Moment d'un couple, de Nelly ALARD

Publié le par Alice

Moment d'un couple, de Nelly ALARD

Quatrième de couverture

Juliette, ingénieur dans l'informatique, et Olivier, journaliste, ont deux enfants et une vie de couple moderne. Lorsque Olivier avoue à sa femme avoir une liaison, l'univers de Juliette vacille. Comment survivre à la trahison? C'est à cette question que ce roman, écrit au scalpel, sans concession mais non sans humour, entend répondre. Rien n'y échappe, ni les risques de la vie à deux et les glissements du désir ni les contradictions d'un certain féminisme et la difficulté d'être un homme aujourd'hui. 

 

Ce roman dissèque l'"Après", le moment où le couple bascule : le mari avoue à sa femme avoir une liaison.

Plus rien ne sera pareil, bien sûr.

Il y a des phrases, des situations d'une extrême justesse, où l'on se dit que finalement tout ceci est d'une banalité sordide (et ordinaire). Mais, les personnages si caricaturaux font perdre de vue le caractère réaliste du roman qui s'apparente parfois à une analyse psychologique : le mari est un pleutre et la maîtresse une hystérique.

C'est le personnage de la femme trompée qui s'en sort le plus dignement, même si, l'apparente froideur avec laquelle elle accueille dans un premier temps la trahison de son mari m'a laissée assez dubitative.

Et puis il y a l'enjeu représenté par les enfants, le mariage, les questions financières... 

Ce roman analyse avec beaucoup d'habileté les différents sentiments qui se jouent au sein d'un couple. Il est toutefois dommage que les personnages manquent quelquefois, par leur excès, de crédibilité.

 

(Juliette est la femme, Olivier le mari et Victoire la maîtresse)

"Au fond, pense Juliette, le principal reproche qu'on peut faire à Olivier n'est pas d'être bourré de contradictions, il est loin d'être le seul, mais plutôt de les balancer en vrac sans se soucier de l'effet produit. En amour on doit à l'autre un minimum de synthèse, on ne peut déposer à comme ça tous ses sentiments ses paradoxes en tas, en pièces détachées pour ainsi dire et démerdez-vous pour faire fonctionner tout ça, pour en extraire l'idée directrice, en dégager le sentiment général, pour imbriquer toutes les pièces de façon que ça marche pour que ça ait un sens."

"Avec Victoire il avait eu la sensation confuse que les mots qu'il disait se suffisaient à eux-mêrmes, qu'ils contenaient leur propre réalité, jamais il n'avait été question pour lui que cette réalité déborde et envahisse sa vie, pourquoi refusait-elle de le comprendre? Avec Juliette c'était le contraire, il avait cru qu'un amour sans mots était possible. A quoi bon des mots puisque avec Juliette l'amour était partout dans les meubles du salon dans les chemises qu'il portait dans les goûters des enfants dans les enfants surtout les enfants évidemment c'était vertigineux comme les mots s'étaient  en eux incarnés ou plutôt en l'occurence l'absence de mots, de toute manière devant l'existence des enfants tous les mots devenaient dérisoires. Bien sûr les enfants ne justifiaient pas tout mais la vie aurès de Juliette était douce elle était devenue comme une partie de lui ou lui une partie d'elle ou plutôt ils étaient devenus deux parties d'un même corps."

Moment d'un couple, de Nelly ALARD

Editions Gallimard, 2013.

Publié dans Roman

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MHF 19/12/2015 09:48

Et bien même si le sujet peut être intéressant, tu ne me donnes pas trop envie de le lire ;)
Bonne journée ;)