L'oubli et Fenêtre sur crime, deux polars à lire

Publié le par Alice

L'oubli et Fenêtre sur crime, deux polars à lire

Fenêtre sur crime de Linwood BARCLAY, Editions Belfond Noir

Dans le genre “policier”, Fenêtre sur crime est assez atypique puisque finalement dès le début nous savons qui est le meurtrier et quel est le mobile du crime commis dans cet appartement new-yorkais.

 

Thomas Kilbride, le frère du narrateur, schizophrène agoraphobe qui passe sa vie sur un logiciel type Google map pense devoir apprendre les cartes et villes du monde afin d'aider la CIA lorsqu'un grand bouleversement informatique les aura détruites. C'est donc par le plus grand des hasards qu'il verra un cliché de crime se jouer sur l'écran de son ordinateur.

Pensant converser avec Bill Clinton, sa maladie psychiatrique n'aidera en rien les protagonistes du roman qui ne sauront où se situe la réalité.

Le narrateur, Ray Kilbride, sera donc le héros qui devra dénouer les noeuds de l'intrigue et tenter de savoir si une femme a été assassinée, et pourquoi. A cela s'ajoute la mort de son père dans des circonstances étranges.

Fenêtre sur crime est un roman dense, à l'énigme mouvante, plutôt aux trois énigmes : qui est la femme assassinée sur le bord de la fenêtre? Mettra-t-elle en péril une carrière politique? le père de Thomas et Ray est-il mort accidentellement? Qu'est-il arivé de traumatique à Thomas?

Jusqu'à la dernière page, les rebondissements sont présents, la lecture est très plaisante mais pas haletante ni passionnante. L'intrigue est peu réaliste voire farfelue, ce qui à mon goût fait perdre en intérêt à la lecture puisque le lecteur n'a pas tellement le loisir d'élaborer des scenarii ni d'émettre des hypothèses; les personnages devancent nos questions (et nos réponses!).

C'est dommage car le développement du thème de la maladie psychiatrique n'est pas caricatural, Thomas est un personnage à part entière qui est touchant; faire de lui un “héros bis” est une idée intéressante et permet souvent d'envisager un autre point de vue, pas toujours incohérent.

Finalement, ce que je regrette, c'est que le roman laisse peu de place à la réflexion, c'est une lecture légère est sympathique qui ne m'a pas tenue éveillée des soirées entières.

Ce roman a été lu dans le cadre de ma sélection au Grand Prix du jury des lectrices Elle.

 

L'oubli d'Emma HEALEY, Editions Sonatine.

Maud est une personne âgée qui perd totalement la mémoire (et la tête). Elle vit seule, entourée d'aides et sa fille présente au quotidien. 

Deux obsessions rythment ses pertes de mémoire: l'une récente, concerne l'absence de nouvelles de son amie Elisabeth avec qui elle a partagé sa vieillesse et son veuvage, et l'autre plus ancienne, la disparition de sa soeur Sukey 50 ans plus tôt. Personne ne l'écoute quand elle tente d'alerter son entourage et la police.

L'intrigue qui prend réellement place est celle de la mémoire plus ancienne, à l'image de la maladie d'Alzheimer qui préserve les souvenirs plus lointains. Progressivement, on s'aperçoit que la disparition de sa soeur a modifié la personnalité de Maud en faisant d'elle une jeune femme se réfugiant dans ses souvenirs, ses petits "trésors" secrets censés être des preuves de vie de Sukey.

Les ravages d'Alzheimer sont formidablement décrits pour le malade et pour les proches. Maud est un personnage très attachant, et la progression de sa maladie génère un sentiment d'angoisse mêlé à une forte empathie.

L'oubli est un roman policier totalement atypique, c'est un OVNI qu'il faut vraiment lire.

Commenter cet article