Tropique de la violence, de Nathacha APPANAH

Publié le par Alice

Tropique de la violence, de Nathacha APPANAH

Tropique de la violence sera incontestablement le dernier roman 2016 et sans doute un des plus marquants.
Mayotte, cette île oubliée de tous, où se jouent des drames que l'on imagine ailleurs : à Lampedusa par exemple.
Moïse a été recueilli par Marie, chez qui le désir d'enfant n'a pu être comblé auparavant. Moïse, cet enfant qui aurait pu être celui courant les rues, abandonné, sans papiers, dans ce vaste bidonville qu'est Gaza, à Mayotte, où la drogue, la violence, les vols sont monnaie courante.
Moïse c'est ce gosse qui aurait pu échapper à son destin mais qui s'est trouvé tiraillé entre ses peurs et sa fascination de ses origines.

Il y a cette France de Mayotte, avec des "enfants perdus", sans identité, sans parents, sans avenir, et sans même la langue française pour repère.
Il y a cette France de Mayotte où les esprits et les croyances font et défont les destinées autant qu'ils les détruisent.
Et c'est la France.

"On te chuchote que la moitié des habitants de Mayotte est constituée de clandestins, que tous les équipements de l'île ont été conçus pour deux cent mille habitants mais qu'officieusement il y aurait presque quatre cent mille personne sur l'île et tu dis "Mais ce n'est pas possible, ça va exploser", et cette phrase que tu prononces a été prononcée des milliers de fois avant toi. (...). On te dit que si ça continue, si l'Etat français ne fait rien, ce sont les Mahorais eux-mêmes qui prendront leur destin en mais et ficheront tous les clandestins et les délinquants dehors. Tu as alors l'image de centaines de Noirs descendant dans la rue et tu ne sais plus si c'est une image du Rwanda ou du Zimbabwe ou du Congo et tu dis "Ca n'arrivera jamais dans un département français"

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