Un hiver à Fécamp, de Gabriella COFFANO

Publié le par Alice

Un hiver à Fécamp, de Gabriella COFFANO

Quatrième de couverture : Au retour du front de l'Est à cause d'une blessure, un soldat allemand s'attend à vivre paisiblement à Fécamp, loin du théâtre des opérations, la fin d'une guerre impossible à gagner, difficile à terminer.

Mais le théâtre des opérations s'est lui aussi déplace, loin de la Russie. C'est en Normandie, sous les cris des mouettes que se prépare le dernier acte. Une partie de poker menteur où s'invitent résistants soldats et civils et où se croisent amitiés et trahisons.

 

L'histoire se situe à la fin de la guerre, le héros, ce soldat allemand, le sous -lieutenant Edgar Werner est usé par la guerre, il boite, souffre et attend paisiblement de rentrer chez lui, en renouant avec la France qu'il aime tant.

Cette francophilie (que l'on retrouve dans les descriptions des paysages normands) contribuera à lui faire perdre de vue les intérêts et les objectifs nazis qui devraient être les siens. Suite à un attentat commis sur une voiture SS avec deux soldats et un résistant à bord, Edgar devra tout d'abord mener l'enquête avec un policier français, et la résolution le fera plonger au coeur de la résistance.

En effet, parallèlement à l'univers d'Edgar, un réseau bien organisé de résistants, que la jeune Laure intègre, attend impatiemment le moment de diffuser la nouvelle du débarquement allié, après l'échec de celui de Dieppe en 42.

Ce roman nous tient en haleine, entre la petite histoire et la grande, le personnage d'Edgar est au coeur de ses contradictions, entre ce pays qu'il chérit tant et ses convictions politiques qui se voient fragilisées au fur et à mesure des pages.

 

" Dans le chaos fébrile de ses pensées, il y avait, presque inconsciente, l'idée d'une rédemption : sauver de nombreuses vies innocentes... Etre pardonné...mais de quoi?... Après tout il n'était qu'un soldat qui avait fait son devoir, obéi aux ordres...

Mais une sensation intime de remords, qui s'était enracinée depuis le début de la guerre, affleurait toujours.Il y avait quelquechose de plus : une exigence souterraine le poussait à commettre un acte irréparable, un geste punitif, de refus envers ceux qui lui avaient volé sa jeunesse l'avaient entrainé là, loin de ce qu'il aimait, de ses intérêts les plus chers.

Mais, au fond, il savait bien que ce n'était pas la complète vérité : il avait participé volontiers, il s'était amusé, il avait cru, oh combien, au destin de la race aryenne, il avait contribué activement, avec sa jeune fiancée, à la diffusion de la pensée nazie."

 

Un hiver à Fécamp, de Gabriella COFFANO

Editions des Falaises, 20 février 2015

7 euros.

Publié dans Polar

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