En totale compassion avec les personnages d'Au commencement du septième jour de Luc LANG

Publié le par Alice

En totale compassion avec les personnages d'Au commencement du septième jour de Luc LANG

J'ai lu ce roman en apnée. Bouleversée, captivée, passionnée par la vie de Thomas, depuis le jour qui a brisé net son destin jusqu'à celui 538 pages plus loin, qui l'a peut-être sauvé.

Comme tous les vendredis soirs Thomas et ses deux enfants attendent chez eux, à Paris, Camille, sa femme qui travaille au Havre. Leur relation est tendue ces derniers temps ; ils sont submergés par leurs boulots.

Quand soudain tout bascule : un coup de fil de la gendarmerie et Thomas apprend que Camille est dans un état grave, elle a eu un accident de voiture. Mais que faisait-elle sur une route de campagne en pleine nuit ? et pourquoi roulait-elle si vite? Avec qui semblait-elle être au téléphone?

Thomas erre, boit, gère l'incompréhension, la peur et la tristesse des enfants. Lui-même cherche les causes, tente de désigner des responsables, faute de pouvoir agir sur les conséquences de cet accident : le coma, la paralysie...

Et puis le travail qui ne lui laisse pas de répit, des responsabilités importantes qui lui échappent, faute d'être 100% dévoué à sa clientèle. Des secrets de famille qui sortent de l'oubli, et lui, Thomas, que les autres ont toujours voulu épargner.

Le second livre s'ouvre et Thomas part se ressourcer dans les Pyrénées, chez son frère, éleveur de brebis, qui a préféré reprendre l'exploitation familiale. Confrontation avec les éléments mais aussi avec ses souvenirs, la perte du père, la fuite de sa soeur vers l'Afrique, le silence obstiné de Jean, son frère.

Les enfants, quant à eux, semblent se fondre dans le paysage, dans les tâches "agricoles" et la proximité de la nature, des animaux. Thomas qui s'en est éloigné depuis si longtemps découvre, perplexe,ces citadins épanouis.

Et enfin le troisième livre. En Afrique, Thomas renoue avec sa soeur Pauline, médecin. Il découvre les odeurs, les bruits, la moiteur et la corruption de l'Afrique. Il découvre aussi le risque, la vie que l'on peut perdre en séjournant en prison, ou en se trouvant au coeur d'un conflit politique. Il panse ses plaies.

Ce roman est terriblement beau et juste : l'écriture est parfaite, les descriptions vivantes, que l'on soit en pleine montagne ou dans un 4x4 en Afrique, j'ai adoré rencontrer Thomas. Sa façon de vivre sa paternité m'a bouleversée, émue. Je l'ai trouvé attachant et épatant.

J'aurais voulu ne pas les quitter, j'aurais voulu que le roman dure plus longtemps, je voudrais un second tome, j'ai voulu croire en la capacité de Thomas de continuer à vivre, malgré...

C'est un roman d'une belle humanité, d'une sensibilité parfaite et d'une écriture magnifique. L'auteur joue avec le temps, étire les instants et d'une pirouette nous laisse vide d'explication, plein d'incompréhension, comme pour nous protéger, nous lecteurs, de la douleur de "notre" héros, Thomas. Tout l'art du dit et du non-dit...

Bref, vous l'aurez compris, c'était une lecture géniale.

 

 

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Lorelei 26/11/2016 08:12

J'ai trouvé la quête de Thomas un peu longue dans le livre 2, j'ai failli lâcher mais les livres 1 et 3 sont passionnants!

Estellecalim 11/10/2016 10:19

Bah dis donc ! ça fait envie !