représentée de manière allégorique par un personnage du théâtre Nô, qui vient la hanter.

C'est un roman graphique basé sur l'introspection, le fiancé anglais de Yumiko n'étant pas vraiment concret dans le cheminement psychologique du personnage. Le lecteur est invité à trouver les clés seul, aidé par la douceur des images et des représentations. Ce n'est pas une oeuvre de textes ni de dialogues..., ce qui rend cette bande dessinée intéressante mais qui peut laisser aussi un sentiment d'inachèvement.

"Nous changeons tout le temps...

De même que nos ambitions, nos désirs et nos objectifs...

L'important c'est ... de trouver quelque chose d'immuable en soi."

Un thé pour Yumiko, de Fumio OBATA

Traduit de l'anglais par Isabelle Troin

Collection BAYOU, Editions Gallimard, 2014.

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California dreamin' de Pénélope BAGIEU

Publié le par Alice

California dreamin' de Pénélope BAGIEU

California dreamin' est la dernière bande dessinée de Pénélope BAGIEU, l'auteure qui s'est notamment fait connaître grâce à son blog Ma vie est tout à fait fascinante.

Dans cet ouvrage elle raconte la vie d'Ellen Cohen, la chanteuse du groupe des Mamas & Papas, une personnalité hors normes pour un physique tout aussi peu conventionnel : aînée d'une famille de juifs immigrée à Baltimore, un père passionné de musique mais pétri d'angoisses, gérant d'une épicerie cachère en faillite permanente.

Cass Elliot, de son nom de scène, est racontée par le biais de 18 chapitres, comme autant de narrateurs différents. Une personnalité pétulante au sens de la dérision exacerbé.

Ce roman c'est celui d'une voix exceptionnelle, mais aussi d'une époque faite de rêves (partir à New York), de drogues et de courants musicaux (comme l'arrivée des Beatles sur la scène internationale, l'arrivée d'une nouvelle manière d'envisager la musique d'alors).

Ce qui est particulièrement émouvant c'est la personnalité de Casse Elliot, cette femme qui assume sa grosseur, drôle et maniant l'auto-dérision comme personne. Aux amours déçues mais à la volonté intacte de "percer" malgré les obstacles qui se sont dressés sur son chemin.

J'ai beaucoup ri en lisant cette bande dessinée, j'ai souvent été émue, et puis j'ai vraiment eu l'envie de réécouter ce si fameux titre, California dreamin' !

 

Le Monde a mis en ligne les quatre premiers chapitres du livre, si vous voulez avoir un aperçu plus précis de son contenu.

California dreamin' de Pénélope Bagieu

Editions Gallimard, septembre 2015.

(Je rejoins les RV de VirginieB où il sera question de lectures le samedi chez elle)

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Castagne, d'Isao MOUTTE

Publié le par Alice

Castagne, d'Isao MOUTTE

Quatrième de couverture

Un homme, lunettes noires sur le nez, entre dans une station-service. Il s’approche d’un type qui est affalé sur une table et lui demande où est son frère, après l’avoir au préalable foutu par terre. L’information obtenue, Paul monte les escaliers et constate que Jean-Louie dort profondément. Il le réveille en tirant un coup de feu. Les deux hommes se connaissent bien pour avoir travaillé à plusieurs reprises ensemble. Paul est d’ailleurs là pour proposer à son ancien associé un braquage visiblement très fructueux. Jean-Louie prétexte être à la retraite et ne se décide pas. Charles, son frère qui a été rossé peu avant, vient de monter l’arme au poing. Il tire sur Paul au niveau de la tête.
Afin d’éviter d’avoir les flics à l’arrière-train, les deux frangins quittent les lieux en voiture, en ayant au préalable vidé les poches de Paul des billets et du carnet expliquant le plan. Or Paul n’est pas mort. Il est juste blessé à la tête. Il fonce à la poursuite de Jean-Louie et de Charles. Ces derniers font une halte dans un petit restaurant du coin. Mais là-bas, d’autres ennuis les guettent…

 

Un dessin en noir et blanc fait de traits simples et efficaces : des lignes, ronds, hachures pour des personnages comme autant de "gueules" de voyous. Pas de fioritures, ni d'analyse psychologique, Jean-Louie, Charles ou encore Paul sont des truands qui courent après un butin, un bon plan ou pour fuir les balles.

Je suis passée à côté de cette bande-dessinée, peinant à trouver, dès le début, le fil conducteur de l'intrigue. Trop de "PAN PAN", de "méchants" dont les motivations m'ont semblé obscures.

C'est assez caricatural même si on peut reconnaître que les dialogues font souvent mouche et rappellent les films policiers des années 70. Un bande dessinée dont le scénario m'a paru trop minimaliste, c'est dommage car l'ambiance est là grâce notamment aux vignettes sombres, où le noir domine, à l'image des motivations des personnages... 

Castagne, d'Isao MOUTTE

Editions The Hoochie Coochie, 2015

 

 

Merci à Babelio et au Grand Prix SNCF du Polar pour la découverte !

tous les livres sur Babelio.com

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L'arabe du futur, tomes 1 et 2, de Riad SATTOUF

Publié le par Alice

L'arabe du futur, tomes 1 et 2, de Riad SATTOUF

Quatrième de couverture :

Un roman graphique où Riad Sattouf raconte sa jeunesse dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Hafez al-Assad.

Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile.
En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau des Sattouf, un petit village près de Homs. Malmené par ses cousins (il est blond, cela n’aide pas…), le jeune Riad découvre la rudesse de la vie paysanne traditionnelle. Son père, lui, n’a qu’une idée en tête: que son fils Riad aille à l’école syrienne et devienne un Arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur.

"L’Arabe du futur" sera publié en trois volumes. Le premier tome couvre la période 1978-1984.

Le second tome, couvre la première année d’école en Syrie (1984-1985), il apprend à lire et écrire l’arabe, découvre la famille de son père et, malgré ses cheveux blonds et deux semaines de vacances en France avec sa mère, fait tout pour devenir un vrai petit syrien et plaire à son père.

La vie paysanne et la rudesse de l’école à Ter Maaleh, les courses au marché noir à Homs, les dîners chez le cousin général mégalomane proche du régime, les balades assoiffées dans la cité antique de Palmyre : ce tome 2 nous plonge dans le quotidien hallucinant de la famille Sattouf sous la dictature d’Hafez Al-Assad.

J'ai découvert avec un grand plaisir cette autobiographie : Riad SATTOUF est l'enfant d'une mère française et d'un père intellectuel syrien. 

Les deux tomes relatent de manière chronologique leur départ de France, leur arrivée en Lybie pour finalement déménager dans le pays natal du père, en Syrie. 

Le jeune Riad, si blond qu'il est souvent admiré parce que ressemblant à un américain, ou haï parce que sa différence fait imaginer aux autres enfants qu'il est juif. Son éducation est à cheval entre les traditions familiales (et locales) et les idées progressistes du père, qui a épousé une française.

L'oeil naïf de l'enfant permet au récit d'être très souvent amusant, même si finalement la situation peut faire froid dans le dos. Ce regard distancié permet au ton de l'ouvrage de prendre toute sa saveur : ce jeune enfant, observateur, narre avec circonspection les contradictions de son père, de la société dans laquelle il vit.

C'est un vibrant hommage à ses origines aussi, à ceux qui, pourtant loin (odeurs, coutumes...) des traditions maternelles, sont ceux qui lui ont permis de se construire.

On pourra retenir de s'amuser des chocs culturels, ou de s'indigner de l'éducation des enfants, de la violence ou des manipulations politiques, mais L'Arabe du futur forme un tout émouvant, sensible, intéressant et intrigant.

L'arabe du futur, de Riad SATTOUF

Allary Editions, 2015

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