Mudwoman, de J. C. OATES

Publié le par Alice

Mudwoman, de J. C. OATES

Quatrième de couverture

Abandonnée par sa mère à demi-folle au milieu des marais de l’Adirondacks, Mudgirl, l’enfant de la boue, est sauvée on ne sait trop comment, puis adoptée par un brave couple de Quakers qui l’élèvera avec tendresse en s’efforçant toujours de la protéger des conséquences de son horrible histoire. Devenue Meredith "M.R" Neukirchen, première femme présidente d’une université de grand renom, Mudgirl, brillante et irréprochable, fait preuve d’un dévouement total à l’égard de sa carrière et d’une ferveur morale intense quant à son rôle. Mais précisément épuisée par la conception d’une rigidité excessive qu’elle a des devoirs de sa charge, tourmentée par ses relations mal définies avec un amant secret et fuyant, inquiète de la crise grandissante que traverse les États-Unis à la veille d’une guerre avec l’Iraq (crise qui la contraint à s’engager sur un terrain politique dangereux) et confrontée à la classique malveillance sournoise des milieux académiques, M.R. se retrouve face à des défis qui la rongent de manière imprévisible. Un voyage sur les lieux qui l’ont vue naître, censé lui rendre un peu de l’équilibre qui lui échappe, va au contraire la jeter dans une terrifiante collision psychique avec son enfance et menacer de l’engloutir une fois encore, mais dans la folie. Cette impitoyable exploration des fantômes du passé, doublée du portrait intime d’une femme ayant percé le plafond de verre à un coût gigantesque, fait de ce livre ainsi que l’a proclamé la critique, "un géant parmi les grands romans de Oates".

J.C Oates, avec ce roman, confirme la première place qu'elle tient dans mon palmarès d'auteurs contemporains. Je crois qu'elle est, incontestablement, l'écrivain américain que je préfère.

Quelle plume, quel talent de conteuse!

Mudwonan raconte la destinée de cette enfant, trouvée dans la boue, volontairement abandonnée par sa mère dans l'espoir qu'elle meure, et qui deviendra, une quarantaine d'années plus tard, Présidente d'Université. 

Ce roman dense laisse beaucoup de place à l'instropection, la fragilité psychologique de M.R est palpable, à partir du moment où elle retourne sur les lieux de son enfance. Ce qui lui donnait un semblant de normalité et d'équilibre s'effrite, en effet, comment "tenir" quand on sait les atrocités qu'elle a du supporter dès ses premières années.

On pense à la résilience, aux enjeux aussi de l'adoption : le couple qui l'a recueillie a perdu un enfant, une petite fille.

Les personnages sont construits rigoureusement, le récit ne connait pas de pause. Quelquefois on se demande où est la réalité, celle fantasmée du personnage, celle des souvenirs, mais aussi celle de sa souffrance psychologique. Le récit flirte avec le genre fantastique quand on approche des marais et de cette boue, comme pour éloigner l'inimaginable, ce qui correspond au cheminement intérieur que vit M.R.

Un roman que l'on n'oublie pas, et surtout, encore une fois, un personnage particulièrement réussi.

Publié dans Roman

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