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Dans le Pavillon rouge, de Pauline CHEN

Publié le par Alice

Dans le Pavillon rouge, de Pauline CHEN

Résumé éditeur : Daiyu, provinciale de dix-sept ans, est accueillie à Pékin, au sein de la famille de sa mère qui vient de décéder. Ayant vécu simplement et sans contraintes, Daiyu est totalement déconcertée par le faste et la rigidité du palais de Rongguo où elle fait la connaissance de toute la famille Jia, des aristocrates liés à la Maison impériale. Sa grand-mère avait coupé tout lien avec sa mère, qui avait choisi de faire un mariage d'amour. Dans cette immense demeure aux multiples appartements et aux innombrables domestiques, Grand-Mère Jia, secondée et servie par Xifeng ? la femme de son petit-fils ? règne sur le gynécée qu'est la résidence des femmes où tout le monde, maîtresses comme servantes, obéit à des règles hiérarchiques strictes. Xifeng veille au bien-être de tous, gérant l'intendance et la fortune familiale. Malgré son dévouement, elle est néanmoins très vite remplacée dans le lit de son mari par une concubine, car elle n'a pas réussi à enfanter. Daiyu quant à elle tombe amoureuse de Baoyu ? brillant et imprévisible héritier de la famille ?, sans savoir que Grand-Mère Jia souhaite le marier à la sage Baochai, sa cousine, avec qui elle s'est liée d'amitié. Un meurtre, des amours illicites et un coup d'État après la mort de l'empereur précipiteront la chute de cette famille. Xifeng, Daiyu et Baochai tenteront, chacune à leur manière, de façonner leur destinée. Pauline Chen donne une nouvelle vie à un classique de la littérature chinoise du XVIIIe siècle, Le Rêve de la chambre rouge, de Cao Xueqin.

 

J'ai acheté ce roman en survolant la quatrième de couverture, attirée par la promesse de l'exotisme, et en effet l'immersion dans la Chine aristocrate du XVIII°siècle me semble bien loin de mon quotidien.

Des personnages nombreux: tous vivent dans le même domaine, compartimenté, des femmes seules aux couples mariés. Quant à la trame, il s'agit d'histoires essentiellement amoureuses avec les déclinaisons qui en découlent : trahisons/déceptions. 

La politique n'apparait que là où les personnages en sont affectés car rien de plus clos que le Palais de Rongguo. Un coup d'Etat et la famille Jia, sans les hommes emprisonnés, se trouve démunie. La Chine du XVIII° se montre alors plus dure et cruelle que celle sous les soieries et le quotidien facilité par la centaine de serviteurs.

C'est de la littérature "de vacances", celle qui a eu l'effet d'une madeleine proustienne, lorsque, adolescente, j'ai découvert l'univers de Pearl Buck.

Publié dans Roman

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Le fond de l'âme effraie, de Guy LANGLOIS

Publié le par Alice

Le fond de l'âme effraie, de Guy LANGLOIS

Résumé éditeur : À Rouen, le cadavre de l'architecte Levasseur est découvert dans sa Mercedes. Il a été assassiné de façon horrible. Après l'avoir bâillonné et ligoté, son assassin lui a tranché les veines au cutter. Seuls indices pour le commandant Pierre Bidart : le meurtrier est une femme et on a retrouvé une cordelette bicolore et un morceau de tulle blanc noué autour du rétroviseur. Une semaine plus tard, un ami de Levasseur, l'avocat Vincenot, est retrouvé dans sa BMW, saigné comme un poulet. Au domicile de la victime, Bidart découvre une photo. Les deux notables y figurent en galante compagnie, ce qui laisse entrevoir une affaire de chantage. Mais divers témoignages orientent l'enquêteur sur une autre piste, celle d'un projet de golf et d'immobilier auquel l'architecte et l'avocat étaient mêlés avec d'autres personnalités de la ville. Dès le début, l'auteur du Fond de l'âme effraie offre une piste au lecteur. Mais il s'empresse de la dynamiter habilement en mettant en scène plusieurs autres suspectes toutes aussi crédibles. Ce roman de facture classique a obtenu le prix du Quai des Orfèvres 2001. --Claude Mesplède

 

Un homme, architecte, est retrouvé assassiné dans sa voiture, mains liées, veines ouvertes et mort vidé de son sang. L'enquête s'oriente rapidement vers une meurtrière et non un meutrier.

Reste pour l'enquêteur à cibler les protagonistes féminins gravitant autour de ce cadavre : Une affaire de soirée libertine entre notables, un projet immobilier, des histoires de famille et de coeur...

Les meutres se multiplient et les liens entre les victimes sont d'emblée très clairs.

Le plaisir de lecture réside dans une immersion dans Rouen et ses alentours. Une intrigue bien menée avec une résolution moins crédible mais c'est toujours chouette de se balader dans les pages d'un terrain connu.

Les personnages sont nombreux, sans doute trop, ce qui nuit à leur cohérence psychologique, il y a comme des questions non résolues à propos de telle ou telle action, des réactions que l'on aurait aimé connaître. L'impression qui demeure c'est la superficialité de l'analyse, c'est dommage car la crédibilité en pâtit inévitablement.

La ficelle était grossière et les ressorts de l'intrigue ont été, malheureusement, trop faciles à dénouer avant les toutes dernières pages !

Publié dans Polar

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Le fils, de Philipp MEYER

Publié le par Alice

Le fils, de Philipp MEYER

Quelle densité dans ce roman fascinant et haletant.

Sur plus d'un siècle et demi, trois personnages (l'arrière grand-père, le fils, et la petite fille) évoqueront l'Amérique des grands espaces, de la conquête de l'Ouest au forage de pétrole.

De la destinée hors norme d'Eli, l'ancêtre, dont les frère et soeur et mère ont été tués, à sa captivité durant trois ans parmi les Indiens, jusqu'à la riche héritière moderne, c'est un portrait sans complaisance des américains, des "faucheurs de terres" : ces Blancs qui volèrent aux Mexicains qui eux-mêmes les prirent aux Indiens, qui se battaient entre tribus aussi pour cette même raison.

Impossible de résumer ces vies, parce que ce roman chorale est tellement dense que, même si j'ai cru m'y perdre parfois, j'ai été totalement immergée dans les traditions et dans cette histoire de l'Amérique, de la conquête de l'Ouest à la guerre de Sécession,  dominée par ces figures emblématiques et patriarcales.

Le billet d'Elodie m'avait convaincue et en effet, Le fils est un grand roman, de ceux que l'on n'oublie pas, et que l'on a envie de partager.

 

Publié dans Roman

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Sa petite chérie, de Colombe Schneck

Publié le par Alice

Sa petite chérie, de Colombe Schneck

Quatrième de couverture

Dans un roman d'amour, ils se retrouveraient et se diraient qu'ils n'ont jamais aimé personne d'autre. Peut-être même aurait-elle dit "oui" la première fois, au collège.

Ou il lui aurait demandé une deuxième fois d'être "sa petite chérie", comme elle l'espérait tant. Ils auraient été leur premier amour.

A présent, ils ont quarante ans, oseront-ils enfin le vivre?

 

Ce court roman c'est celui des premiers émois mais racontés sous le prisme de la quarantaine : les souvenirs du "M'aime-t-il?", "Et s'il me dit ça, qu'est-ce que je dois en comprendre?". 

Sauf qu'Elle ne sait toujours pas si Jean l'a aimée, ce que Jean éprouve toujours pour elle, malgré son mariage, ses aventures et ses enfants. Et bien plus que les sentiments qu'Elle éprouve pour Jean, c'est le mystère même de son amour qu'elle veut résoudre.

Ce roman est touchant, il réveille les petites filles qui sommeillent en nous, et qui croient toujours aux contes de fées, mais heureusement qu'il est court parce qu'on ne voit plus très bien ou Elle veut en venir, puisque jamais Elle ne se confronte aux sentiments de Jean ; c'est comme si leur relation était, à 30 puis 40 ans, toujours celle de leurs 15 ans.

Et puis cette chute, où on se demande "Ha, tout ça pour ça?"

Cette histoire d'amour est pathétique, peut-être comme toutes les évidences manquées...

 

"L'image de Jean devenait moins floue. "Fuis-la, elle te suit, suis-la, elle te fuit" m'aurait expliqué en riant mon père. Un simple jeu avec une règle qui ne tenait qu'en une seule ligne et je n'étais pas capable d'y jouer correctement.

Je pourrais fuir Jean, il ne s'en rendrait même pas compte."

 

"Je dis l'aimer parce que je me sens délaissée. Je vieillis, je me raccroche à cette histoire d'adolescents. Jean seul comprend que je me trompe. J'ai changé. Je suis devenue si dure, tout glisse sur moi. Je crois l'aimer, lui ou un autre, en vérité je n'aime personne d'autre que moi.

Je veux mon seul bonheur, celui des autres ne m'intéresse pas. J'aime l'idée que l'on m'aime, que l'on souffre en pensant à moi.

Je crois exister quand je reçois une lettre, un bouquet de fleurs. L'amour, c'est une histoire à deux."

 

 

(Je participe avec ce billet aux Samedi lecture de VirginieB)

Je vous rappelle aussi que vous pouvez participer au concours pour tenter de gagner une box  littéraire maison !

Sa petite chérie, de Colombe Schneck

Editions Stock, 2007

Publié dans Roman

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Vernon Subutex 2, de Virginie Despentes

Publié le par Alice

Vernon Subutex 2, de Virginie Despentes

Vernon Subutex 1 à peine refermé, je me suis lancée dans la lecture du second tome.

La suite est d'autant plus savoureuse que le premier trouve tout son sens à présent. Les nombreux personnages, largement présentés peuvent, dans ce second tome, entrer en interaction les uns avec les autres, on comprend mieux les incongruités ou les amitiés qui unissent tel ou tel protagoniste.

Les éléments s'imbriquent naturellement pour mon plus grand plaisir de lectrice.

Alors que ce tome devrait et pourrait être plus tragique que le premier, puisqu'il s'agit pour le héros, Vernon Subutex, de vivre dans la rue, avec les souffrances physiques et morales que cela induit, tout cela est transcendé par l'aura, dont chacun est surpris, y compris lui-même, qui le précède.

On perd un peu de vue ses considérations morales (ou amorales), pour entrer davantage dans la conscience des personnages que l'on aurait pu penser secondaires dans le premier tome.

Vernon gourou à son insu? Il règne un bien-être moral et affectif, dont les pétards que les personnages fument à longueur de journée, n'en sont pas la cause. Vernon Subutex 2 prend un virage inattendu. Rien n'est léger mais un nuage plutôt rose est suspendu, et le reste, durant toute la lecture du roman. Pourtant pas un gramme de niaiserie et l'observation (et la critique) acerbe de notre société omniprésente, et ça j'aime : l'ancrage du récit dans la réalité française, et ça donne à réfléchir.

 

" Elle n'a pourtant pas besoin d'insister pour qu'on s'intéresse à elle, ici, le voile produit son effet. Dans l'assistance, on la dévisage, certains se demandent si elle est en avance pour faire le ménage, d'autres louent ces minorités qui cherchent à s'instruire, il y en a qui rangent leurs sacs, d'autres la fixent en se demandant si elle cache une bombe dans la poche arrière de son jean et les plus radicaux doivent s'interroger en chuchotant "on ne peut pas la faire sortir? Elle a le droit? T'es sûr?" Aïcha est une preuve ambulante que l'accessoire est capital, dans le look."

 

"Dans la fonction publique, c'est comme ailleurs : tout pour les cadres. Il a fallu en nommer de plus en plus, les payer de mieux en mieux, accumuler les privilèges, et tout ce qui leur a été octroyé a été volé aux agents d'en bas. Ceux qui font vraiment leur travail. Bougres d'imbéciles, comment peuvent-ils ne pas comprendre qu'on les monte les uns contre les autres, quand on les chauffe à blanc pour qu'ils cognent sur leurs voisins de palier? Les banques vident les caisses de l'Etat sous prétexte qu'elles ont fait des conneries, on collectivise les déficits, on privatise leurs bénéfices, et ces connards de citoyens réclament une raclée pour les Roms.

Mélenchon est meilleur que Marine, sur tous les plans. Son seul problème, pour plaire, c'est qu'il n'est pas raciste. Les gars se sont tellement fait nettoyer la tête depuis dix ans, que le seul truc qui les obsède, c'est pouvoir dégueuler leur haine du bougnoule. On leur a confisqué toute la dignité que des siècles de lutte leur avaient conférée, il n'y a pas un moment dans la journée où ils ne se sentent pas traités comme  des poulets qu'on plume, et la seule putain de combine qu'on leur a vendue pour se sentir moins nuls, c'est de brailler qu'ils sont blancs et qu'à ce titre ils devraient avoir le droit de mater du basané. Et de la même façon que les gamins de banlieue crament les voitures en bas de chez eux et n'attaquent jamais le XVI°, le Français précaire tape sur son voisin de transport en commun. Il reste docile même dans ses agacements : à la télé, la veille, on lui a fait savoir qu'il y avait plus dégradé que lui, plus endetté, plus misérable : le Noir qui pue, le musulman qui pue, le Rom qui vole. Tandis que ce qui constituait la véritable culture de ce peuple français, les acquis sociaux, l'Education nationale, les grandes théories politiques a été démantelé, consciemment - le tour de force de cette dictature du nanti aura été sa manipulation des consciences."

Publié dans Roman

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Mon expérience de jurée au Grand Prix des lectrices ELLE

Publié le par Alice

Si vous aimez lire passionnément, je vous conseille vivement d'envoyer votre candidature pour être jurée de ce Prix littéraire.

Je m'étais lancée sans trop y croire vraiment en mars 2014, rédigeant une critique et citant les derniers livres lus. Et puis, la lettre officielle : être sélectionnée avec les 100 autres jurées pour cette grande aventure.

J'étais jurée de septembre. J'étais chargée de noter et commenter 7 livres en 8 semaines, afin que les jurées des autres mois reçoivent les 3 "meilleurs" de la sélection de mon jury.

Chaque mois donc, durant 8 mois, j'ai reçu 3 livres, un roman, un document, un policier que les autres jurés avaient jugés meilleurs que les 4 autres.

J'ai lu beaucoup d'auteurs, de livres aux maisons d'édition que je n'aurais pas découvertes seule. J'ai échangé des centaines de lignes sur le groupe Facebook qui avait été créé pour l'occasion, lu des dizaines de lignes sur le blog Elle. Il m'est arrivé une fois de ne pas pouvoir terminer la lecture d'un livre tant je m'ennuyais, alors que d'autres ont beaucoup aimé le document (La fille derrière le rideau de douche de Robert Graysmith)

C'était une expérience réellement extraordinaire, une chance folle. J'ai "travaillé" pour argumenter mes avis qu'ils soient positifs ou négatifs, car nos impressions de lectrices sont souvent tellement différentes : défendre un roman qui nous a transportées, évoquer la déception de la chute de tel autre, sans dénigrer l'avis de nos co-jurées. Quel exercice de réflexion et d'écriture !

Et puis il y a eu cette énorme déception de n'avoir pu me rendre à la cérémonie de remise des prix, rencontrer les auteurs lauréats, les jurés avec lesquels nous avions tant échangé durant des mois, et prendre conscience que cette expérience inouïe est terminée... et qu'il me faudra attendre trois ans avant de tenter à nouveau ma chance !

Il me reste les souvenirs de papier avec ces livres précieusement rangés dans ma bibliothèque, cet exemplaire de Elle me citant (ainsi que d'autres jurées de septembre) à propos d'un roman qui m'avait transportée, Prières pour celles qui furent volées de Jennifer Clément.

Les vainqueurs de cette édition du Grand Prix littéraire Elle ne sont peut-être pas ceux que j'aurais choisis mais c'est toujours fatteur de les voir aujourd'hui en tête de gondole dans les librairies, portant le bandeau "Prix des lectrices Elle", un prix auquel moi aussi j'ai contribué !

 

Voici donc les lauréats :

Mon expérience de jurée au Grand Prix des lectrices ELLE

Et voici mon classement :

 

CATEGORIE ROMAN

Prières pour celles qui furent volées, de Jennifer Clément (Flammarion)

Les douze tribus d'Hattie, d'Ayana Mathis (Gallmeister)

Une constellation de phénomènes vitaux, d'Anthony Marra (JC Lattès)

L'homme de la montagne, de Joyce Maynard (Philippe Rey)

L'exception, d'Audur Ava Olafsdottir (Zulma)

Constellation, d'Adrien Bosc (Stock)

Les Grands, de Sylvain Prudhomme (L'Arbalète/Gallimard)

Flora de Gail Godwin (Joëlle Losfeld) 

 

CATEGORIE DOCUMENT

Mon année Salinger, de Joanna Smith Rakoff (Albin Michel)

Molière à la campagne, d'Emmanuelle Delacomptée (JC Lattès)

L'institutrice d'Izieu, de Dominique Missika (Seuil)

La robe de Hannah, de Pascale Hugues (Les Arènes)

L'oural en plein coeur, d'Astrid Wendlandt (Albin Michel)

Derrière la grille, de Maude Julien (Stock)

Les inoubliables, de Jean-Marc Parisis (Flammarion)

Dans cette catégorie, seuls trois ouvrages m'ont semblé assez intéressants pour obtenir une note supérieure à la moyenne. 

 

CATEGORIE POLICIER

Vongozero, de Yana Vagner (Mirobole Editions)

L'oubli, d'Emma Healey (Sonatine Editions)

Le village, de Dan Smith (Cherche Midi)

Angor, de Franck Thilliez (Fleuve Noir)

Fenêtre sur crime, de Linwood Barclay (Belfond)

La faute, de Paula Daly (Cherche Midi)

Kobra, de Deon Meyer (Seuil)

Une sélection très hétéroclite : des thrillers, des romans à suspens plus psychologique, chaque mois la surprise était totale et les auteurs, des valeurs sûres.

 

 

Je vais publier dans les jours prochains mes critiques que j'avais rédigées pour envoyer à Elle, et les identifier dans la catégorie "Grand prix des lectrices Elle" pour vous permettre de les retrouver plus facilement.

 

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Vernon Subutex 1, de Virginie Despentes

Publié le par Alice

Vernon Subutex 1, de Virginie Despentes

Quatrième de couverture 

QUI EST VERNON SUBUTEX ?

Une légende urbaine.

Un ange déchu.

Un disparu qui ne cesse de ressurgir.

Le détenteur d’un secret.

Le dernier témoin d’un monde disparu.

L’ultime visage de notre comédie inhumaine.

Notre fantôme à tous.

 

 

Despentes et son art de décrire la société d'aujourd'hui dans ses travers, ses désillusions et ses loosers, et ce langage toujours si juste...

C'est dramatique et caustique. Désespérément actuel avec des héros qui ne cherchent même plus à courir après leur bonheur, réparant à coups de pansements déjà collés et recollés les débris d'une jeunesse passée.

J'ai mis un peu de temps avant de m'attacher au héros, Vernon Subutex, ancien disquaire d'une boutique "Revolver" qui s'est fait aspirer par l'essor des nouveaux supports. Sans boulot et donc sans argent, viré de son appart, squattant chez ses amis et connaissances de toujours.

D'appart en maison, les hôtes (plus ou moins ravis de l'arrivée de Vernon Subutex dans leur quotidien) sont des occasions pour Despentes de dresser des portraits haut en couleurs : du costaud violent qui à force de coups a laissé filer sa femme et ses deux fils, jusqu'au producteur flippé, à la clocharde aux cheveux orange et au verbe haut qui l'initie à l'art de mendier "intelligent". On prend du plaisir finalement à découvrir tous ces hommes et ces femmes cassés par la vie, malgré l'argent, malgré la famille, malgré la naissance...

 

Ce héros sans prétention (et sans aspiration) m'a donné envie d'entamer juste après le second tome du roman.

 

"Sa bulle est confortable. Il y survit en apnée. Il réduit chaque action à son minimum. Il mange moins. Il a commencé par alléger le dîner. Une soupe aux nouilles chinoises, séshydratée. Il n'achète plus de viande, les protéines c'est pour les sportifs. Il mange essentiellement du riz. Il en fait provision par sacs de cinq kilos, chez Tang Frères. Il diminue les cigarettes - il repousse la première, il attend pour la deuxième, il se demande après le café du matin s'il a vraiment envie de la troisième. Il met ses mégots de côté, que rien ne se perde. Il connaît, autour de chez lui, les entrées de bureaux, là, où les gens sortent en griller une dans la journée et il lui arrive de passer et de ralentir, il ramasse les mégots les plus lons. Il se sent comme un vieux feu, dont les braises se réveilleraient parfois sous un coup de vent, mais jamais suffisamment pour embraser le petit bois. Un foyer agonisant."

Publié dans Roman

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Une fille parfaite de Mary KUBICA

Publié le par Alice

Quatrième de couverture : « Je la suis depuis plusieurs jours. Je sais où elle fait ses courses, où elle travaille. Je ne connais pas la couleur de ses yeux ni comment est son regard quand elle a peur. Mais je le saurai bientôt. »
Incapable de dire non au séduisant et énigmatique inconnu qu’elle vient de rencontrer dans un bar, Mia Dennett accepte de le suivre jusqu’à chez lui. Sans savoir qu’elle vient de commettre une grave erreur. Et que rien, jamais, ne sera plus comme avant. Suspense psychologique envoûtant, Une fille parfaite possède une écriture affûtée, nerveuse, qui sait faire naître peu à peu une émotion bouleversante. Dans ce récit à trois voix, les apparences sont trompeuses, jusqu’à la révélation finale : un uppercut en plein cœur.
Vous n’oublierez pas Une fille parfaite. Vous n’oublierez pas Mi
a.

 

Mia Dennett, une jeune femme se fait enlever, sans doute parce qu'elle est la fille d'un juge puissant et riche. Pourtant, son ravisseur ne la livre pas aux commanditaires du rapt, décidant de lui sauver probablement la vie, ou au moins de lui épargner les violences en tous genres. Il l'emmène donc dans un cabanon complètement isolé et au confort plus que rudimentaire, alors que l'hiver débute.

Parallèlement, par le biais des récits croisés de l'enquêteur et de la mère de Mia, on prend conscience de l'absence d'humanité du père, autoritaire et intolérant à toute forme de prise de liberté (professionnelle, personnelle). C'est un homme odieux qui ne semble tout d'abord pas convaincu par la thèse de l'enlèvement.

Sa femme elle, déplore l'éloignement que sa fille lui a imposé, la distance prise avec sa famille qui lui ressemblait si peu. Elle prend alors pleinement conscience de l'amour qu'elle lui porte et de la vacuité de sa vie.

Et puis, il y a le ravisseur, un jeune homme à la vie brisée par un père violent, la maladie de sa mère et qui, de mauvaise rencontre en mauvaise rencontre, est entré par "obligation" sur le chemin de la délinquance. Lui raconte le présent, du moment où il guette sa proie, aux derniers instants avec la jeune femme.

Ce roman est en effet écrit à 3 voix  (celle de l'enquêteur, Gabe, celle de la mère de la victime, Eve, et celle du ravisseur, Colin) et sur deux périodes, celle de l'avant, durant la période où Mia fut enlevée, et l'après, lorsque les souvenirs de la captivité semblent avoir disparu.

La construction est originale, l'intérêt grandissant au fil des pages (les 50 premières m'ont paru assez lentes). Finalement, ce sont les tout dernières, très surprenantes, qui invitent à la réflexion et à la déconstruction de l'intrigue.

tous les livres sur Babelio.com

Une fille parfaite de Mary KUBICA

Editions Mosaïc, 2015

Publié dans Polar, Thriller

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Un hiver à Fécamp, de Gabriella COFFANO

Publié le par Alice

Un hiver à Fécamp, de Gabriella COFFANO

Quatrième de couverture : Au retour du front de l'Est à cause d'une blessure, un soldat allemand s'attend à vivre paisiblement à Fécamp, loin du théâtre des opérations, la fin d'une guerre impossible à gagner, difficile à terminer.

Mais le théâtre des opérations s'est lui aussi déplace, loin de la Russie. C'est en Normandie, sous les cris des mouettes que se prépare le dernier acte. Une partie de poker menteur où s'invitent résistants soldats et civils et où se croisent amitiés et trahisons.

 

L'histoire se situe à la fin de la guerre, le héros, ce soldat allemand, le sous -lieutenant Edgar Werner est usé par la guerre, il boite, souffre et attend paisiblement de rentrer chez lui, en renouant avec la France qu'il aime tant.

Cette francophilie (que l'on retrouve dans les descriptions des paysages normands) contribuera à lui faire perdre de vue les intérêts et les objectifs nazis qui devraient être les siens. Suite à un attentat commis sur une voiture SS avec deux soldats et un résistant à bord, Edgar devra tout d'abord mener l'enquête avec un policier français, et la résolution le fera plonger au coeur de la résistance.

En effet, parallèlement à l'univers d'Edgar, un réseau bien organisé de résistants, que la jeune Laure intègre, attend impatiemment le moment de diffuser la nouvelle du débarquement allié, après l'échec de celui de Dieppe en 42.

Ce roman nous tient en haleine, entre la petite histoire et la grande, le personnage d'Edgar est au coeur de ses contradictions, entre ce pays qu'il chérit tant et ses convictions politiques qui se voient fragilisées au fur et à mesure des pages.

 

" Dans le chaos fébrile de ses pensées, il y avait, presque inconsciente, l'idée d'une rédemption : sauver de nombreuses vies innocentes... Etre pardonné...mais de quoi?... Après tout il n'était qu'un soldat qui avait fait son devoir, obéi aux ordres...

Mais une sensation intime de remords, qui s'était enracinée depuis le début de la guerre, affleurait toujours.Il y avait quelquechose de plus : une exigence souterraine le poussait à commettre un acte irréparable, un geste punitif, de refus envers ceux qui lui avaient volé sa jeunesse l'avaient entrainé là, loin de ce qu'il aimait, de ses intérêts les plus chers.

Mais, au fond, il savait bien que ce n'était pas la complète vérité : il avait participé volontiers, il s'était amusé, il avait cru, oh combien, au destin de la race aryenne, il avait contribué activement, avec sa jeune fiancée, à la diffusion de la pensée nazie."

 

Un hiver à Fécamp, de Gabriella COFFANO

Editions des Falaises, 20 février 2015

7 euros.

Publié dans Polar

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Sélection polars de poche pour l'été (+concours)

Publié le par Alice

Sélection polars de poche pour l'été (+concours)

A petits prix puisque publiés en collection poche (moins de 10 euros), voici une sélection d'été organisée en trois thèmes : polars, romans et documents. Je commence aujourd'hui la sélection "polars".

J'organise aussi pour fêter la création de ce blog (un peu tardivement il est vrai), un concours pour remporter un petit colis littéraire "maison", composé de quelques livres et quelques surprises.

 

SÉLECTION POLARS (qui font froid dans le dos)

Impossible de ne pas évoquer Meurtres pour rédemption, le roman de Karine GIEBEL

On étouffe, on gémit, on pleure, on se sent mal, on souffre, on ressent les coups, l'espoir, la terreur et la colère. 1000 pages avec Marianne, jeune femme à vif, incarcérée à perpétuité et qui refuse son sort, qui ne se reconnait pas dans le monstre qui sommeille en elle. La violence et la mort au bout des doigts, un "animal" qui n'a jamais connu tendresse et bienveillance.

Un livre qui agit comme une bourrasque, il m'a fait perdre le souffle, m'entraînant un peu plus loin dans un univers noir.

Un polar saisissant qu'il faut lire.

 

Travail soigné de Pierre Lemaître

Camille Verhoeven, enquêteur atypique, va se trouver au centre d'une affaire de meutres particulièrement horribles, dont l'ingéniosité du criminel n'a pas de limites...

L'auteur est une valeur sûre et d'autres titres comme Alex, ou Robe de mariée ne devraient pas vous décevoir non plus.

 

Vertige de Franck Thilliez

Voilà bien un roman anxyogène : trois hommes ont été enfermés malgré eux dans une grotte, sous la montagne. Humidité, froid, manque de nourriture, les conditions extrêmes dans lesquelles ils survivent s'apparentent à une torture physique et mentale.

Expient-ils des fautes passées? Un court roman qui coupe le souffle.

 

Mapuche de Caryl Férey

Impossible de quitter les lignes de ce roman du regard. Un héros abîmé par la vie qui panse ses blessures en cherchant à rétablir la justice ; le hasard lui fera rencontrer une compagne de route (et d'enquête) toute aussi brisée.

L'histoire se passe dans l'après dictature argentine et la prise de pouvoir de Videla : c'est donc la génération suivante (dont la torture a décimé les familles) qui part en quête de son passé pour construire son avenir. 

Caryl Férey n'a pas peur des mots : scènes atrocement réalistes dont on peine à lire entièrement la description. 

Un thriller quasi incontournable avec une fin géniale.

 

Les yeux fermés, vous pourrez aussi lire les romans de R.J.ELLORY, F. VARGAS.

 

Pour tenter de gagner, rien de plus facile !

Il suffit de me laisser un commentaire en me conseillant à votre tour un livre de poche, de partager ce billet (+1 chance de gagner) et/ou de liker la page Facebook de ce blog (+1 chance) jusqu'au 26 juillet. N'oubliez pas de m'indiquer les liens.

 

Edit du 30 juillet, EstelleCalim tu as gagné ! Je veux bien ton adresse postale en mp pour l'envoi :)

 

Publié dans Concours, Titres choisis, Polar

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