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3 articles avec experiences de lectrice

Quand j'ai parlé de ma rage de lire

Publié le par Alice

Il y a quelques semaines, j'ai été contactée par une journaliste de France Culture qui souhaitait m'interviewer pour une émission ayant pour thème "La rage de lire".

Au hasard d'une recherche sur Google, Judith a trouvé un post de blog dans lequel je racontais que, par amour des livres, j'avais, un jour (multiplié par trente), dans mon adolescence, volé chaque semaine un roman.

C'est un point de départ bien sûr, une anecdote dans ma vie de lectrice. Un moment que j'avais enfoui dans un coin de ma mémoire, que je ne racontais pas et dont je me vantais encore moins. Sans argent, sans bibliothèque, j'avais juste trouvé "un moyen" pour assouvir cette nécessité de dévorer des pages.

L'interview est en ligne dans cette belle émission qu'est Les pieds sur terre.

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Le jour où j'ai rencontré Caryl Férey, cet auteur de polars que j'aime tant

Publié le par Alice

Le jour où j'ai rencontré Caryl Férey, cet auteur de polars que j'aime tant
Le jour où j'ai rencontré Caryl Férey, cet auteur de polars que j'aime tant

Grâce à Babelio, ce site génial de partage de lectures et de lecteurs, j'ai reçu un exemplaire de Condor, de Caryl FEREY, en vue de préparer la rencontre prévue au sein des Editions Gallimard le mercredi 13 dernier.

Impossible pour moi de ne pas tenter de participer: j'ai aimé tout ce que j'ai lu de Caryl Férey (Utu, Zulu, Mapuche...), je suis fan de ses héros cassés, de ses histoires qui ne s’embarrassent pas d'une Happy End, des ancrages politiques et historiques qui permettent aux personnages d'évoluer au Chili, en Argentine ou encore en Afrique du Sud. J'ai découvert les desaparecidos, réappris l'humanité d'Allende, pris la mesure de l'apartheid et la violence, la corruption...

Les romans de Caryl Férey peuvent choquer, bouleverser, certaines scènes sont très violentes, elles remuent. On lit d'une traite, sans respirer. On n'ose quelquefois pas terminer un paragraphe, mais l'amour agit toujours comme une "goulée" nécessaire d'oxygène dans ces pays rongés par la violence, la drogue, l'argent.

Condor, ce dernier roman, prend place au Chili. Gabriela est une jeune étudiante vidéaste qui filme tout, sans cesse, grâce à un système ingénieux lui permettant de capturer les images depuis son sac à main. Ses vidéos témoignent de l'injustice sociale de son pays : dénonçant, par exemple, le coût exorbitant et prohibitif des études lors d'une manifestation lorsque le roman s'ouvre.

L'histoire débute vraiment quand le fils d'un de ses amis est retrouvé mort dans les bidonvilles de Santiago. Il porte des traces de poudre blanche sous le nez, lui qui n'est pas toxico. Gabriela, consciente que sa simple voix de citoyenne ne suffira pour éclaircir le mystère de cette mort, se rend chez un avocat, spécialiste des causes perdues. Esteban, personnage exubérant, farfelu et complètement cassé et désillusionné, est le fils d'une famille fortunée, en lutte contre son éducation et contre les valeurs transmises.

La scène inaugurale placée, les protagonistes sont à présent libres d'évoluer, ils ont tous une valeur, qu'elle soit positive ou négative : la police corrompue, Edward, l'associé d'Esteban, dont les parents ont été torturés par la DINA, police secrète de Pinochet, Gabriela et la communauté Mapuche considérée comme terroriste, le mysticisme représenté par sa tante machi, les gamins des bidonvilles, livrés à eux-mêmes, à la drogue comme à la violence, Stephano militant et opposant à Pinochet, en fuite durant des années...

Ce roman est très dense, excessivement documenté et réaliste, Caryl Férey d'ailleurs, lors de la rencontre, nous a précisé que tout ce qu'il avait écrit était vrai (les quartiers, la police, les figures opolitiques...), les noms ont été modifiés quelquefois, mais l'ancrage dans le réel n'est pas fictif malgré le caractère romancé de l'ouvrage. Il y a un message politique dont il ne se cache pas : le seul espoir du Chili, c'est la jeunesse, à qui il a souhaité donner la parole, tout autant qu'aux opprimés, aux autochtones qui ne trouvent plus leur place dans leur propre pays

Caryl Férey est un auteur drôle et pétulant. Le personnage d'Esteban d'ailleurs n'est pas sans rappeler l'auteur : celui-ci écrit aussi, (un passage de son poème est inséré dans le roman), comme une mise en abyme du récit (partie qui m'a d'ailleurs le moins convaincue)

4 ans d'enquête, de voyages et de rencontres ont permis à cette petite semaine (tel est le temps du récit) de faire naitre des personnages, comme autant de figures de lutte et de résistance contre l'oppression, la dictature, qu'elle soit financière ou politique.

Donc?

J'ai adoré cette rencontre au sein des Editions Gallimard, ces cadres aux photos d'auteurs édités dont j'admire l'écriture ou que j'apprécie toujours de lire. Je me suis sentie soulagée par le caractère décontracté de la rencontre, des échanges avec l'auteur très accessible. Je garde comme un trésor cette drôle de dédicace.

En revanche, et pour tout vous avouer, Condor n'est pas le roman de Caryl Férey que je préfère. Il y a quelques longueurs, la digression "poétique" d'Esteban ne m'a pas convaincue. Et puis, il y a un cycle asez négatif où, finalement, la chute de l'histoire ressemble au début, les personnages ayant "juste" perdu leurs idéaux et leurs rêves. Là où l'auteur y voit un message d'espoir (en avant la jeunesse !), j'y vois beaucoup de pessimisme...

Son prochain roman évoquera le monde marin, les migrants, en passant de la Bretagne par la Grèce. Une parution que je vais guetter avec impatience !

Le jour où j'ai rencontré Caryl Férey, cet auteur de polars que j'aime tant
Le jour où j'ai rencontré Caryl Férey, cet auteur de polars que j'aime tant
tous les livres sur Babelio.com

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Mon expérience de jurée au Grand Prix des lectrices ELLE

Publié le par Alice

Si vous aimez lire passionnément, je vous conseille vivement d'envoyer votre candidature pour être jurée de ce Prix littéraire.

Je m'étais lancée sans trop y croire vraiment en mars 2014, rédigeant une critique et citant les derniers livres lus. Et puis, la lettre officielle : être sélectionnée avec les 100 autres jurées pour cette grande aventure.

J'étais jurée de septembre. J'étais chargée de noter et commenter 7 livres en 8 semaines, afin que les jurées des autres mois reçoivent les 3 "meilleurs" de la sélection de mon jury.

Chaque mois donc, durant 8 mois, j'ai reçu 3 livres, un roman, un document, un policier que les autres jurés avaient jugés meilleurs que les 4 autres.

J'ai lu beaucoup d'auteurs, de livres aux maisons d'édition que je n'aurais pas découvertes seule. J'ai échangé des centaines de lignes sur le groupe Facebook qui avait été créé pour l'occasion, lu des dizaines de lignes sur le blog Elle. Il m'est arrivé une fois de ne pas pouvoir terminer la lecture d'un livre tant je m'ennuyais, alors que d'autres ont beaucoup aimé le document (La fille derrière le rideau de douche de Robert Graysmith)

C'était une expérience réellement extraordinaire, une chance folle. J'ai "travaillé" pour argumenter mes avis qu'ils soient positifs ou négatifs, car nos impressions de lectrices sont souvent tellement différentes : défendre un roman qui nous a transportées, évoquer la déception de la chute de tel autre, sans dénigrer l'avis de nos co-jurées. Quel exercice de réflexion et d'écriture !

Et puis il y a eu cette énorme déception de n'avoir pu me rendre à la cérémonie de remise des prix, rencontrer les auteurs lauréats, les jurés avec lesquels nous avions tant échangé durant des mois, et prendre conscience que cette expérience inouïe est terminée... et qu'il me faudra attendre trois ans avant de tenter à nouveau ma chance !

Il me reste les souvenirs de papier avec ces livres précieusement rangés dans ma bibliothèque, cet exemplaire de Elle me citant (ainsi que d'autres jurées de septembre) à propos d'un roman qui m'avait transportée, Prières pour celles qui furent volées de Jennifer Clément.

Les vainqueurs de cette édition du Grand Prix littéraire Elle ne sont peut-être pas ceux que j'aurais choisis mais c'est toujours fatteur de les voir aujourd'hui en tête de gondole dans les librairies, portant le bandeau "Prix des lectrices Elle", un prix auquel moi aussi j'ai contribué !

 

Voici donc les lauréats :

Mon expérience de jurée au Grand Prix des lectrices ELLE

Et voici mon classement :

 

CATEGORIE ROMAN

Prières pour celles qui furent volées, de Jennifer Clément (Flammarion)

Les douze tribus d'Hattie, d'Ayana Mathis (Gallmeister)

Une constellation de phénomènes vitaux, d'Anthony Marra (JC Lattès)

L'homme de la montagne, de Joyce Maynard (Philippe Rey)

L'exception, d'Audur Ava Olafsdottir (Zulma)

Constellation, d'Adrien Bosc (Stock)

Les Grands, de Sylvain Prudhomme (L'Arbalète/Gallimard)

Flora de Gail Godwin (Joëlle Losfeld) 

 

CATEGORIE DOCUMENT

Mon année Salinger, de Joanna Smith Rakoff (Albin Michel)

Molière à la campagne, d'Emmanuelle Delacomptée (JC Lattès)

L'institutrice d'Izieu, de Dominique Missika (Seuil)

La robe de Hannah, de Pascale Hugues (Les Arènes)

L'oural en plein coeur, d'Astrid Wendlandt (Albin Michel)

Derrière la grille, de Maude Julien (Stock)

Les inoubliables, de Jean-Marc Parisis (Flammarion)

Dans cette catégorie, seuls trois ouvrages m'ont semblé assez intéressants pour obtenir une note supérieure à la moyenne. 

 

CATEGORIE POLICIER

Vongozero, de Yana Vagner (Mirobole Editions)

L'oubli, d'Emma Healey (Sonatine Editions)

Le village, de Dan Smith (Cherche Midi)

Angor, de Franck Thilliez (Fleuve Noir)

Fenêtre sur crime, de Linwood Barclay (Belfond)

La faute, de Paula Daly (Cherche Midi)

Kobra, de Deon Meyer (Seuil)

Une sélection très hétéroclite : des thrillers, des romans à suspens plus psychologique, chaque mois la surprise était totale et les auteurs, des valeurs sûres.

 

 

Je vais publier dans les jours prochains mes critiques que j'avais rédigées pour envoyer à Elle, et les identifier dans la catégorie "Grand prix des lectrices Elle" pour vous permettre de les retrouver plus facilement.

 

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