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Gaspard ne répond plus d'Anne-Marie REVOL

Publié le par Alice

Gaspard ne répond plus d'Anne-Marie REVOL

Quatrième de couverture

Dans le cadre d'un jeu de téléréalité, Gaspard de Ronsard doit traverser l'Asie en stop. Son périple tourne court lorsqu'il chute d'un pick-up et échoue au fond d'un fossé...
La suite se déroule entre Paris et un village égaré dans les rizières du Nord Vietnam. On y rencontrera une brocanteuse cartomancienne, un détective fleur bleue, un diariste fantasque, des producteurs de télé affolés, et une vieille chef de tribu acariâtre, My Hiên. Celle-ci n'a qu'une idée en tête : obliger Gaspard à sauver son peuple d'un danger imminent.
Parviendra-t-il à rentrer chez lui ?
Dans ce roman drôle et déluré, chacun cherche quelque chose à l'autre bout du monde, pour le meilleur comme pour le pire. Mais il faut peut-être accepter de tout perdre si l'on veut se retrouver...

 

 

Des personnages fanatasques et touchants, une noble quête... tout est réunit pour passer un bon moment.

L'histoire débute avec la chute de Gaspard, laissé pour mort en bord de route au Vietnam. Puis, autour de sa disparition, se crée comme une toile d'araignée pour placer les personnages qui gravitent autour du héros : ses parents morts, sa mère adoptive, sa partenaire du jeu de téléréalité (et l'univers impitoyable de la télé), My Hîen qui l'a recueilli et son village du fin fond des montagnes...

Ce roman est dense, on ne s'ennuie pas une seconde. Peut-être trop dense? J'ai un peu perdu le fil et j'aurais aimé mieux connaître Gaspard, je l'ai sans doute perdu, je l'avoue, vers la moitié du livre.

Il y a une immersion dans l'univers de la télé, du côté des producteurs, de ceux qui investissent et restent dans le confort de leur bureau et de l'audiométrie tandis que d'autres risquent leurs vies et sont manipulés par le scénario que d'autres ont élaboré pour eux.

Gaspard ne répond plus est un premier roman plein de promesses car Anne Marie REVOL écrit bien, elle emmène son lecteur dans l'histoire, c'est drôle et léger. On a le sentiment qu'elle a tellement aimé ses personnages qu'elle n'a su renoncer à aucun d'eux pour mieux s'attacher à l'intrigue, et c'est un peu dommage...

 

Gaspard ne répond plus, d'Anne-Marie REVOL

Editions JC Lattès, 2016.

 

(Roman offert par l'auteure)

Publié dans Roman

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La vie est facile, ne t'inquiète pas d'A. MARTIN LEGAND

Publié le par Alice

La vie est facile, ne t'inquiète pas d'A. MARTIN LEGAND

Diane a perdu sa fille et son mari lors d'un accident. Pour ne pas perdre pied, elle fuit un an en Irlande et à son retour, se consacre dans la librairie/café qu'elle rachète à ses parents.


L'histoire ne serait pas complète sans LA rencontre amoureuse et LA résilience qui lui permettra d'envisager un autre avenir familial, un jour.


Voilà. Vous savez tout. C'est un peu comme Harlequin en beaucoup plus moderne (contexte, langue). Et même si c'est assez juste (ou du moins pas incohérent) concernant la psychologie, c'est particulièrement "mal" écrit avec une plume très parlée et faussement "jeune".


Bref, pourquoi pas à lire sur une plage très ensoleillée... mais autour de moi on a beaucoup aimé, alors foncez !

Publié dans Roman

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La belle amitié de Mes amis devenus, de Jean-Claude MOURLEVAT

Publié le par Alice

La belle amitié de Mes amis devenus, de Jean-Claude MOURLEVAT

Le roman s'ouvre alors que Silvère, un presque sexagénaire, attend ses amis pour quelques jours de retrouvailles sur l'île d'Ouessant.

40 ans qu'ils ne se sont pas vus pour la plupart, et pourtant, ces cinq là : Luce, Mara, Jean, L'Ours et Silvère, sont restés unis par delà le temps. L'idée de Jean de les réunir apparaît comme une évidence pourtant teintée d'angoisses pour Silvère : et si le temps les avait rendus méconnaissables? différents?  et si lui-même, à leurs yeux, était-il devenu un vieillard? Les années auront-elles effacé les sentiments et attirances? et les souvenirs, sont-ils intacts pour tous?

L'attente à l'embarcadère est l'occasion pour le narrateur d'un long flash back, des conditions dramatiques de la naissance du héros, son enfance... et son adolescence. C'était un autre temps, un autre lieu, là où les rapports humains étaient simples et faciles, où l'on aimait follement.

Les histoires d'amitié se nouent, se scellent, une amitié fraternelle évidente pour Jean et Silvère, l'amour que tous ont éprouvé pour Mara.

Et puis le présent retrouve sa place, et les sentiments aussi : l'évidence des retrouvailles, la tendresse, les souvenirs, les épreuves traversées, la mort de leurs proches. C'est la vie qui se poursuit, les uns avec les autres, les uns sans les autres. 

Il n'y a pas de rebondissements qui viendrait casser l'harmonie de cette jolie histoire d'amitiés.

Mes amis devenus est un roman nostalgique, doux amer. On se projette, le coeur pincé par ce temps qui passe et qui laisse filer ce qui ne sera plus jamais pour un présent plus fragile, vers la maladie, et la mort qui demeure, au final, la seule certitude.

A quoi vont-ils resssembler? Je m'attends malgré moi à les voir apparaître dans l'éclat de leur jeunesse, intacts, tels qu'ils étaient autrefois, et rigolant du bon tour qu'ils auraient joué à ce salaud qu'est le temps. 

J'avoue que j'ai caressé un instant l'espoir que Mara me reviendrait par le principe des vases communicants, mais l'amour ignore ces lois réservées à la physique et je n'ai rien caressé d'autre que que l'espoir.

 

 

 

 

Mes amis devenus, de Jean-Claude MOURLEVAT

Fleuve Editions, 2016

 

 

Publié dans Roman

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Le très émouvant Bojangles d'Olivier BOURDEAUT

Publié le par Alice

Le très émouvant Bojangles d'Olivier BOURDEAUT

A mi-chemin entre La vie est belle de Roberto BENIGNI, et Belle du Seigneur d'Albert COHEN (ou encore pourquoi pas Fanfan d'Alexandre Jardin que beaucoup ont lu/vu), ce premier roman est terriblement émouvant.

C'est si juste... Si vous cherchez un roman d'amour, si vous aimez vibrer... lisez-le !

L'enfant, le narrateur, raconte la vie exceptionnelle qu'il a menée avec ses parents : hors normes, où tout était prétexte à la folie, l'amusement, où le seul impératif était de vivre, profiter de leur amour, des uns et des autres et de chaque seconde du bonheur qui leur était offert.

Bien sûr, de fantasque à fou, la nuance est ténue, et justement c'est sur ce fil que se construit l'histoire. On ne peut que constater le bonheur, que s'émouvoir de l'amour fou qui unit ces trois personnages. Et même si ce qu'ils vivent semble totalement déraisonnable (ne plus travailler ni aller à l'école pour simplement... savourer la vie), leur jusqu'au boutisme est d'une rare intensité.

Que le narrateur soit enfant laisse penser que tout est normal, comme si l'excentricité pourrait venir de son imagination, de son récit et non de la réalité : cet oiseau Mlle Superfétatoire à qui il prête des attitudes humaines, l'Ordure, ce diplomate, indissociable de la famille, et puis le personnage de la mère... dont on  comprendra bien vite que sa fantaisie est la manifestation de troubles mentaux, acceptés, intégrés et pardonnés par le père, fou amoureux.

 

Et puis, ponctuant le roman, des extraits des carnets écrits jour après jour, par le père, sa douce rééecriture de l'histoire narrée par l'enfant. Une réalité beaucoup plus rude, une souffrance plus à vif... une anormalité que l'on sait désormais plus du tout normale, mais non maoins intense concernant l'intensité des sentiments, le fol amour, qui sont toujours plus manifestes et paradoxalement réfléchis.

 

A la fin j'ai pleuré.

 

Ce livre est un joli et doux bijou.

 

" Son comportement extravagant avait rempli toute ma vie, il était venu se nicher dans chaque recoin, il occupait tout le cadran de l'horloge, y dévorant chaque instant. Cette folie, je l'avais accueillie les bras ouverts, puis je les avais refermés pour la serrer fort et m'en imprégner, mais je craignais qu'une telle folie douce ne soit pas éternelle. Pour elle, le réel n'existait pas. J'avais rencontré une Don Quichotte en jupe et en bottes, qui, chaque matin, les yeux à peine ouverts et encore gonflés, sautait sur son canasson, frénétiquement lui tapait sur les flancs, pour partir au galop à l'assaut de ses lointains moulins quotidiens. Elle avait réussi à donner un sens à ma vie en la transformant en un bordel perpétuel. Sa trajectoire était claire, elle avait mille directions, des millions d'horizons, mon rôle consistait à faire suivre l'intendance en cadence, à lui donner les moyens de vivre ses démences et de ne se préoccuper de rien." (voix du père)

 

" Elle ne me traitait ni en adulte, ni en enfant mais plutôt comme un personnage de roman. Un roman qu'elle aimait beaucoup et tendrement et dans lequel elle se plongeait à tout instant. Elle ne voulait, entendre parler ni de tracas, ni de tristesse.

- Quand la réalité est banale et triste, inventez-moi une belle histoire, vous mentez si bien, ce serait dommage de nous en priver.

Alors je lui racontais ma journée imaginaire et elle tapait frénétiquement dans ses mains en gloussant :

- Quelle belle journée mon enfant adoré, quelle journée, je suis bien contente pour vous, vous avez dû bien vous amuser !"

 

 

Publié dans Roman

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Envoyée spéciale, de Jean ECHENOZ

Publié le par Alice

Editions de Minuit, 2016

Editions de Minuit, 2016

Décidément, non, je ne me suis jamais passionnée par la lecture d'un roman deJean Echenoz. J'essaie mais chaque fois, il m'est impossible de m'attacher aux personnages, d'entrer dans l'univers du récit.

Pourtant celui-ci n'est pas très commun.

Les personnages traversent leur vie comme le récit. Plutôt passifs, ils semblent portés au gré de l'inspiration du narrateur qui se dévoile ouvertement, à la manière d'un conteur qui maintient constamment le lien avec son auditoire.

" Qu'ont-ils pu devenir? Eh bien de leur côté, les nouvelles ne sont pas terribles non plus. Nous avions laissé Christian, souvenons-nous, souffrant d'une intoxication alimentaire - affection dont une médication simple a d'ordinaire vite raison, c'est l'affaire de trois jours tout au plus. Or, dans son cas, pas du tout."

Le "nous" impose la connivence entre narrateur et lecteur pour mieux s'amuser (se moquer?) des personnages : Constance est la femme de Tausk, un ex-chanteur qui vit des royalties de sa carrière de chanteur d'une chanson à succès.

Un jour elle se fait enlever par un commanditaire dont on ignore son identité. Tausk, centré sur lui-même, ne répond pas à la demande de rançon, trop préoccupé par sa nouvelle histoire d'amour.

Constance vit cette expérience avec beaucoup de légèreté, en profitant pour lire L'Encyclopédie.

Gravitent autour de cette trame des personnages tout aussi farfelus et "normaux", le Général mis au placard, ses hommes de main, cet ex-malfrat-complice de Tausk qui a payé en années de prison un braquage effectué avec Tausk lorsqu'ils étaient jeunes...

L'auteur ? Narrateur? s'amuse de ses personnages, se moque de leurs attachements, de leur égocentrisme. Il force notre complicité, nous exhorte à regarder ce petit monde avec beaucoup d'ironie et de distance.

Mais, finalement, je crois que si je ne parviens pas à entrer dans l'univers de ce roman, c'est que j'ai besoin de les apprécier, de les admirer voire de m'identifier aux personnages pour mieux savourer la lecture...

 

J'ai lu ce livre dans le cadre du Prix Relay des voyageurs (une sélection de quatre romans reçus grâce à Babelio) et pour lesquels nous sommes tous invités à voter.

Publié dans Prix Relay, Roman

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Quoi qu'il arrive, de Laura BARNETT

Publié le par Alice

Quoi qu'il arrive, de Laura BARNETT

Editions Les Escales, 2015.

Ce roman, c'est une histoire d'amour avec des "si" : et si ils ne s'étaient pas aimés ce soir, et s'ils n'avaient pas décidé de se revoir, et la vie ne leur avait jamais offert le bon timing?

Et si finalement il n'y avait pas de bon moment pour se rencontrer?

Trois possibilités pour deux mêmes protagonistes qui se rencontrent, un matin de 58, alors qu'Eva chute de vélo...

Dans la première version, le coup de foudre est immédiat et Jim et Eva, à la suite de cette chute, ne se quitteront plus. Vie famille, réussite professionnelle unilatérale, enfants... mais aussi trahisons et séparation.

Dans la seconde possibilité de l'histoire, ils passeront leur vie à se croiser, rarement, tout en éprouvant une attirance et un lien particuliers l'un pour l'autre. La vie leur permettra-t-elle de se retrouver, un jour?

Et enfin, une autre version leur permet de se retrouver au milieu de leur vie, alors qu'ils ont déjà été mariés et ont eu des enfants. Recomposer avec des enfants, des conjoints quittés...

Le récit alterne entre ces trois versions, chapitre par chapitre. Quelquefois on s'y perd un peu parce qu'évidemment, quel que soit le choix que le narrateur effectuera, les trajectoires seront différentes et il ne faut pas se perdre non plus dans les personnages secondaires.

Pourtant, on retrouvera avec plaisir l'une ou l'autre version, comme une possibilité qui apparaît alors, dans sa construction, comme évidente. Il faut être un peu sentimental et romantique pour aimer ce livre, mais il faut aussi croire en le destin, comme si une part de notre vie (et surtout de nos rencontres) était tracée et qu'il suffit d'un hasard pour modifier le cours de notre histoire.

Quoiqu'il arrive est un roman plus profond qu'il n'y parait, l'histoire questionne également sur la parentalité, la filiation mais aussi sur l'accompagnement dans la maladie, la mort. Ce n'est pas une comédie romantique, la gravité est là, parce que finalement la légereté n'est-elle pas qu'une partie d'une sentiment amoureux?

 

J'ai lu ce livre dans le cadre du Prix Relay des voyageurs (une sélection de quatre romans reçus grâce à Babelio) et pour lesquels nous sommes tous invités à voter.

Publié dans Prix Relay, Roman

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Poulets grillés, de Sophie HENAFF

Publié le par Alice

Poulets grillés, de Sophie HENAFF

Un nouveau service, bien loin du 36 quai des Orfèvres voit le jour : celui des "poulets grillés", entendez par là, ceux qu'on met au placard pour mieux faire briller les résultats des équipes 100% compétentes. Leur Chef? Anne Capestan, une commissaire à la carrière brillante, fulgurante mais éphémère à cause d'une gâchette un peu facile.

Cette équipe de bras cassés, tous plus différents les uns que les autres, traîne sa réputation et sa carrière comme un poids. Pourtant, il y a encore cette même envie de faire justice, cette foi en la mission, et puis, pourquoi ne pas tirer avantage de cette liberté sans moyens, de cette absence d'obligation de résultats?

Poulets grillés, c'est un polar qui a tout d'un scénario réussi : on voit les personnages, on les imagine, ils sont drôles, les situations et relations amusent tout autant qu'elles rendent les personnages attachants.

Bien sûr que c'est l'histoire du perdant qui se retrouve gagnant, et il ne peut en être autrement.

 

Evidemment, ces trop vite jugés sont de chouettes personnages ; ils ont tous bien plus d'humanité que la totalité des commissaires du 36, et puis on peut parier que ceux qui n'ont pas encore de circonstances atténuantes en auront dans le second tome qui vient de paraître.

 

" Mais on est là pour quoi, au juste? Si on ne peut même pas aider. Pourquoi créer notre unité?

- Pour tous vous rassembler, je vous l'ai déjà expliqué, ne m'obligez pas à devenir plus précis..., fit-il en chassant l'air d'un geste excédé.

- Si, je veux bien.

- Capestan, on vous a mis dans le même bocal parce qu'il fallait vous isoler. Vous êtes ingérables et, plus particulièrement, in-dé-si-ra-bles. Je ne veux pas de vous au milieu d'une enquête officielle.

- Vous noircissez les portraits, on n'a rien d'effroyable, protesta Capestan avant que le souvenir de son propre palmarès ne l'oblige à rectifier le tir.

- Pour mon cas, je le concède, ajouta-t-elle. Mais les autres ne sont...

- Vous êtes là uniquement parce qu'on ne peut pas vous révoquer ! coupa Buron en martelant chaque syllabe. Ca va rentrer? On vous paye pour jouer aux dominos ou tricoter. Demandez à Evrard de vous apprendre la belote et fichez-moi la paix une bonne fois pour toutes, commissaire."

 

Publié dans Polar

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Tout ce qu'on ne s'est jamais dit, de Céleste NG

Publié le par Alice

Tout ce qu'on ne s'est jamais dit, de Céleste NG

Lydia est morte. La seule enfant aux yeux bleus de cette famille métis dont le père est un fils d'immigré chinois.

L'histoire se passe dans les années 70, dans une banlieue américaine où la différence de couleur de peau, ou d'origine ethnique n'est pas commune. Malgré les diplômes du père, il ne pourra jamais enseigner à Harvard. Quant à la mère, qui a pour ambition de ne pas ressembler à sa propre mère, dévouée aux tâches domestiques et à "l'art de tenir sa maison", son objectif est de devenir femme médecin malgré les préjugés et obstacles. Malheureusement ce plan de carrière sera définitivement abandonné au profit d'une première grossesse, d'une seconde et enfin d'une troisième et dernière grossesse.

D'enquête au sens traditionnel, vous n'en trouverez pas dans ce roman, en revanche, l'auteur vous emmène vers une enquête psychologique : une introspection familiale qui déconstruit la manière dont chacun s'est bâti.

Les identités des trois enfants tout comme celles des parents sont intrinsèquement liées et imbriquées dans leur relation aux autres, que l'Autre représente la société (le regard porté sur l'immigré, la femme carriériste...)  ou la famille qui par le pouvoir des figures d'attachement que sont les parents, peut mettre un poids bien trop grand sur les épaules de sa progéniture.

N'attendez pas un polar car à mesure que la lecture du livre se fait, le lecteur n'a plus de doutes à propos des causes de la mort de Lydia. Pourtant à mesure que les personnages prennent plus de profondeur, la prise de conscience de leur part de responsabilité se fait plus aiguë.

Chacun se bat avec ses souffrances, ses deuils et aspirations impossibles ; la jalousie n'a pas de place. Ici il est question de l'identité de soi face à l'autre.

Cette oeuvre est différente et particulièrement réussie, d'autant plus qu'il s'agit d'un premier roman où le regard sociologique éclaire particulièrement la psychologie des personnages.

 

J'ai lu ce livre dans le cadre du Prix Relay des voyageurs (une sélection de quatre romans reçus grâce à Babelio) et pour lesquels nous sommes tous invités à voter.

Tout ce qu'on ne s'est jamais dit, de Céleste Ng

Editions Sonatines, 2016.

Publié dans Thriller, Roman, Prix Relay

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Les cahiers d'Esther, de Riad SATTOUF

Publié le par Alice

Les cahiers d'Esther, de Riad SATTOUF

La mystérieuse préadolescence... une série de planches uniques pour croquer les 10 ans d'Esther, qui n'a pas d'Iphone 6 (et qui est le seule à ne pas en avoir à son plus grand regret et pour sa plus grande obsession).


Le regard porté sur les adultes ne manque pas de piquant ni de véracité. C'est drôle, tendre et inquiétant.


Je me dis que décidément je suis soulagée de ne pas avoir de fille, et que beaucoup de références m'échappent car décidément, je n'ai plus 10 ans émoticône wi


Toutefois ça peut être un cadeau sympa pour une petite préado.

Publié dans Bande Dessinée, 3-5

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Le mystère Henri PICK, de David Foenkinos

Publié le par Alice

Le mystère Henri PICK, de David Foenkinos

Delphine, une jeune éditrice, découvre que la bibliothèque de son enfance recèle un véritable trésor : un espace dédié aux livres refusés par les maisons d'éditions que leurs auteurs sont venus déposer et archiver.

Parmi ceux-ci, elle et son compagnon (écrivain qui a publié son premier roman sans succès) découvrent LA perle rare, un manuscrit qui, elle en est certaine, sera publié à des centaines de milliers d'exemplaires. L'auteur de ce roman est mort, et c'est sa veuve et sa fille qui peinent à croire qu'Henri, ce propriétaire d'une pizzeria, très peu porté sur les lettres, a pu écrire ce roman plein de sentiments et de références littéraires russes.

Evidemment une fois publié le roman connaît un succès et remet en cause la vie du village breton, mais aussi de tous ceux qui ont approché de près ou de loin, la bibliothèque des livres refusés... Reste à élucider, pour certains, la question de l'auteur car le fait que ce soit Henri Pick ne convainc guère.

Bon. Comment dire? Il ya quelque chose dans l'écriture de David Foenkinos qui me gêne profondément  et je crois avoir compris. En fait, il ne peut s'effacer pour laisser la place aux personnages. Il a besoin d'exister, de marquer sa présence dans le roman, ce qui donne lieu à des digressions, des commentaires, des explications incessantes. Les personnages n'ont plus beaucoup de consistance, même psychologique puisque l'auteur ne leur en laisse pas la place.

Finalement, il y a une mise en abyme, qui pourrait être intéressante si elle était volontaire, avec ce roman en quête de héros. Je ne saurais dire quel est le personnage le plus abouti, qui est le héros, de Delphine, de Joséphine, de Jean-Michel Rouche. Le narrateur omniscient, qui n'est pas l'auteur, regarde, raconte l'histoire avec distance, comme s'il cherchait lui-même son héros, tout comme finalement l'intrigue de l'histoire, qui consiste à retrouver l'auteur de ce fameux roman.

La pirouette finale (à condition de terminer la lecture du livre), donne sens au récit et à l'intrigue. Malheureusement c'est presque trop taard, car je suis encore étonnée d'avoir terminé le livre sans avoir renoncé au cours de la lecture.

C'est un roman plein de bons sentiments, un roman que l'on pourrait classer dans ce genre qui semble avoir le vent en poupe "le feel good". Bref, je me suis ennuyée et j'ai trouvé l'écriture "niaise" avec cette volonté non dissimulée de chercher sans cesse la formule qui fait mouche, la citation que les critiques reprendront facilement.

" Après le rose du tailleur de Magali, son enquête prenait la forme d'une variation de couleurs au sein d'une même gamme."

 

"Publier un roman qui ne rencontre pas son public, c'est permettre à l'indifférence de se matérialiser".

Publié dans Roman, 1-5

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