Le procès Carlton, de François BOUCQ et Pascale ROBERT-DIARD

Publié le par Alice

Le procès Carlton, de François BOUCQ et Pascale ROBERT-DIARD

Quatrième de couverture : Pendant trois semaines, devant le tribunal correctionnel de Lille, assis côte à côte sur le banc des prévenus, ils ont été accusés, confrontés et se sont défendus : Dominique Strauss-Kahn, l’homme qui fut « le plus puissant du monde », Dodo la Saumure et sa gouaille, et une dizaine d’autres – chefs d’entreprise, avocat, directeur d’hôtel – que l’affaire du Carlton a brutalement exposés au regard du public.
Les débuts furent âpres, tendus, parfois obscènes, drôles aussi. Ils revivent sous la plume de la chroniqueuse judiciaire du Monde, Pascale Robert-Diard et le trait perchant des croquis de François Boucq.

 

Même en n'étant pas féru d'information, difficile pour les français d'échapper à ce procès, où la sexualité débridée et perverse d'un des plus puissants hommes a été étalée sur la place publique.

Une immersion totale dans un monde où les femmes sont un divertissement comme d'autres joueraient au golf, et où les rendez-vous libertins sont aussi courants qu'un bon resto entre amis/connaissances.

François BOUCQ croque les 13 jours de procès ainsi que ses protagonistes tandis que Pascale ROBERT-DIARD offre aux lecteurs un description et une analyse non dénuées d'esprit critique des échanges qui ont lieu sur la "scène" du tribunal.

Chacun y joue son rôle : de victime présumée (de l'acharnement médiatique et/ou judiciaire, mais aussi victime d'une condition sociale qui pousse à avoir recours à la prostitution ou encore de sa propre identité sexuelle) à proxénète assumé (Dodo la Saumure est sa propre caricature, sa compagne n'ayant rien à lui envier non plus) ou magistrat garant de l'ordre judiciaire (et non pas moral). Les échanges mis en exergue sont truculents : on s'indigne, s'amuserait presque de ce monde "hors du monde".

On observe quand même, entre deux pages que la mise en examen pour "proxénétisme aggravé commis en bande organisée" semble loin des débats  qui meuvent les protagonistes, on a envie de pointer du doigt les médias qui se sont repus des détails scabreux, ou cette juge qui a fait de Dominique Strauss Kahn une cible à faire tomber.

Président du tribunal, avocats et procureurs répètent à l'envi "la justice n'est pas le gardien de l'ordre moral" or, si il n'est plus question de morale, le procès n'a plus vraiment lieu d'être. "DSK savait que le danger venait moins du dossier - dont la fragilité était connue- que de lui-même. Il lui fallait répondre sans écraser, se défendre sans humilier."

On plaint les prostituées qui pourtant n'ont pas été victimes de DSK plus que d'un autre homme, que c'est leur condition sociale qu'il faut plutôt pointer du doigt. Elles abandonneront d'ailleurs leur action en justice au cours du procès.

 

Une bande dessinée intéressante, beaucoup plus éclairante que tout ce que les médias ont bien voulu nous servir, si comparable aux pages "sexo" des magazines féminins estivaux. Un récit qui invite à réfléchir sur la place de la justice dans certaines affaires d'ordre finalement, plutôt privées.

Le procès Carlton, de François BOUCQ et Pascale ROBERT-DIARD
Le procès Carlton, de François BOUCQ et Pascale ROBERT-DIARD

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Merci à Babelio et l'opération Masse critique pour la découverte. 

Le procès Carlton : Tome 1 par François Boucq
 
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Le procès Carlton, de François BOUCQ et Pascale ROBERT-DIARD

Les Editions du Lombard, 3 juillet 2015

136 pages.

Publié dans Bande Dessinée

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