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Castagne, d'Isao MOUTTE

Publié le par Alice

Castagne, d'Isao MOUTTE

Quatrième de couverture

Un homme, lunettes noires sur le nez, entre dans une station-service. Il s’approche d’un type qui est affalé sur une table et lui demande où est son frère, après l’avoir au préalable foutu par terre. L’information obtenue, Paul monte les escaliers et constate que Jean-Louie dort profondément. Il le réveille en tirant un coup de feu. Les deux hommes se connaissent bien pour avoir travaillé à plusieurs reprises ensemble. Paul est d’ailleurs là pour proposer à son ancien associé un braquage visiblement très fructueux. Jean-Louie prétexte être à la retraite et ne se décide pas. Charles, son frère qui a été rossé peu avant, vient de monter l’arme au poing. Il tire sur Paul au niveau de la tête.
Afin d’éviter d’avoir les flics à l’arrière-train, les deux frangins quittent les lieux en voiture, en ayant au préalable vidé les poches de Paul des billets et du carnet expliquant le plan. Or Paul n’est pas mort. Il est juste blessé à la tête. Il fonce à la poursuite de Jean-Louie et de Charles. Ces derniers font une halte dans un petit restaurant du coin. Mais là-bas, d’autres ennuis les guettent…

 

Un dessin en noir et blanc fait de traits simples et efficaces : des lignes, ronds, hachures pour des personnages comme autant de "gueules" de voyous. Pas de fioritures, ni d'analyse psychologique, Jean-Louie, Charles ou encore Paul sont des truands qui courent après un butin, un bon plan ou pour fuir les balles.

Je suis passée à côté de cette bande-dessinée, peinant à trouver, dès le début, le fil conducteur de l'intrigue. Trop de "PAN PAN", de "méchants" dont les motivations m'ont semblé obscures.

C'est assez caricatural même si on peut reconnaître que les dialogues font souvent mouche et rappellent les films policiers des années 70. Un bande dessinée dont le scénario m'a paru trop minimaliste, c'est dommage car l'ambiance est là grâce notamment aux vignettes sombres, où le noir domine, à l'image des motivations des personnages... 

Castagne, d'Isao MOUTTE

Editions The Hoochie Coochie, 2015

 

 

Merci à Babelio et au Grand Prix SNCF du Polar pour la découverte !

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Moment d'un couple, de Nelly ALARD

Publié le par Alice

Moment d'un couple, de Nelly ALARD

Quatrième de couverture

Juliette, ingénieur dans l'informatique, et Olivier, journaliste, ont deux enfants et une vie de couple moderne. Lorsque Olivier avoue à sa femme avoir une liaison, l'univers de Juliette vacille. Comment survivre à la trahison? C'est à cette question que ce roman, écrit au scalpel, sans concession mais non sans humour, entend répondre. Rien n'y échappe, ni les risques de la vie à deux et les glissements du désir ni les contradictions d'un certain féminisme et la difficulté d'être un homme aujourd'hui. 

 

Ce roman dissèque l'"Après", le moment où le couple bascule : le mari avoue à sa femme avoir une liaison.

Plus rien ne sera pareil, bien sûr.

Il y a des phrases, des situations d'une extrême justesse, où l'on se dit que finalement tout ceci est d'une banalité sordide (et ordinaire). Mais, les personnages si caricaturaux font perdre de vue le caractère réaliste du roman qui s'apparente parfois à une analyse psychologique : le mari est un pleutre et la maîtresse une hystérique.

C'est le personnage de la femme trompée qui s'en sort le plus dignement, même si, l'apparente froideur avec laquelle elle accueille dans un premier temps la trahison de son mari m'a laissée assez dubitative.

Et puis il y a l'enjeu représenté par les enfants, le mariage, les questions financières... 

Ce roman analyse avec beaucoup d'habileté les différents sentiments qui se jouent au sein d'un couple. Il est toutefois dommage que les personnages manquent quelquefois, par leur excès, de crédibilité.

 

(Juliette est la femme, Olivier le mari et Victoire la maîtresse)

"Au fond, pense Juliette, le principal reproche qu'on peut faire à Olivier n'est pas d'être bourré de contradictions, il est loin d'être le seul, mais plutôt de les balancer en vrac sans se soucier de l'effet produit. En amour on doit à l'autre un minimum de synthèse, on ne peut déposer à comme ça tous ses sentiments ses paradoxes en tas, en pièces détachées pour ainsi dire et démerdez-vous pour faire fonctionner tout ça, pour en extraire l'idée directrice, en dégager le sentiment général, pour imbriquer toutes les pièces de façon que ça marche pour que ça ait un sens."

"Avec Victoire il avait eu la sensation confuse que les mots qu'il disait se suffisaient à eux-mêrmes, qu'ils contenaient leur propre réalité, jamais il n'avait été question pour lui que cette réalité déborde et envahisse sa vie, pourquoi refusait-elle de le comprendre? Avec Juliette c'était le contraire, il avait cru qu'un amour sans mots était possible. A quoi bon des mots puisque avec Juliette l'amour était partout dans les meubles du salon dans les chemises qu'il portait dans les goûters des enfants dans les enfants surtout les enfants évidemment c'était vertigineux comme les mots s'étaient  en eux incarnés ou plutôt en l'occurence l'absence de mots, de toute manière devant l'existence des enfants tous les mots devenaient dérisoires. Bien sûr les enfants ne justifiaient pas tout mais la vie aurès de Juliette était douce elle était devenue comme une partie de lui ou lui une partie d'elle ou plutôt ils étaient devenus deux parties d'un même corps."

Moment d'un couple, de Nelly ALARD

Editions Gallimard, 2013.

Publié dans Roman

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Terminus Belz, d'Emmanuel GRAND

Publié le par Alice

Terminus Belz, d'Emmanuel GRAND
Quatrième de couverture
 
Enez Ar Droc'h. L'île des fous, comme l'appellent les locaux. Pour Marko Voronine, clandestin traqué par la mafia roumaine, Belz semblait l'endroit idéal pour se faire oublier. Mais dans cette enclave portuaire, les étrangers ne sont pas aimés et Marko se brouille avec un marin, Jugand. Quelques jours plus tard, son cadavre mutilé est découvert. Marko sait son temps compté et la fuite impossible.
 
 Difficile de rester insensible à ce beau personnage, humain, courageux et volontaire. Marko est un immigré clandestin qui a du tuer pour protéger une de ses compagnes d'infortune, victime de mafieux sans scrupules.
Le voilà donc arrivé sur l'île des fous, terre de légendes et de croyances où le caractère irréel des crimes protège des enquêtes policières.
 
En l'espace de quelques jours, Marko se cachera de la Mafia roumaine, à la poursuite des quatre clandestins en fuite, il devra s'essayer au métier de marin, bien qu'ayant le mal de mer, il tombera amoureux et devra comprendre la part de responsabilité de la légende de l'Ankou dans ces crimes qui touchent les habitants de l'Ile.
Oui, c'est beaucoup. La mafia des passeurs, les croyances bretonnes, la faillite programmée des marins de cette île bretonne... et tous ces personnages qui auraient sans doute mérité un peu plus de considération individuelle.
 
Dans ce roman, une large place est laissée à l'action : l'auteur a privilégié les faits plutôt que leurs motivations, ce qui crée une résolution assez bâclée à mon sens. La réflexion sur les cultures et légendes (roumaine/bretonne) ébauchée, j'aurais aimé que les personnages soient plus denses psychologiquement et que l'analyse ethnologique serve davantage l'action.

Terminus Belz, d'Emmanuel GRAND

Editions Liana Levi, 2014.

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(Livre offert par Babelio et la SNCF)

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L'arabe du futur, tomes 1 et 2, de Riad SATTOUF

Publié le par Alice

L'arabe du futur, tomes 1 et 2, de Riad SATTOUF

Quatrième de couverture :

Un roman graphique où Riad Sattouf raconte sa jeunesse dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Hafez al-Assad.

Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile.
En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau des Sattouf, un petit village près de Homs. Malmené par ses cousins (il est blond, cela n’aide pas…), le jeune Riad découvre la rudesse de la vie paysanne traditionnelle. Son père, lui, n’a qu’une idée en tête: que son fils Riad aille à l’école syrienne et devienne un Arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur.

"L’Arabe du futur" sera publié en trois volumes. Le premier tome couvre la période 1978-1984.

Le second tome, couvre la première année d’école en Syrie (1984-1985), il apprend à lire et écrire l’arabe, découvre la famille de son père et, malgré ses cheveux blonds et deux semaines de vacances en France avec sa mère, fait tout pour devenir un vrai petit syrien et plaire à son père.

La vie paysanne et la rudesse de l’école à Ter Maaleh, les courses au marché noir à Homs, les dîners chez le cousin général mégalomane proche du régime, les balades assoiffées dans la cité antique de Palmyre : ce tome 2 nous plonge dans le quotidien hallucinant de la famille Sattouf sous la dictature d’Hafez Al-Assad.

J'ai découvert avec un grand plaisir cette autobiographie : Riad SATTOUF est l'enfant d'une mère française et d'un père intellectuel syrien. 

Les deux tomes relatent de manière chronologique leur départ de France, leur arrivée en Lybie pour finalement déménager dans le pays natal du père, en Syrie. 

Le jeune Riad, si blond qu'il est souvent admiré parce que ressemblant à un américain, ou haï parce que sa différence fait imaginer aux autres enfants qu'il est juif. Son éducation est à cheval entre les traditions familiales (et locales) et les idées progressistes du père, qui a épousé une française.

L'oeil naïf de l'enfant permet au récit d'être très souvent amusant, même si finalement la situation peut faire froid dans le dos. Ce regard distancié permet au ton de l'ouvrage de prendre toute sa saveur : ce jeune enfant, observateur, narre avec circonspection les contradictions de son père, de la société dans laquelle il vit.

C'est un vibrant hommage à ses origines aussi, à ceux qui, pourtant loin (odeurs, coutumes...) des traditions maternelles, sont ceux qui lui ont permis de se construire.

On pourra retenir de s'amuser des chocs culturels, ou de s'indigner de l'éducation des enfants, de la violence ou des manipulations politiques, mais L'Arabe du futur forme un tout émouvant, sensible, intéressant et intrigant.

L'arabe du futur, de Riad SATTOUF

Allary Editions, 2015

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Une autre vie, S.J. WATSON

Publié le par Alice

Quatrième de couverture

Femme au foyer, Julia mène une vie bien rangée à Londres avec son mari et son fils. Lorsqu’elle apprend la mort de sa jeune sœur, Kate, victime d’une agression à Paris, près du canal de l'Ourcq, elle est sous le choc. Les deux sœurs, dont les relations n'ont jamais été faciles, s'étaient perdues de vue. Ne parvenant pas à faire son deuil, Julia décide d’aller à Paris afin d’en savoir plus sur la vie que menait Kate. Là, elle apprend que cette dernière fréquentait assidûment les sites de rencontre en ligne. Le doute s’insinue alors dans son esprit : et si la mort de sa sœur n’était pas due à une simple agression mais à une mauvaise rencontre ? Ne pouvant se débarrasser de cette idée obsédante, Julia décide de se faire passer pour Kate sur le site Internet d’escorts que celle-ci utilisait. Mais, à l’âge des bilans, des remises en question, des ambitions laissées derrière elle, Julia ne réalise pas qu’elle est en train de jouer un jeu dangereux à double titre. Si elle a en effet raison sur les circonstances de la mort de sa sœur, elle prend tous les risques. Et en goûtant à une autre vie, plus excitante, que va-t-il rester de la sienne ?

Tout est dit dans cette quatrième de couverture, et ce qui n'est pas dit, c'est peut-être le "too much" de l'histoire.

Rien n'est crédible : le couple qui ne peut avoir d'enfant et qui élève celui de la soeur instable, la femme mariée rangée à un chirurgien qui a été autrefois photographe, toxico et alcoolo dont le petit ami est mort d'une overdose. Kate, la soeur donc, a été tuée, et en voulant retrouver son meurtrier, Julia s'inscrit sur un site de rencontre pour mener l'enquête et noue une relation amoureuse avec un homme plus jeune. Or celui-ci s'avère être un pervers narcissique, manipulateur, dangereux psychopathe qui la fera chanter avec des vidéos de leurs ébats. A cela s'ajoutent les soucis professionnels de son mari, l'identité réelle du fils, celle de l'amie de Kate, la soeur de l'héroïne, les vieux démons alcooliques qui se réveillent. 

Trop, beaucoup trop d'éléments parallèles, le récit se perd en détails et en densité. La résolution de l'intrigue est encore bien plus tirée par les cheveux.

Je vous conseille le précédent roman de cet auteur qui m'avait laissé un souvenir bien plus agréable, Avant d'aller dormir, et concernant celui-ci, passez votre chemin si vous aimez les intrigues intelligentes et bien ficelées.

 

Une autre vie, de S.J. WATSON

Editions Sonatine, 2015.

Publié dans Thriller

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Lettres de Noël, de Nadine CRETIN

Publié le par Alice

Lettres de Noël, de Nadine CRETIN

Présentation de l'éditeur :

De Madame de Sévigné à Mark Twain en passant par Émile Zola, La comtesse de Ségur ou encore Le Père Noël... Découvrez les plus belles lettres de Noël de personnages célèbres et anonymes. Pour chaque lettre, une introduction de Nadine Cretin, Historienne et spécialiste des fêtes de Noël, qui explique le contexte et pour conclure, un lexique qui prolonge le plaisir de la lecture. Historienne spécialisée en anthropologie religieuse et membre de la Société ethnologie française, Nadine Cretin étudie l'origine des fêtes du calendrier, qu'elles soient profanes ou sacrées. "Mots intimes" est la nouvelle collection consacrée à l'art épistolaire et à l'amour des mots, publiée avec le concours du site deslettres.fr, et qui fait son entrée dans le catalogue des éditions Le Robert.

 

Ce livre est parfait pour s'imprégner de l'atmosphère magique et douce des fêtes de Noël. 

L'auteure débute l'ouvrage avec un prologue rappelant les origines, sacrées et profanes, des fêtes de Noël, évoque les traditions et leurs particularités géographiques.

Ensuite, sur une centaine de pages, il y a une partie un peu plus littéraire, dont certaines lettres (je vous rappelle que le titre de l'ouvrage est "Lettres de Noël") d'auteurs classiques, d'autres d'anonymes touchants. Le choix est thématique et une introduction à chacune d'entre elles permet un petit rappel du contexte général et historique, puis un autre beaucoup plus personnel, reliant l'auteur au moment de la rédaction de la lettre.

La sélection est large et hétérogène: Emile Zola (à propos du Noël familial), Madame de Sévigné (à propos des visites pour les voeux), un poilu à sa femme (concernant la trêve de Noël), Groucho Marx à sa fille à propos de la vision négative de Noël, J.F.Kennedy à une petite fille concernant le Pôle Nord, et puis LA vraie lettre au Père Noël et la vraie réponse de celui-ci, soufflée par Françoise Dolto elle-même.

L'ouvrage s'achève avec un lexique de Noël, évoquant à nouveau les traditions et leurs origines : du Père Fouettard à la cheminée, des étrennes aux "treize desserts", de la bûche aux Rois Mages.

C'est passionnant, j'y ai appris plein de choses, et cela m'a donné envie d'en transmettre tout autant aux enfants. L'immersion dans la féerie des décors, des traditions familiales ou nationales, dans les yeux brillants des enfants et les lumières des villes, tout y est.

Les lettres sont touchantes, nous laissent, pour certaines, entrevoir une intimité inédite des auteurs cités. C'est tendre et universel. Un bel ouvrage pour lire des classiques par le biais d'un angle thématique intéressant et de saison !

Lettres de Noël, de Nadine CRETIN

Editions Le Robert, Collection Mots intimes

21 octobre 2015.

Publié dans Document

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Les mots qu'on ne dit pas, de Véronique POULAIN

Publié le par Alice

Les mots qu'on ne dit pas, de Véronique POULAIN

Quatrième de couverture

« “ Salut, bande d’enculés ! ”
C’est comme ça que je salue mes parents quand je rentre à la maison.
Mes copains me croient jamais quand je leur dis qu’ils sont sourds.
Je vais leur prouver que je dis vrai.
“ Salut, bande d’enculés ! ” Et ma mère vient m’embrasser tendrement. »

Sans tabou, avec un humour corrosif, elle raconte.
Son père, sourd-muet.
Sa mère, sourde-muette.
L’oncle Guy, sourd lui aussi, comme un pot.
Le quotidien.
Les sorties.
Les vacances.
Le sexe.
D’un écartèlement entre deux mondes, elle fait une richesse. De ce qui aurait pu être un drame, une comédie.
D’une famille différente, un livre pas comme les autres.

Le film La famille Bélier doit son scénario (et, en partie, son succès) à ce roman autobiographique.

Véronique est fille unique d'un couple de sourds-muets, de naissance ou à la suite d'une maladie dans la toute petite enfance (son père).

De manière parcellaire, comme des instantanés, Véronique Poulain dresse un récit de ce que fut son enfance, de la manière dont elle s'est construite, dans la révolte, dans le silence et les bruits familiers, avec deux parents sourds.

Le récit est souvent drôle, et surtout bourré d'émotion, il y a beaucoup d'anecdotes. Pourtant c'est aussi triste et émouvant parce que naître dans une famille de sourds, c'est être soi-même différent.

Ce que j'ai beaucoup aimé aussi c'est la manière dont Véronique Poulain démontre l'évolution de la considération sociale du handicap : la langue des signes française n'est pas ancienne (2005). Le "bricolage" pour communiquer les a longtemps exclus du monde des idées et de leur verbalisation, le taux d'illetrisme était faramineux avant que les réalisateurs ne les fassent apparaître sur le devant de la scène médiatique.

C'est un livre sincère et authentique qui aborde le monde du handicap de manière intime et pudique, un récit que l'on a envie de partager...

"Comme les Indiens, les sourds attribuent à chacun un nom, un signe identitaire, qui le suit toute sa vie.

Il peut être en rapport avec le physique ou le caractère.

(...)

S'ils n'avaient pas ces signes, les sourds seraient obligés d'utiliser l'alphabet de la langue des signes pour épeler chaque nom. Et V-E-R-O-N-I-Q-U-E, c'est long à "signer".

Ainsi, mon prénom, mon signe, celui qui me caractérise moi et personne d'autre, c'est "Rêveuse".

C'est mon mère qui me l'a donné?

Enfant, je ne comprenais pas pourquoi. Pourquoi "Rêveuse"?

Un jour, j'ai compris ; j'avais passé tellement d'heures à contempler la vie par la fenêtre en rêvant d'autre chose que cela ne lui avait pas échappé. 

Le majeur et l'index, formant le V de Véronique, partent de la tempe pour aller se perdre dans les airs en tournoyant : "Rêveuse".

C'est poétique, c'est beau, ça fait toute une vie.

Sauf que.... je me suis trompée. Ma mère vient de lire ce chapitre et n'est pas d'accord.

"Ton signe pas "Rêveuse". Depuis toujours.

-Non. "Etourdie"."

Les doigts en V partent bien de la temps et s'en vont bien dans les airs mais pas en tournoyant. En tremblotant. C'est subtil. La différence est minime mais ça ne veut pas dire la même chose.

"Petite, toi, étourdie. Pas rêveuse. Toi oublies tout, toujours, toujours. Etourdie."

Je reste sans voix. Ca fait trente ans que je me trompe. Ou que j'ai oublié. 

Etourdie je suis, étourdie je resterai."

Les mots qu'on ne dit pas, de Véronique POULAIN

Editions Stock, 2014

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Preuves d'amour, de Lisa GARDNER

Publié le par Alice

Preuves d'amour, de Lisa GARDNER

Quatrième de couverture

Tessa Leoni, officier de police respecté, a abattu son mari en lui tirant trois balles dans le corps avec son arme de service. Elle ne supportait plus la violence de ce dernier. C'est la version qu'elle donne à l'inspectrice D.D. Warren lorsque celle-ci arrive sur les lieux. Mais, si les bleus sur le visage de la jeune femme sont irréfutables, il y a une chose que D.D. Warren ne s'explique pas : sa petite fille de six ans a disparu, et Tessa reste évasive à ce sujet. Que cherche-t-elle à cacher ? Les deux femmes vont s’affronter pour une même cause : la survie de l’enfant.
Plus poignant que jamais, le nouveau suspense de Lisa Gardner, best-seller aux États-Unis, nous plonge au cœur du mensonge avec un talent vertigineux.

Un thriller surprenant dont les pistes pourtant évidentes du début du roman, se déconstruisent peu à peu.
Tessa Leoni, officier de police, a tué son mari un soir, en rentrant de son service.

Les marques de coups sur son corps et son visage laissent penser qu'elle a été une femme maltraitée, et a donc agi en étant de légitime défense. Sa fille a disparu, et elle supplie l'inspectrice D.D Warren et son collègue de la retrouver.

Pourtant, ni son attitude ni ses mots ne paraissent sincères, d'autant plus lorsque le médecin légiste s'aperçoit que le corps du mari a été... congelé puis décongelé et que sa mort est donc un peu plus ancienne que ce que Tessa a laissé croire . Alors qui est-elle? que cache-t-elle? aurait -elle tué sa fille? en plus de son mari?

La construction est assez inédite et l'intrigue vraiment bien faite : le lecteur émet des hypothèses, redoute la mort de la fillette, cherche à comprendre la détermination de la prévenue dont les ruses sont aussi imaginatives que réussies.

Un roman qui se laisse lire avec plaisir !

Publié dans Thriller

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Mudwoman, de J. C. OATES

Publié le par Alice

Mudwoman, de J. C. OATES

Quatrième de couverture

Abandonnée par sa mère à demi-folle au milieu des marais de l’Adirondacks, Mudgirl, l’enfant de la boue, est sauvée on ne sait trop comment, puis adoptée par un brave couple de Quakers qui l’élèvera avec tendresse en s’efforçant toujours de la protéger des conséquences de son horrible histoire. Devenue Meredith "M.R" Neukirchen, première femme présidente d’une université de grand renom, Mudgirl, brillante et irréprochable, fait preuve d’un dévouement total à l’égard de sa carrière et d’une ferveur morale intense quant à son rôle. Mais précisément épuisée par la conception d’une rigidité excessive qu’elle a des devoirs de sa charge, tourmentée par ses relations mal définies avec un amant secret et fuyant, inquiète de la crise grandissante que traverse les États-Unis à la veille d’une guerre avec l’Iraq (crise qui la contraint à s’engager sur un terrain politique dangereux) et confrontée à la classique malveillance sournoise des milieux académiques, M.R. se retrouve face à des défis qui la rongent de manière imprévisible. Un voyage sur les lieux qui l’ont vue naître, censé lui rendre un peu de l’équilibre qui lui échappe, va au contraire la jeter dans une terrifiante collision psychique avec son enfance et menacer de l’engloutir une fois encore, mais dans la folie. Cette impitoyable exploration des fantômes du passé, doublée du portrait intime d’une femme ayant percé le plafond de verre à un coût gigantesque, fait de ce livre ainsi que l’a proclamé la critique, "un géant parmi les grands romans de Oates".

J.C Oates, avec ce roman, confirme la première place qu'elle tient dans mon palmarès d'auteurs contemporains. Je crois qu'elle est, incontestablement, l'écrivain américain que je préfère.

Quelle plume, quel talent de conteuse!

Mudwonan raconte la destinée de cette enfant, trouvée dans la boue, volontairement abandonnée par sa mère dans l'espoir qu'elle meure, et qui deviendra, une quarantaine d'années plus tard, Présidente d'Université. 

Ce roman dense laisse beaucoup de place à l'instropection, la fragilité psychologique de M.R est palpable, à partir du moment où elle retourne sur les lieux de son enfance. Ce qui lui donnait un semblant de normalité et d'équilibre s'effrite, en effet, comment "tenir" quand on sait les atrocités qu'elle a du supporter dès ses premières années.

On pense à la résilience, aux enjeux aussi de l'adoption : le couple qui l'a recueillie a perdu un enfant, une petite fille.

Les personnages sont construits rigoureusement, le récit ne connait pas de pause. Quelquefois on se demande où est la réalité, celle fantasmée du personnage, celle des souvenirs, mais aussi celle de sa souffrance psychologique. Le récit flirte avec le genre fantastique quand on approche des marais et de cette boue, comme pour éloigner l'inimaginable, ce qui correspond au cheminement intérieur que vit M.R.

Un roman que l'on n'oublie pas, et surtout, encore une fois, un personnage particulièrement réussi.

Publié dans Roman

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Les opinions de M. Zède, d'Hans Magnus ENZENSBERGER

Publié le par Alice

Quatrième de couverture : "Qui dit A, doit dire B, paraît-il, et ainsi de suite jusqu'au bout de l'alphabet. Je vous prie de ne pas compter sur moi pour observer cette règle." Ainsi parle M. Zède. Chaque après-midi, ce bonhomme fait invariablement son apparition dans le jardin public, s'engageant  dans des dialogues du tac au tac avec les passants. Est-ce un sage, un clown, un provocateur, un abstracteur de quintessence? Beaucoup s'en vont en hochant la tête ; d'autres écoutent le philosophe rondouillard et discutent sans fin avec lui. Il n'écrit jamais rien mais ses auditeurs prennent des notes. Celles-ci ont fini par former ce petit livre, almanach paradoxal de sagesse postmoderne où sont les opinions, agaceries et autres considérations d'un personnage insaisissable. Comme Socrate, M. Zède est un accoucheur de pensée."

 

Ce livre, sans fil conducteur, mis à part la présence de ce personnage, Monsieur Zède, est un recueil de considérations, maximes, réflexions.

On pourrait se croire revenus aux temps anciens, dans l'Antiquité, alors que les disciples d'Aristote suivaient ses enseignements en marchant...

Mais ce M. Zède est moderne, contemporain, il évoque tout aussi bien la politique que les nouvelles technologies, l'argent... à un public hétérogène de fidèles. 

Pour être honnête, j'ai eu beaucoup de mal à me concentrer sur cette lecture tant les paragraphes (numérotés) n'ont pas d'unité thématique. Les pensées de Monsieur Zède ne sont ni révolutionnaires, ni humanistes. Peut-être un philosophe qui prend les choses de la vie avec de la hauteur et de la distance; cela ne m'a pas semblé très intéressant et encore moins passionnant.

118.

" Prévoyant une séance longuette, quelques-uns d'entre nous avaient apporté des hot-dogs au curry achetés à la baraque voisine. Une jeune fille en offrit un à Z., qui le refusa courtoisement. Elle lui demanda s'il était exigeant en matière de goût.

Et Z. de répondre: "Je ne saurais le nier, mais n'y voyez pas le caprice d'un enfant gâté. Je me fie à ma langue, à mon nez, à mon estomac, bref à ce que la nature nous a donné à tous. La vache sait quelle herbe lui convient et celle qu'elle ferait mieux d'éviter. Science infuse qu'on ne trouve pas dans les livres. Nul n'a l'obligation d'avaler tout ce que la société lui propose.

Vous feriez erreur si vous pensiez que la question du goût ne concerne que la nourriture."

Merci à Babelio et à l'opération Masse critique.

Publié dans Document

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