Vernon Subutex 1, de Virginie Despentes

Publié le par Alice

Vernon Subutex 1, de Virginie Despentes

Quatrième de couverture 

QUI EST VERNON SUBUTEX ?

Une légende urbaine.

Un ange déchu.

Un disparu qui ne cesse de ressurgir.

Le détenteur d’un secret.

Le dernier témoin d’un monde disparu.

L’ultime visage de notre comédie inhumaine.

Notre fantôme à tous.

 

 

Despentes et son art de décrire la société d'aujourd'hui dans ses travers, ses désillusions et ses loosers, et ce langage toujours si juste...

C'est dramatique et caustique. Désespérément actuel avec des héros qui ne cherchent même plus à courir après leur bonheur, réparant à coups de pansements déjà collés et recollés les débris d'une jeunesse passée.

J'ai mis un peu de temps avant de m'attacher au héros, Vernon Subutex, ancien disquaire d'une boutique "Revolver" qui s'est fait aspirer par l'essor des nouveaux supports. Sans boulot et donc sans argent, viré de son appart, squattant chez ses amis et connaissances de toujours.

D'appart en maison, les hôtes (plus ou moins ravis de l'arrivée de Vernon Subutex dans leur quotidien) sont des occasions pour Despentes de dresser des portraits haut en couleurs : du costaud violent qui à force de coups a laissé filer sa femme et ses deux fils, jusqu'au producteur flippé, à la clocharde aux cheveux orange et au verbe haut qui l'initie à l'art de mendier "intelligent". On prend du plaisir finalement à découvrir tous ces hommes et ces femmes cassés par la vie, malgré l'argent, malgré la famille, malgré la naissance...

 

Ce héros sans prétention (et sans aspiration) m'a donné envie d'entamer juste après le second tome du roman.

 

"Sa bulle est confortable. Il y survit en apnée. Il réduit chaque action à son minimum. Il mange moins. Il a commencé par alléger le dîner. Une soupe aux nouilles chinoises, séshydratée. Il n'achète plus de viande, les protéines c'est pour les sportifs. Il mange essentiellement du riz. Il en fait provision par sacs de cinq kilos, chez Tang Frères. Il diminue les cigarettes - il repousse la première, il attend pour la deuxième, il se demande après le café du matin s'il a vraiment envie de la troisième. Il met ses mégots de côté, que rien ne se perde. Il connaît, autour de chez lui, les entrées de bureaux, là, où les gens sortent en griller une dans la journée et il lui arrive de passer et de ralentir, il ramasse les mégots les plus lons. Il se sent comme un vieux feu, dont les braises se réveilleraient parfois sous un coup de vent, mais jamais suffisamment pour embraser le petit bois. Un foyer agonisant."

Publié dans Roman

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George 17/07/2015 15:30

Je le lirai sans doute quand il sortira en poche !