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Le village, de Dan SMITH

Publié le par Alice

Le village, de Dan SMITH

Quatrième de couverture

Sur la piste d'un tueur en série dans la Russie de Staline.

Hiver 1930. Vyriv, un petit village isolé de l'ouest de l'Ukraine. Dans la steppe enneigée, Luka, vétéran de la guerre de Crimée, recueille un homme inconscient. Dans son traîneau, deux corps d'enfants atrocement mutilés. Lorsque Luka revient au village, les habitants s'affolent. Avec l'arrivée au pouvoir de Staline, la paranoïa règne. Dans cette petite communauté jusqu'ici préservée, tout le monde craint l'arrivée de l'Armée rouge et des activistes. La venue de cet étranger n'annonce-t-elle pas un péril plus grave encore ? Luka n'aurait-il pas fait entrer un monstre dans le village, un assassin d'enfants, l'incarnation du mal ? Quand une fillette du village disparaît, Luka promet solennellement de la retrouver. À travers les étendues gelées de cette région hostile déchirée par la guerre et la brutalité, où la survie est un souci de chaque instant, il se lance alors à la poursuite d'un prédateur particulièrement retors.

Un héros d'une humanité rare, un sens du réalisme et de l'authenticité quasi documentaire, une traque impitoyable dans des conditions extrêmes, avec Le Village, Dan Smith nous entraîne au cœur des ténèbres de l'âme humaine. Dressant un portrait aussi juste qu'effrayant des débuts du stalinisme, il atteint avec une force d'émotion et une tension permanentes une maîtrise romanesque qui fait de ce thriller inouï, déjà salué par une critique unanime, un classique immédiat.

 

Voilà pourquoi j'ai aimé :

Le village est un polar humain, où les sentiments et la psychologie se font la part belle. Les actions des personnages et en particulier du père de famille, ancien soldat, vétéran de la guerre de Crimée, parti à la recherche de sa nièce enlevée, sont précédées de moments d'introspection, de prise de conscience.

Dans cet univers, le climat et les menaces ennemies sont au coeur de la vie du village et des habitants, Luka évalue l'humanité de ses actions et celles de ses concitoyens avant de céder aux excès de la peur. Y aurait-il des meurtres et des atrocités plus légitimes parce qu'elles se font sous couvert de la guerre et d'un enrôlement? Qu'est-ce qui est juste? humain? Au nom de quoi peut-on décider de la vie ou de la mort d'autrui?

Ce thriller n'est pas de ceux qu'on lâche facilement. L'action est réduite à l'essentiel : une marche à travers le paysage gelé, enneigé, à la poursuite d'une ennemi quasi invisible. Il n'est pas question de vie mais de survie, l'intrigue est sans fioritures, brute, à l'image des conditions dans lesquelles évoluent les protagonistes.

L'angoisse monte à mesure que le contexte historique est mis en place : la menace de l'invasion de l'Armée rouge, et des atrocités que leur arrivée génère. On pourrait penser que Le village est à mi-chemin entre le document et la fiction.

On ferme ce livre glacé par l'horreur, par cette vie où l'on imagine le froid qui s'engouffre entre chaque page, où l'on reste dans la perplexité de ces idéaux Staliniens qui menaient à la mort certaine ceux qui n'avaient déjà rien.

 

Publié dans Polar

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Nymphéas noirs, de Michel BUSSI

Publié le par Alice

Nymphéas noirs, de Michel BUSSI

Dois-je vous présenter l'auteur, Michel Bussi, qui serait l'un des 10 auteurs les plus vendus en France cette année?

Manifestement je ne serai pas sur les rangs de ses admiratrices... c'est le second roman de lui que je lis (Un avion sans elle étant le premier) et on m'avait vivement conseillé celui-ci, le meilleur.

C'est vrai que ses romans se lisent facilement sûrement trop à mon goût. Il y a un côté "gentillet" qui m'ennuie profondément. Les personnages sont creux, leur psychologie est peu travaillée, grossière. Les descriptions des personnages caricaturales, voire grotesques, la description de l'institutrice aux "yeux pastel aux teintes de nymphéas épousent toutes les nuances de bleu et mauve, selon le soleil" étant quand même le summum de la niaiserie. Je ne les comprends pas ces amoureux transis, ces soi-disant meurtriers.

Il y a tout un pan de l'intrigue qui m'a échappée et sa construction m'a laissée perplexe. Tout ça pour ça finalement... Je n'ai pas été tenue en haleine par le dénouement, j'ai même failli fermer le livre définitivement chaque soir de la semaine.

J'ai sans doute été dupée par le titre et le lieu de l'intrigue. Je m'attendais à du Monet, je voulais du Monet, qu'on me parle plus encore de lui et qu'il s'intègre à la résolution de manière concrète.

Voilà je suis quasi certaine que c'est le dernier ouvrage de Bussi que j'ouvrirai.

 

Publié dans Polar

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L'homme de la montagne de Joyce MAYNARD

Publié le par Alice

L'homme de la montagne de Joyce MAYNARD

Quatrième de couverture : Eté 1979, Californie du Nord. Rachel, treize ans, et sa soeur Patty, onze ans, se préparent à passer leurs vacances à vagabonder dans la montagne comme d'habitude. Echappant à la surveillance d'une mère aimante mais neurasthénique depuis son divorce, et d'un père amoureux de toutes les femmes, le flamboyant inspecteur de police Torricelli, elles se cachent dans les arrière-cours pour regarder la télé par la fenêtre des voisins, inventent blagues et jeux à n'en plus finir, rêvant de l'inattendu qui pimenterait leur existence. Et l'inattendu arrive. Cauchemardesque, une succession de meurtres de jeunes femmes, tuées dans la montagne selon un même mode opératoire : la chasse à l'Etrangleur du crépuscule commence, menée par l'inspecteur Torricelli. Trente ans plus tard, Rachel, devenue une célèbre romancière, raconte cette quête épuisante. Après quinze meurtres, le tueur de la montagne a disparu. Un jour, pourtant, les deux soeurs s'étaient trouvées face à lui. Fantasme de gamines hystériques, avaient déclaré les autorités. Depuis lors, Rachel s'est donné pour mission de retrouver cet homme. Et le dénouement, le lecteur le vivra en direct, de surprises en retournements. Joyce Maynard a écrit une belle et lyrique histoire d'amours rythmée par les tubes des années soixante-dix : celui qui règne entre le père et ses filles, celui qui unit à jamais les deux soeurs.

 

Rachel est une adolescente qui se languit de voir son corps changer. Eprise de liberté et d'aventure, livrée à elle-même avec sa soeur si différente et si complémentaire, leur imagination font d'elles des héroïnes que l'on suit avec bonheur.

Cet été, celui où un tueur en série s'en prend aux jeunes femmes qui s'aventurent dans la montagne adossée à la maison des adolescentes, c'est celui au cours duquel leur rapport aux hommes va changer.

Il s'agit du regard qu'elles portent sur leur père, séduisant inspecteur faisant honneur à la réputation de ses origines italiennes, mais aussi du regard porté sur les relations sentimentales, et sexuelles entre les hommes et les femmes, par le biais des viols commis sur les jeunes femmes . Il s'agit aussi du “petit ami” de Rachel sans consistance, qui se complait à lui tripoter les seins sans existence.

C'est un beau roman, plein de pudeur, de douceur et d'intelligence sur un passage de la vie, sur l'énergie des histoires qu'on se raconte quand on a un 15 ans. Joyce Maynard a su raconter avec brio ces rêves, cette inconscience que l'on a quand on a peur de rien, de personne et qu'on se croit immortelle.

C'est la nostalgie de cette liberté qu'évoque le roman, cette fougue faite de gravité car, à cet âge, tout est important, et tout prend une dimension dramatique, les ideaux auxquels ont croit comme les renoncements qui s'imposent.

 

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Gabrielle, d'Agnès VANNOUVONG

Publié le par Alice

Gabrielle, d'Agnès VANNOUVONG

Quatrième de couverture : Je voulais un enfant. On voulait tous des enfants. On quittait doucement les rives de la trentaine, médusés, un peu abîmés. On avait fait des choix de vie, et la liberté avait un prix. Il suffisait de se regarder, là, de près, pas besoin de loupe, l'effet de réel agrandissait les blessures, les rides aux coins des yeux, le pli sur le front, les mèches blanches, à l'oeil nu. On avait nos vies égoïstes et confortables, nos sorties, les bistrots, les verres, les concerts, le théâtre, le cinéma. De la culture et de l'émotion sans limites. Il nous manquait pourtant quelque chose. On voulait transmettre, procréer, vivre une aventure hors de soi, donner la vie, éduquer des enfants.
Après avoir été longtemps célibataire, Gabrielle, l'héroïne du roman d'Agnès Vannouvong, aspire désormais à devenir mère. Quand elle rencontre Hortense, c'est l'amour fou. Mais Hortense a vingt ans de plus que Gabrielle, elle a déjà une fille, et n'envisage pas les choses du même point de vue. De leur côté, François et Malik vivent ensemble depuis longtemps. Ils incarnent la stabilité et la fidélité, le couple modèle. La vie commune n'a pas émoussé leur désir : eux aussi souhaitent construire une famille.
Agnès Vannouvong brosse le portrait d'une génération. Intégrant les nouvelles formes de parentalité et de filiation, elle compose avec humour et tendresse le roman familial de notre époqu
e.

 

C'est une histoire d'amours ; en fait deux histoires d'amour. D'une femme qui aime une autre femme et d'un homme, brun de peau, qui en aime un autre, prof.

C'est aussi l'histoire de ce que la société, la famille attend de chacun, de la place qu'il est censé tenir.

Sur fond de "mariage pour tous", il est question aussi du désir d'enfant pour tous.

 

Laure, Britney, Gabrielle, trois femmes de ma génération, avec les 40 ans en ligne de mire qui, après avoir goûté la liberté professionnelle, culturelle, amoureuse et sexuelle, cherchent à créer leur avenir avec un désir de maternité auquel elles n'ont pas renoncé, mais avec une conception du couple complètement "hors normes socialement" puisque destrcutée et destructurante.

Gabrielle tombe follement amoureuse d'Hortense, mais Hortense a 47 ans, une fille de 10 ans et évidemment pas les mêmes projets familiaux.  Gabrielle est incapble de lutter contre cette passion dévorante ; pourtant ce roman est aussi celui de la séparation. Le rythme de la narration s'accélère quand leur histoire se brise, finalement  c'est la vie qui s'accélère pour Gabrielle, les décisions à prendre et à ne pas prendre, et ces 40 ans qui arrivent toujours plus vite.

C'est un roman de parisiens bobos.

Entre le modèle familial et cet article expliquant qu'aujourd'hui aux Etats-Unis la norme est aux deux chambres parentales, le roman se pose comme une autre alternative, existante, que beaucoup oublient.

 

L'écriture est belle, légère, sensuelle. C'est un plaisir de lire ce roman. Il y a toutefois quelques phrases qui font un flop : à trop vouloir faire mouche, il y a des formules qui cassent l'audace des images précédentes (ex: "les warnings de l'amour s'allument", "demain, grâce à la drogue de l'amour, la nuit entière aura disparu")

 

"C'est l'absence, obstinée, pire, c'est la fin de l'amour"

"Hortense, c'est dégueulasse de désaimer les gens."

"L'accouchement est la naissance du désir des désirs".

Publié dans Roman

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Une constellation de phénomènes vitaux, d'Anthony MARRA

Publié le par Alice

Une constellation de phénomènes vitaux, d'Anthony MARRA

(Attention, ceci est un ouvrage à mettre entre entre vos mains de toute urgence).

L'histoire se passe sur 10 ans, en Tchétchénie, de 1994 à 2004 - si vous suivez un peu les informations géopolitiques, il s'agit des deux guerres successives de Tchétchénie - avec l'histoire d'hommes et femmes d'un même village, qui croisent la destinée de Sonja, une femme chirurgien revenue dans son pays natal pour retrouver sa soeur, après avoir effectué ses années de médecine en Angleterre.

Le choc entre la civilisation moderne et ce pays en guerre, dangereux, sans eau, sans electricité, où manger est un luxe, est violent (y compris pour moi, lectrice, qui en a pris conscience en lisant ce roman).

C'est donc une histoire qui secoue. Qui brutalise, aussi durement que le furent ces années noires de conflit où tortures, délations aussi courantes qu'arbitraires, détruisirent les familles.

L'écriture est poétique, légère et imagée, malgré le choc des situations.

J'ai aimé tous les personnages, leur psychologie, les rêves, idéaux et souhaits qui motivent leur survie et leur co-existence. Leur vie est profondément imprégnée de souffrance, l'insouciance n'a pas sa place et pourtant, oui, les personnages sont nos contemporains, et pas si loin.

Le chaos est partout, y compris dans cet hôpital en ruine mais toujours ouvert, où les jambes sont coupées plus efficacement que les naissances sont données, il y a cette femme qui a décidé de vivre et de poursuivre son travail de résilience en dessinant sur les fenêtres occultées le paysage qu'elle voyait, avant. Avant que la guerre ôte la vie.

C'est un chirurgien qui a décidé de soigner les corps, faute de pouvoir réparer les âmes ; qui a d'ailleurs choisi de nier l'humain derrière chaque membre à soigner.

Il y a une humanité vraiment bouleversante en chaque personnage, on peut choisir de les trouver tous beaux, ou profondément faux, ou même étrangers à la souffrance de l'autre. Et pourtant Havaa est cette enfant qui personnalise l'espoir et la vie dans ces destinées poursuivies par la mort. C'est l'enfant à protéger, l'enfant qui doit vivre.

J'ai aimé aussi la délicatesse de l'auteur qui choisit de nous raconter l'histoire de chacun, une fois que l'on aura fermé les pages de ce livre, comme un ultime espoir.

 

Je n'ai pas fait un résumé très efficace de ce roman, de peur d'en dire trop. Alors je vous livre la quatrième de couverture qui achèvera peut-être de vous convaincre :

Dans un village enneigé de Tchétchénie, Havaa, une fillette de huit ans, regarde, cachée dans les bois, les soldats russes emmener en pleine nuit son père, accusé d’aider les rebelles. De l’autre côte de la rue, Akhmed, son voisin et ami de sa famille, observe lui aussi la scène, craignant le pire pour l’enfant quand les soldats mettent le feu à la maison. Mais quand il trouve Havaa tapie dans la forêt avec une étrange valise bleue, il prend une décision qui va bouleverser leur vie. Il va chercher refuge dans un hôpital abandonné où il ne reste qu’une femme pour soigner les blessés, Sonja Rabina.
Pour Sonja, chirurgienne russe talentueuse et implacable, l’arrivée d’Akhmed et de Havaa est une mauvaise surprise. Exténuée, débordée de travail, elle n’a aucune envie de s’ajouter ce risque et cette charge. Car elle a une bonne raison de se montrer prudente : accueillir ces réfugiés pourrait compromettre le retour de sa sœur disparue. Pourtant, au cours de cinq jours extraordinaires, le monde de Sonja va basculer et révéler l’entrelacs de connexions qui lie le passé de ces trois compagnons improbables et décidera de leur destin.À la fois récit d’un sacrifice et exploration du pouvoir de l’amour en temps de guerre, Une constellation de phénomènes vitaux est surtout une œuvre portée par le souffle profond de la compassion, vers ce qui doit être et ce qui demeure".

 

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Vongozero, de Yana Vagner

Publié le par Alice

Vongozero, de Yana Vagner

Quatrième de couverture

« Ce qui me sautait aux yeux à présent, c était l absence de gens dans la rue. »
La survie d une femme, entre récit post-apocalyptique et thriller psychologique.

Anna vit avec son mari Sergueï et leur fils Micha dans une belle maison isolée près de Moscou. Un virus inconnu a commencé à décimer la population. Dans Moscou en quarantaine, la plupart des habitants sont morts et les survivants porteurs de la maladie ou pillards risquent de déferler sur les alentours. Anna et les siens décident de s enfuir vers le nord, pour atteindre un refuge de chasse sur un lac à la frontière finlandaise : Vongozero. Bientôt vont s agréger à leur petit groupe des voisins, un couple d amis, l ex-femme de Sergueï, un médecin... Le voyage sera long, le froid glacial, chaque village traversé source d angoisse, l approvisionnement en carburant une préoccupation constante.

Tensions nées d une situation extrême, perte de repères, jalousie, promiscuité, peur... Plongée dans un exode moderne au coeur d une Russie dévastée, Anna décrit avec une grande justesse les rapports entre ces onze personnes réunies par la néces
sité.

 

Comme j'ai aimé l'atmosphère de ce roman où seul compte le moment présent : de cette “maison de poupée” confortable au 4x4 confortable, les protagonistes se confrontent pourtant à la réalité violente, angoissante de la Russie décimée.

Peu importe qui ils étaient avant. Seule compte l'issue, censée les sauver du virus meurtrier.

 

Malgré le fait que les péripéties qui peuvent subvenir à une douzaine de personnes traversant la Russie enfermées dans des voitures adaptées ne sont pas innombrables, le suspens est là. On dévore les pages, ressentant leur aveuglement face à ces paysages enneigés et glacés, l'asphyxie de cette promiscuité non désirée et l'horreur du carnage des pillages et de la maladie.

 

L'histoire se situe dans une époque contemporaine : on imagine la difficulté d'abandonner le confort et les habitudes, la peur de la contamination par un virus qui personne ne parvient à endiguer.

C'est le monde qui se referme sur lui-même et s'ouvre donc vers un nouveau à recréer, celui vers lequel s'acheminent les personnages.

Les angoisses individuelles se taisent face à l'enjeu : on aurait presque envie qu'il y ait une suite. On s'attache aux personnages, à la complexité des sentiments et émotions qui les relient les uns aux autres.

C'est assez peu réaliste, ce n'est pas de l'anticipation mais ça fonctionne, et vraiment bien.

 

 

 

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Kobra de Deon MEYER

Publié le par Alice

Kobra de Deon MEYER

Quatrième de couverture

Paul Anthony Morris, mystérieux client britannique de la guest-house d'un domaine viticole de Fransshoek, a disparu, et ses trois gardes ont été tués. Seul indice : des douilles de cartouches gravées d'une tête de cobra. Dès le début de son enquête, Benny Griessel se heurte à la réticence du consulat et de sa hiérarchie. Au Cap, le jeune Tyrone Kleinbooi dérobe sous l'œil d'une caméra de surveillance le sac d'une touriste dans la marina du port. Alors qu'ils s'apprêtent à l'interroger, les agents de sécurité sont abattus méthodiquement par un tueur cagoulé qui laisse sur place des douilles gravées d'une tête de cobra. Tyrone réussit à s'échapper en emportant son butin, mais quand, peu après, sa sœur Nadia est kidnappée, Benny le soupçonne d'être en possession d'un élément crucial. Le tueur semble être un professionnel surnommé Kobra, mais pour qui travaillerait-il ? Et Paul Anthony Morris se révèle être un brillant mathématicien, inventeur d'un logiciel permettant de repérer, dans les transactions financières mondiales, le parcours de l'argent sale issu du crime organisé et du terrorisme. Qui a commandité son enlèvement?

 

Kobra est un policier qui se lit avec plaisir, même si les premières pages m'ont laissée d'emblée sceptique.

J'ai aimé l'immersion en Afrique du Sud, en cela le roman est riche d'une culture autre, le glossaire en fin d'ouvrage contribue d'ailleurs à immerger le lecteur dans une atmosphère et une culture par le biais des subtilités liées au langage, à la couleur de peau, aux quartiers où la ségrégation règne encore.

Quant à l'intrigue, pas un moment de répit ! Beaucoup de rebondissements, une résolution brillamment menée.

Toutefois, je regrette vraiment que l'analyse psychologique des personnages soit vraiment bancale et peu crédible. Un semblant de suspens quant à la panne sexuelle du « super héros » m'a d'emblée complètement déstabilisée ; je me demande encore quel intérêt pour l'intrigue ? Montrer maladroitement qu'il a, malgré tout, des failles? Peut-être aurait-il fallu que je sois plus attachée au personnage principal en ayant lu d'autres romans dont il est le héros ? Le côté « James Bond » (d'où ma référence au super héros) m'a laissée perplexe et dubitative.

Cela m'a semblé tellement paradoxal avec l'ancrage bien réel et bien réaliste dans l'Afrique du Sud moderne!

 

Une lecture agréable mais qui se laisse trop vite oublier.

 

 

 

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La maison de Sugar Beach, de Helene COOPER

Publié le par Alice

La maison de Sugar Beach, de Helene COOPER

La maison de Sugar Beach est celle dans laquelle a grandi Helene COOPER, une enfant congo du Libéria ; c'est à dire descendante des esclaves affranchis qui achetèrent (de manière très discutable, avec l'aide des américains) la terre aux Libérians. Ses souvenirs sont ceux des privilégiés jusqu'à ce qu'un coup d'état et une guerre civile viennent renverser l'ordre établi et que la violence et la sauvagerie dirigent le pays, amenant Helene et sa famille à émigrer aux Etats-Unis.

Se créant une nouvelle vie, celle dont elle rêvait pourtant quand elle était en Afrique, Helene devient une américaine, au statut, à la cutlure et aux papiers ;

Réalisant son rêve de devenir journaliste puis grand reporter, elle efface de sa mémoire ce pays où des atrocités sont commises sous l'oeil impuissant des occidentaux, s'efforçant d'oublier sa "soeur'" et son éducation africaine jusqu'à ce que...

La maison de Sugar Beach est un récit bourré de tendresse et d'authenticité, où l'inhumanité croise l'insouciance, et où le récit historique est mêlé aux souvenirs d'enfance. C'est un beau document, qu'il faut lire.

Publié dans Document

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La réparation, de Colombe SCHNECK

Publié le par Alice

La réparation, de Colombe SCHNECK

Quel récit !

Intime et universel, : il est question du passé familial de Colombe Schneck ( journaliste) hanté par la mort de ses aîeux, juifs. Quand sa fille, Salomé, naît, c'est le passé qui resurgit car Salomé c'est aussi le prénom de sa grand-tante morte enfant dans les camps.

J'ai parcouru ce livre, émue aux larmes à de multiples reprises.

 

Sans pudeur mais avec délicatesse, l'auteure s'interroge, elle et sa vie si "superficielle", où les loisirs et sentiments semblent bien dérisoires face à l'horreur physique et psychologique qu'a vécue sa famille juive, originaire de Lituanie.

A mesure que le passé se dévoile, le questionnement de Colombe Schneck devient plus existentiel, plus absolu.

Les générations se croisent, dans les silences, les non-dits mais aussi les confidences arrachées par bribes. De l'horreur de l'holocauste, il est des mots maladroits, des questionnements vains.

Comment se (re)construire quand on a survécu? Comment conserver la volonté de vivre comme un hommage à ceux qui ont péri?

Un récit bouleversant, magnifique, qui questionne sur la famille, la maternité et ce qu'elle entraine comme bouleversements affectifs dans son sillage, quand il est question de choix, de vie et survie.

 

"Je n'ai rien à faire en Lituanie, je n'ai aucun rapport avec la Lituanie, ce qui s'est passé là-bas. Ma fille Salomé s'allonge contre moi, je m'affole. C'est peut-être la dernière fois? Elle va mourir et je n'aurai pas d'autre choix de mourir aussi. Je l'étouffe de baisers. Elle croit que c'est un jeu, elle ne sait pas que je suis son bourreau et que je me maudis."

" Quand Salomé n'est pas la première à sortir de l'école, quand j'entre dans sa chambre pour un dernier baiser, j'ai toujours peur. Est-ce qu'il ne serait pas temps d'avoir un troisième enfant? Ce serait une raison supplémentaire de vivre."

"Je pense très souvent à ce choix de ma mère et ma tante de laisser leurs enfants, de vivre. Je crois qu'elles avaient un infime espoir, toutes les mères ont cet espoir en elles, leur enfant ne peut pas mourir avant elle. (...) Et à ce moment du récit de Gila, je dois m'arrêter car ma vie en a été bouleversée."

Publié dans Roman

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