L'amour, roman de Camille LAURENS

Publié le par Alice

L'amour, roman de Camille LAURENS

Quatrième de couverture

D'où vient l'amour en nous? Comment se construit cette forme particulière et unique, si différente chez chacun d'entre nous que souvent nous ne la comprenons pas chez l'autre : l'amour? Le passé la crée peu à peu, tissage de récits déformés, de fables inventées, de mythes personnels, histoires de famille : nous héritons l'amour comme on nous lègue un meuble. Et puis les livres, ce qu'ils nous ont appris de la passion, de la souffrance et du plaisir - pages bâtissant des sentiments, des sensations, un monde, éternel roman du coeur entre illusion et vérité, corps et âme.

L'amour, c'est des mots.

 

 

J'ai beaucoup aimé ce roman.

Le livre s'ouvre sur une scène "choc" : Camille (qui est la narratrice et aussi, pourquoi pas, l'auteure du roman) est revenue chez sa grand-mère pour un week-end ; et alors qu'à genoux, elle s'apprête à s'occuper de son petit ami, nu et debout face à elle, sa grand-mère ouvre la porte, choquée par ce qu'elle voit.

Plus tard, la vieille dame lui demandera : "Est-ce que c'est ça l'amour?"

Voilà donc le point de départ du roman qui va s'interroger sur l'amour durant presque 300 pages. L'auteur raconte sa rencontre avec celui qui est son mari depuis 20 ans, Julien, ce coup de foudre qui les a unis très vite. Aujourd'hui ce n'est plus l'amour fou : trop de chagrins (un fils décédé, Philippe), de trahisons. Et puis, le temps qui file et qui transforme les sentiments en tendre fraternité.

Elle rencontre un réalisateur et leur liaison fait basculer son quotidien. De là naît une passion faite de mots et de sensualité, une partie de Camille renaît, cette histoire agit comme un électrochoc : sa vie, son amour, l'Amour, elle remet à plat toutes ses certitudes.

L'amour c'est aussi le poids des amours passées : celles de ses parents, de ses grand-parents et arrière-grand-parents, du mariage de convention, des amours déçues ; l'auteure raconte l'histoire des siens, s'interroge aussi sur l'amour maternel ou paternel qui construit aussi les fondations des sentiments à venir.

Et puis, ce que j'ai aimé, ce sont les multiples références littéraires : La Rochefoucauld, plus particulièrement, et sa vision de l'amour est le sujet d'étude de l'auteure. Elle l'intègre donc à ses interrogations à propos de son couple.

 

Un très chouette roman donc.

"Ce pourrait être une définition de l'amour, celle de Flaubert : la curiosité. Etre, soudain, tellement curieux de quelqu'un, fou curieux. Connaître l'autre, co-naître, naître au monde avec lui, tel est l'unique projet. La phrase la plus éloignée de l'amour, ce ne serait pas "je te hais" mais "je ne veux pas le savoir".

 

"Le temps passe, le souvenir reste. C'est bien ça le problème."

 

"Il y a dans la jalousie plus d'amour-propre que d'amour"

La Rochefoucauld, maxime 324

 

 

 

L'Amour, roman de Camille LAURENS

Editions P.O.L, mars 2003

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